Laisser l’inattendu dicter l’œuvre

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Par Marie-Eve B. Alarie
Laisser l’inattendu dicter l’œuvre
(Photo : courtoisie)

Contrairement à de nombreux artistes-peintres, ce n’est pas une idée de départ qui guide Magella Bouchard lorsqu’elle décide de se lancer dans une œuvre. Elle laisse plutôt les images surgir d’elles-mêmes du fond coloré de la toile.

Il s’agit d’une technique qu’elle utilise depuis plusieurs années déjà. C’est que Magella Bouchard peint sur un fond coloré. Pour produire ce fond, elle dilue de la peinture acrylique avec de l’eau avant d’appliquer le mélange sur la toile blanche.

«Quand ça sèche, je discerne des formes, des zones claires ou foncées. Il se passe alors plein de choses inattendues. C’est une façon plus intuitive de travailler. Je ne sais jamais ce qui va ressortir d’une toile quand je la commence. Je pense que je réussis à avoir de belles compositions au final», explique l’artiste-peintre trifluvienne.

«Quand je crée, c’est presque de la méditation. Je révèle les couleurs de mon âme dans mes œuvres. Mon défi est d’aller chercher ces formes qui ressortent de la peinture acrylique diluée et de les faire exister. Je respecte ce qui est sur la toile», précise-t-elle.

Les formes qu’elle discerne deviennent alors des animaux, des êtres humains ou des plantes qui se côtoient dans une danse fluide et inattendue. L’artiste aime aussi inclure du papier collé sur la surface de ses toiles.

Elle incorpore notamment des oiseaux, qu’elle aime particulièrement peindre. Sans qu’il y ait une symbolique particulière rattachée aux animaux, elle remarque cependant que certains ont tendance à revenir d’œuvre en œuvre. Au-delà de la symbolique, l’esthétique conserve toute son importance.

À chaque nouveau regard porté sur l’une de ses œuvres, on découvre un nouveau détail que l’on n’avait pas remarqué auparavant. C’est d’ailleurs l’un des commentaires les plus fréquents qu’elle reçoit.

«Les gens trouvent ça curieux et spécial comme style, surtout que tous les éléments sont collés. C’est ma façon de me démarquer», note l’artiste.

Magella Bouchard peint de façon intensive depuis plus de 25 ans déjà. Diplômée en enseignement des arts plastiques à l’Université du Québec à Chicoutimi, elle a remporté plusieurs prix et mentions lors des nombreux symposiums auxquels elle a pris part.

Elle revient d’ailleurs tout juste du symposium Natur’Art du Domaine Joly-de-Lotbinière, mais elle n’aura pas vraiment le temps de poser ses pinceaux bien longtemps, puisqu’elle participera aussi au Symposium des arts visuels de Trois-Rivières qui se déroulera les 13 et 14 juillet au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap.

«J’ai hâte de voir quelles seront mes inspirations, considérant que je suis plus une peintre d’atelier. Je vais m’imprégner des lieux. En symposium, j’aime rencontrer les gens, placoter de mes choses avec eux. Je vois de la curiosité dans les yeux des visiteurs. Comme artiste, c’est aussi de sortir de son confort. Je ne travaille pas de la même façon. C’est aussi une belle occasion de revoir des amis peintres», souligne-t-elle.

Magella Bouchard sera aussi au Symposium de L’Ascension-de-Notre-Seigneur, au Lac-Saint-Jean, les 10 et 11 août.

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Place au Symposium des arts visuels

Le Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap accueille le Symposium des arts visuels de Trois-Rivières, les 13 et 14 juillet.

Samedi, entre 10h et 17h et dimanche, entre 10h et 16h, voyez notamment les expositions, l’encan silencieux, un concert d’orgue et la réalisation d’une œuvre
collective sous le thème de l’année du Sanctuaire, soit «L’avenir entre nos mains».

En nouveauté cette année, le Symposium crée «Les avenues des artistes». L’édition 2019 soulignera l’apport exceptionnel des artistes mauriciens au développement des métiers d’art au Québec tels que la peinture, la sculpture, les arts graphiques, le verre, l’histoire de l’art, les arts multidisciplinaires, la gravure, etc.

Les noms de certains artistes comme Marcel Dargis, Gilles Desaulniers, Josette Villeneuve, Jeanne Vanasse, Lévis Martin, Denis Charland, René Drouin et Jean-Pierre Gaudreau seront inscrits au sol dans les jardins du Sanctuaire.

Le Symposium accorde par ailleurs une importance particulière aux jeunes en aménageant la Zone famille qui sera animée de façon très interactive par Cap-Jeunesse.

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