La rue Roger-Garceau n’est plus, place à la rue Awacak

Photo de Marie-Eve B. Alarie
Par Marie-Eve B. Alarie
La rue Roger-Garceau n’est plus, place à la rue Awacak

Le mauvais souvenir du nom de Roger Garceau pour plusieurs membres de la communauté de Manawan ne sera plus des odonymes de la ville de Trois-Rivières. La Ville a approuvé, mardi soir, le changement du nom de la rue Roger-Garceau qui devient la rue Awacak.

En langue atikamekw, Awacak (prononcer Awashak) signifie «petit être de lumière».

«C’est extrêmement important parce que c’est un symbole puissant. Cela se veut aussi un premier geste de réconciliation de la part de Trois-Rivières», soutient Mariannick Mercure, conseillère municipal du district des Forges et membre du Comité de toponymie de Trois-Rivières.

Roger Garceau était enseignant dans la communauté de Manawan de 1976 à 1978. Il aurait commis des agressions sexuelles à l’endroit de plusieurs enfants de la communauté.

«La toponymie peut servir à rendre hommage à des personnes. Loin de nous le désir d’attiser des dissensions entre nous. C’est pour cette raison que le Comité de toponymie recommande de retirer le nom. Nous avons reçu la demande de la communauté de Manawan avec des victimes, des représentants de la communauté et une personne du Centre d’amitié autochtone. Vous avez parlé, nous vous avons écouté. Là où il y a eu des ruptures, il faut retisser des liens. Merci de venir enrichir notre toponymie et notre culture», commente Pierre-Luc Fortin, président du Comité de toponymie et conseiller municipal du district des Estacades.

«C’est une histoire épouvantable qu’ils nous ont racontée, raconte Mme Mercure. On parle de plusieurs dizaines de personnes touchées dans cette histoire. Ça leur faisait tellement mal en dedans qu’ils n’osaient pas en parler. Ils se sont rendus compte qu’une ville, pas très loin de chez eux, rendait hommage à cet homme dans un nom de rue.»

«Petit être de lumière, c’est la façon dont ils désignent les enfants, poursuit-elle. Une des victimes, qui a participé au choix du nouveau nom de la rue, nous disait que quand il était enfant, sa petite lumière s’est éteinte suite aux abus et qu’elle ne s’était toujours pas rallumée. (…) J’espère que ce geste pourra les aider un peu dans leur processus de guérison, que l’Awacak en eux puisse briller de nouveau»

La rue Awacak compte présentement 38 résidences. Les citoyens qui y habitent ont déjà été avisés du changement à venir de l’odonyme de la rue. Mme Mercure affirme que le moment est le bon pour effectuer le changement puisque l’artère est vouée à se développer dans l’avenir.

«On est tous très heureux du dénouement, souligne le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche. Il n’y a pas eu de contestation. Ce sont des souvenirs qu’on n’était pas heureux d’éveiller. Arriver avec Awacak, petit être de lumière, c’est positif.»

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S'inscrire  
Notifier de