«J’espère ébranler les lecteurs dans leurs convictions»

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Par Marie-Eve B. Alarie
«J’espère ébranler les lecteurs dans leurs convictions»
Sébastien Chartrand, auteur (Photo : courtoisie)

Si Napoléon III avait remporté la guerre de Prusse plutôt que de la perdre, à quoi le monde d’aujourd’hui aurait-il pu ressembler? C’est l’exercice auquel se prête l’auteur Sébastien Chartrand avec son nouveau roman GEIST : les héritiers de Nikola Tesla.

«J’ai une fascination pour ce que le monde aurait pu être si des choix différents avaient été faits et par les technologies mises de côté au profit d’une autre, confie l’auteur qui a longtemps vécu à Trois-Rivières. Dans le cas de Napoléon III, il était l’un des premiers autocrates: contrôle de la presse, réinterprétation de la réalité, police secrète, arrestations préventives d’opposants.»

Il en résulte un roman de science-fiction qui plonge le lecteur à Paris, éclairé par la singulière lumière bleutée des réverbères teslaïques, 64 ans après l’Instauration de la Régence. Le Mal du siècle, que les poètes appelaient anciennement le spleen, affecte 10% de la population qui sombre, lentement mais sûrement, dans la folie.

C’est dans ce contexte que le fils (fictif) de Nikola Tesla est retrouvé assassiné. Georges Parent, un lieutenant-Geist formé aux techniques d’hypnose, est responsable de l’enquête. Les premiers indices laissent penser qu’il s’agit de l’œuvre d’une personne atteinte du Mal du Siècle.

Cependant, avant de mourir, Tesla a laissé des indices en lien avec la poésie et les beaux-arts du courant romantique. Le problème, c’est que ces œuvres ont été mises à l’index parce qu’elles sont considérées faisant l’apologie du spleen, le tout justifié par le Régime pour des raisons de santé publique psychiatrique.

Et plus l’enquête avance, plus le lieutenant découvre à contrecœur qu’il doit contourner le Régime pour obtenir des réponses. L’hypothèse d’un possible complot émerge.

«Dans les dystopies, je ne comprends pas les personnages nés dans un régime totalitaire qui s’insurgent soudainement contre l’autorité en place. Ces personnages ne devraient pas avoir conscience d’autres réalités pouvant les amener à se révolter. Dans le cas du lieutenant Georges Parent, par exemple, il s’avère très inconfortable lorsqu’il se retrouve devant une œuvre interdite pour la première fois. Ça le répugne», explique Sébastien Chartrand.

Cela traduit aussi ses inquiétudes devant la société qui carbure de plus en plus aux fausses nouvelles, à l’appel aux préjugés, aux jugements à l’emporte-pièce et au déni des faits et de la science. «J’espère ébranler le lecteur dans ses convictions et ses a priori, souligne l’auteur. La démocratie n’est pas acquise. Créer tout cet univers et écrire ce livre m’a fait réfléchir sur l’ouverture face à l’autre.»

«Pour GEIST : les héritiers de Nikola Tesla, la folie, les nouvelles technologies, l’autoritarisme, l’impérialisme et le rejet de la religion sont des thèmes que j’avais préalablement définis. Ce n’est qu’ensuite que l’imagination s’est mise de la partie et que j’ai élaboré mon intrigue. Je cherche à créer des histoires qui auraient pu se passer, du moins autant que faire se peut quand on intègre une dose de surnaturel», conclut Sébastien Chartrand.

Le roman «GEIST : les héritiers de Nikola Tesla», publié aux éditions Alire, est disponible en librairie

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