«Le but premier est de scolariser les athlètes» – Alain Pagé

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Par Jonathan Cossette
«Le but premier est de scolariser les athlètes» – Alain Pagé
Félix Auger-Aliassime est l’un des athlètes de haut niveau ayant fait sa scolarisation à distance avec l’Académie Les Estacades. Photo - Jonathan Cossette

Le programme de scolarisation à distance de l’Académie Les Estacades est à l’aube de son 10e anniversaire. En dix ans, il est passé de quatre joueurs de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) à une soixantaine d’athlètes de différentes disciplines.

Le programme est né suite à la volonté de permettre aux élèves-athlètes de haut niveau de poursuivre leur parcours académique tout en continuant d’évoluer dans leur discipline sportive. L’Académie Les Estacades est d’ailleurs la seule école au Québec à offrir la scolarisation à distance.

«C’est en 2009 que la LHJMQ, avec les expansions et l’arrivée des clubs maritimes, avait besoin de scolariser les jeunes hockeyeurs à distance. Chaque équipe a une école secondaire attitrée, mais leur système est en anglais. On a donc commencé avec la plate-forme Moodle Académie Les Estacades où l’on y place nos cours. En 2010, nous avions quatre ou cinq élèves, tous de LHJMQ», confie Alain Pagé, directeur adjoint à l’Académie Les Estacades.

«De fil en aiguille, on a eu de plus en plus de joueurs et des clubs de régions éloignées qui ont fait appel à nos services. Ensuite, Tennis Canada nous a approché alors c’est comme ça que nous avons eu Félix Auger-Aliassime. Après s’être entendu avec ces deux gros joueurs, on a reçu des demandes de d’autres fédérations qui avaient des athlètes de haut niveau et des espoirs olympiques qui n’ont pas le temps d’aller à l’école à temps plein, alors on leur a offert de les scolariser.»

La scolarisation à distance est offerte à partir du niveau secondaire 3, compte tenu que c’est à cet âge que les athlètes de haut niveau voient l’entraînement et les compétitions prendre une plus grande place dans leur vie. Outre Auger-Aliassime, les Estacades ont également scolarisé le défenseur – déjà étoile – Thomas Chabot, des Sénateurs d’Ottawa.

«Les cours sont montés de sorte à ce que l’élève puisse étudier individuellement. On a un professeur par matière et ils sont toujours disponibles. Il peut y avoir des vidéos, des tutoriels sous forme graphique, du matériel à lire et des exercices à faire. Le professeur débloque ces outils-là et il est en mesure de voir si l’élève a fait ses tâches. Il peut même voir combien de fois l’élève a regardé les outils, en plus du temps passé sur chacun des outils. Depuis dix ans, nos étudiants ont pratiquement 100% de taux de réussite diplomation dans les temps requis», ajoute M. Pagé.

«Chaque athlète est au préalable rencontré et un plan de match académique est ensuite établi en fonction de ses besoins, le but premier étant de scolariser ces athlètes. Ils ont les mêmes unités et les mêmes examens à passer qu’un autre étudiant, en plus des examens du ministère. (…) C’est simple! Ça prend un portable, du Wifi et tu te logs sur le Moodle pour faire tes travaux, peu importe où tu te trouves dans le monde. C’est facile de se discipliner si on pense au nombre d’heures que les jeunes passent dans l’autobus, dans l’avion ou à l’hôtel.»

C’est de cette façon que l’Académie Les Estacades a évolué depuis dix ans, scolarisant maintenant une joueuse de hockey féminin, un hockeyeur évoluant aux États-Unis, quatre athlètes de patinage artistique, un patineur de vitesse, un golfeur, un joueur de soccer et huit athlètes d’écoles de danse américaines, en plus des neuf joueurs de la LHJMQ et des 31 athlètes de tennis. Et si d’autres fédérations l’approchaient?

«On est ouvert, c’est certain. Souvent, les fédérations nous appellent et nous demande nos critères. On leur retourne la question en demandant «C’est quoi vos besoins?» On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve, mais tranquillement, on va peut-être se tourner vers les sports de glisse comme le snowboard et le saut à ski, où on va continuer de trouver les solutions pour s’adapter à la réalité des athlètes.»

«C’est certain que notre but n’est pas d’en avoir 500. Notre carte d’affaires, c’est l’athlète de haut niveau qui a besoin de s’entrainer pour accéder à un niveau supérieur dans son sport», conclut-il.

 

 

 

 

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