L’ABRIS du gameur : comme des travailleurs de rue sur Internet

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Par Marie-Eve B. Alarie
L’ABRIS du gameur : comme des travailleurs de rue sur Internet
Joëlle Comeau-Périgny, directrice générale de L'ABRIS du gameur (Photo : courtoisie)

Les problèmes de cyberdépendance et d’isolement sont connus depuis plusieurs années, mais la pandémie est venue les accentuer encore davantage. Infirmière de profession et joueuse de jeux vidéo, Joëlle Comeau-Périgny a remarqué que les besoins de services en santé mentale sont grandissants. C’est notamment ce qui l’a motivée à lancer l’organisme L’ABRIS du gameur.

Sa mission : briser l’isolement social et offrir un service de première ligne en relation d’aide ponctuelle (écoute, soutien, référence) chez les joueurs de jeux vidéo de tous âges, particulièrement chez les 15-30 ans.

L’objectif est d’aller chercher les joueurs et joueuses de jeux vidéo directement dans leur environnement, sur les plateformes qu’ils utilisent.

«On vient combler un manque puisque ce service n’existe pas actuellement au Québec pour les joueurs de jeux vidéo et pour leur famille qui aurait des questions. Vu que les joueurs restent plus enfermés à la maison, ils n’auront pas nécessairement le réflexe d’aller chercher de l’aide extérieure, de prendre rendez-vous pour ça. C’est comme si on était des travailleurs de rue, mais plutôt que de se rendre disponible dans les parcs, on est disponible sur Internet», explique Joëlle Comeau-Périgny, directrice générale de L’ABRIS du gameur.

L’organisme offrira différents services, dont la diffusion de jeux vidéo et de discussions en temps réel sur Twitch, la possibilité de discuter en privé avec des intervenants sur Discord, la diffusion d’entrevues avec des intervenants de différents milieux sur Youtube et la publication d’Infos santé sur les réseaux sociaux.

«Toutes les plateformes sur lesquelles on se trouve sont déjà utilisées pour leurs jeux. Avec nous, c’est ponctuel. Il n’y a pas de thérapie, de contrat ou d’engagement. S’ils ont un problème personnel, des questions de l’ordre des relations interpersonnelles ou quelque chose de plus profondément ancré en eux, ils peuvent venir discuter avec nous en privé en vidéoconférence», ajoute-t-elle.

Mme Comeau-Périgny souligne que le fait de jouer en mode multijoueurs et d’être en contact avec d’autres personnes de cette façon n’empêche pas les joueurs et les joueuses de ressentir de l’isolement qui se traduit surtout par un isolement social avec le monde extérieur.

 

«Oui, ils peuvent avoir des connaissances avec qui ils jouent, mais ils n’ont pas de contacts physiques avec eux ou pas de discussion réelle avec des gens proches. Ils sont peut-être à la maison, dans le sous-sol, mais ont peu de contact avec leur famille, car ils sont toujours sur l’ordinateur. Ça peut entraîner une perte de contact avec les proches», indique Mme Comeau-Périgny.

En ce sens, l’organisme offrira différents salons de discussion sur la plateforme Discord pour que les joueurs aient aussi l’occasion de discuter d’autres choses que les jeux vidéo, comme les sports, la musique, leurs passe-temps, etc. «On espère créer un sentiment de communauté pour briser l’isolement», précise-t-elle. «En cas de besoin, on pourra référer les joueurs à d’autres ressources qui pourront les aider, comme Tel Jeunes, Jeunesse j’écoute ou d’autres organismes présents sur le territoire.»

Pour rejoindre L’ABRIS du gameur

Joëlle Comeau-Périgny s’est notamment entourée de deux éducatrices spécialisées pour ce projet dont les activités commenceront plus concrètement à partir du 12 mai.

Par ailleurs, L’ABRIS du gameur travaille sur le développement d’un volet informatif destiné aux parents et amis qui voudraient des conseils ou auraient des questions concernant un joueur de jeux vidéo de leur entourage.  Joëlle Comeau-Périgny aimerait également donner des conférences dans les écoles et trouver des façons de mieux informer la population sur cet enjeu afin d’agir davantage en prévention.

«Ultimement, une fois que la pandémie sera dernière nous, on aimerait disposer d’un endroit physique ou les gens pourraient se retrouver pour jouer avec nous et entre eux. Il y aurait aussi des intervenants sur place pour discuter au besoin. On voudrait aussi présenter des événements en direct», confie la directrice générale de L’ABRIS du gameur.

L’organisme lancera prochainement une campagne de financement participatif par le biais de la plateforme La Ruche.

 

 

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Céline C.
Céline C.
1 jour

Je viens de regarder le topo de Noovo Le Fil concernant votre organisme… Voulez-vous m’expliquer pourquoi vous avez mis un “s” à L’ABRIS… Ça me titille, puisque “abri” au singulier ne prend pas de “s”. Si jamais c’était pour finaliser un sigle, ça reste à tout le moins malhabile… Désolée!…