Série TOI | Une “gang de crinqués” qui a rêvé des Jeux du Québec à Trois-Rivières
Depuis quelques mois, on entend surtout parler du Comité organisateur de la Finale des Jeux du Québec à Trois-Rivières et de ce qu’il met en place pour “faire vivre l’expérience d’une vie” aux jeunes qui participeront à l’événement du 25 juillet au 2 août. Dans l’ombre, le conseil d’administration est à pied d’œuvre depuis déjà plusieurs années dans le dossier.
“À la blague, on dit qu’on n’avait pas le choix! On était une gang de crinqués passionnés par les jeunes et les sports. Je suis une fan de sport depuis que je suis toute jeune. Ma famille a toujours été très sportive et ça fait partie de mes origines. Œuvrer pour notre avenir, c’est cohérent avec mes valeurs et celles de mon entreprise et ce qu’on veut laisser pour la suite”, explique Marili B. Desrochers, présidente et fondatrice de Coefficient RH.
Marili B. Desrochers est l’une des crinquées qui s’impliquent dans l’organisation de la 59e Finale des Jeux du Québec – Trois-Rivières 2025 depuis la préparation de la mise en candidature de la ville pour l’obtention de la finale. Elle était présente lors des toutes premières discussions.
Ces Jeux, le conseil d’administration les rêve depuis plusieurs années.
“On a embarqué dans une démarche hyper structurée et on s’est fait accompagner. Ça nous a permis de rêver tout ce qu’on voulait pour notre ville, pour les jeunes et les sports et amener le tout d’une façon structurée. La démarche a été rassembleuse et consultative”, raconte-t-elle.
Lorsque Trois-Rivières a reçu la confirmation qu’elle était la ville hôte pour la Finale à l’été 2025, le conseil d’administration a rapidement mis en place un comité de transition afin d’évaluer objectivement comment constituer une organisation réelle, à part entière, avec une identité légale et qui devrait en être responsable. Il fallait faire vite, puisqu’il était impossible de procéder à des embauches et d’avoir un compte bancaire dédié à l’organisation avant la constitution légale.
Le conseil d’administration aura aussi fait face à plusieurs imprévus en cours de route, dont un majeur avec la pandémie, puis la forte inflation qui a suivi qui a fait bondir les coûts dans plusieurs colonnes du budget prévu. “La pandémie aura cependant eu ceci de positif qu’on avait très hâte de se voir et de travailler ensemble. Je me souviens quand on s’est retrouvé en personne à l’île Saint-Quentin avec nos masques… Nous étions très contents d’être enfin rassemblés!”
Marili B. Desrochers est aussi consciente de la pression qui pèse sur l’organisation des Jeux du Québec. “Contrairement à la gestion de projet ou à un événement qui se répète et où on peut s’améliorer, là, on n’a pas d’autre chance l’an prochain. C’est un marathon. On en fait juste un, c’est en sprint et on n’a pas de deuxième chance. C’est la performance d’une vie. Ça met de la pression. Comme conseil d’administration, il faut être crinqué pour faire ça!”
Ce qu’il restera des Jeux
Depuis février, le rôle du conseil d’administration a quelque peu changé. “Auparavant, on était quand même un peu dans les opérations dans certains comités, comme ceux touchant à la gouvernance, les finances, les partenariats, les ressources humaines et la mobilisation, selon l’expertise des membres du CA. On était très près parce qu’on soutenait le lancement des opérations. Maintenant, on est plus dans un rôle conseil et gouvernance”, précise Marili B. Desrochers.
Déjà, le conseil d’administration commence à se projeter après les Jeux du Québec. “La permanence a les yeux rivés pour livrer les Jeux. Nous, on est dans l’après: comment on va faire vivre l’après Jeux du Québec”, note-t-elle.
Des éléments avaient déjà été mis en perspective dans le cahier de mise en candidature.
“On pense évidemment aux infrastructures sportives et à les faire vivre, mais il faut aussi avoir en tête les membres de l’équipe qui n’auront plus d’emploi après les Jeux et comment on peut les accompagner pour la suite. On a ce souci de vouloir bien faire les choses de ce côté”, souligne Mme Desrochers.
Le conseil d’administration souhaite aussi continuer de faire vivre la mobilisation qui s’est mise en branle autour des Jeux du Québec dans le futur.
“Depuis le début, on parle de legs. Ça fait d’ailleurs partie des raisons pour lesquelles les Jeux du Québec existent, au-delà de la volonté de faire vivre une compétition à des milliers de jeunes. Le legs que ça représente pour les régions et la ville hôte est incroyable. Même si on n’avait pas obtenu la finale, je pense que toute cette démarche qui a été mise en place pour la mise en candidature de Trois-Rivières aurait été un legs important à elle seule, soutient-elle. On veut voir comment reproduire ce genre de mobilisation, aller chercher un nouvel os à gruger pour maintenir cet élan! Il y a déjà des choses identifiées, dont les fêtes du 400e de Trois-Rivières.”
“Personnellement, ce que je retire de cette expérience, c’est de la fierté pour ma ville. On a un administrateur qui s’est joint à nous à l’automne. Il disait qu’il avait rarement vu un conseil d’administration aussi fort. C’est une fierté d’être parmi de si bonnes têtes autour de la table. Il y a des gens de la Ville, des entrepreneurs, des équipes du réseau de la santé et des gens du milieu de l’éducation autour de la même table. Il y a de la confrontation et des défis, mais on se fait confiance parce qu’on a un but commun. La force qu’on est en train de développer à travailler tous ensemble, pour moi, c’est le plus grand legs”, conclut-elle.
Le conseil d’administration est composé de Martin Leblanc (président), David Bélanger (vice-président), Patrick Massicotte (trésorier), Gabriel Bordeleau (secrétaire), ainsi que des administratrices et administrateurs Dominic Filion, Marili B. Desrochers, Guylaine Beaudoin, Sophie Desfossés, Isabelle La Vergne, Lauréanne Daneau, Nathalie Cauchon, Marie-Cristine Pelchat St-Jacques et Serge Boulianne (observateur).
