Série TOI | Athlète aux Jeux du Québec: “La gestion du stress peut faire toute la différence”
À quoi peut ressembler la journée d’un athlète lors d’une Finale des Jeux du Québec? On en a discuté avec le patineur de vitesse William Samson.
“On se lève pas mal toujours à la même heure. En patinage de vitesse, on avait un tableau avec tout ce qu’on devait apporter pour la journée parce qu’il ne faut rien oublier. C’est vraiment important. Puis, direction l’autobus pour aller déjeuner. Par après, on récupérait notre boîte à lunch pour la journée avant de se rendre vers notre lieu d’entraînement”, détaille-t-il.
“Dans le cas du patinage de vitesse, on avait une distance par journée en compétition, ajoute William Samson. On se concentrait donc sur cette distance. Il y avait les qualifications, puis les finales en après-midi et les relais tout de suite après. C’était vraiment une course après l’autre. C’était intense, mais ça faisait en sorte qu’on restait concentré pour nos courses. Mais si ça n’allait pas bien pour une course, il fallait être capable de revenir concentré rapidement pour la suivante. S’il y avait des entrevues, c’était après les remises de médailles.”
À travers tout ça, les athlètes doivent gérer leur stress de performance et la pression.
“On avait des périodes de temps prévues avec notre coach pour en discuter chaque jour. Il était vraiment ouvert et il ne voulait pas seulement qu’on performe, mais aussi qu’on soit capable de gérer notre stress le plus possible. Il savait qu’en étant en mesure de gérer notre stress, tout irait bien, car il savait ce dont on était capable. On était aussi capable de se fier les uns sur les autres”, souligne William Samson.
En fin de journée, c’est au Village des athlètes, un lieu est exclusivement réservé aux athlètes, que ça se passe. “On a passé une bonne partie de nos soirées là. On pouvait rencontrer les athlètes des autres régions. Après, on retourne à l’hébergement. On s’amusait, on parlait avec les missionnaires, on était dans le hall. La délégation de la région était une gang sociale aux derniers Jeux. On parlait beaucoup avec les gens des autres régions.”
Une ambiance explosive
Lors de leurs épreuves, les athlètes doivent être prêts à être plongés dans une ambiance hors de l’ordinaire, mentionne-t-il.
“J’ai participé à de grosses compétitions en patinage de vitesse et au soccer. Il y avait une grosse foule et ça criait, mais les Jeux du Québec, c’est complètement à part! Au départ, c’est tout silencieux. Puis, dès qu’on commence, tout le monde se met à crier. C’est fou! On n’entend même plus nos entraîneurs sur le bord de la bande qui nous parlent. On doit se faire des signes pour se comprendre. Ça m’a marqué. C’était une explosion!”
“À Sherbrooke, les estrades sont tout le tour de la glace. Partout, c’était rempli avec les drapeaux de toutes les régions. Ce que j’ai vraiment aimé, c’était quand les autres sports de notre région venaient nous voir pour nous encourager. On les remarquait tout de suite dans la foule. C’était vraiment incroyable toute l’ambiance, le support et l’amour qu’ils nous apportaient. C’était incroyable!”
“Fais-toi confiance!”
William Samson a commencé le patinage de vitesse à l’âge de cinq ans. “Je voulais m’inscrire au hockey, mais j’étais trop jeune encore. Les entraîneurs de patinage de vitesse ont suggéré de m’inscrire au patinage de vitesse en attendant. Finalement, j’ai vraiment aimé ça et je n’ai jamais arrêté! J’aime l’adrénaline dans les cours. J’ai essayé le longue piste, mais ce n’est vraiment pas la même chose. J’aime vraiment être dans l’action”, raconte-t-il.
Avant de prendre part aux Jeux du Québec en patinage de vitesse à l’hiver 2024, William Samson avait déjà vécu l’expérience à deux reprises en soccer. “Lors de mes premiers Jeux du Québec, j’avais été surclassé au soccer. Ce n’était pas mon équipe habituelle. La fois suivante, c’était avec mon équipe et j’en étais le capitaine pour les Jeux. On avait super bien performé et on a eu beaucoup de plaisir!”
Sa performance de quatre médailles d’or à la Finale des Jeux du Québec de Sherbrooke a suscité de l’attention. “Aux derniers Jeux, ça m’a apporté un peu de gloire. J’étais réputé pour avoir gagné quatre médailles d’or. Les gens m’en ont beaucoup parlé. J’ai connu une belle saison par la suite aussi. Il faut que j’évolue encore. J’en ai beaucoup parlé avec mon coach Éric Bédard. On a fixé mes objectifs. Cette année, je suis resté concentré. Je vis une compétition à la fois. J’essaie de toujours voir le côté positif des choses, même si c¸a ne va pas bien. Le côté psychologique reste le défi.”
Cet été, plusieurs athlètes de la région vivront l’expérience des Jeux du Québec pour la première fois, près de chez eux, devant leur famille et leurs amis. Cela peut engendrer un stress supplémentaire pour bien performer. “La gestion du stress peut faire toute la différence, soutient le patineur de vitesse. Je pense que même si tu es le meilleur dans ta catégorie, si tu n’es pas capable de gérer ton stress, tu n’y arriveras pas parce que tu penseras à ta famille qui est là, à tes amis qui sont dans les estrades. Mais si tu es capable de gérer ce stress au moment de ton épreuve et de redescendre à ton bon niveau de stress, c’est là que tu vas livrer ta meilleure performance.”
“Et fais-toi confiance!”, conclut-il.
William Samson compte bien profiter du fait que la 59e Finale des Jeux du Québec se déroule à Trois-Rivières cet été pour aller encourager les athlètes de la Mauricie sur les différents sites de compétition!
