Internet, un frein au développement des affaires

Internet, un frein au développement des affaires

Nicole Robert, directrice générale du Parc de la rivière Batiscan.

Crédit photo : Audrey Leblanc

INTERNET. Qui aurait cru qu’en 2018 Internet aurait pu être un frein au développement d’une entreprise? C’est pourtant le cas dans la MRC des Chenaux. L’absence de l’Internet haute vitesse est un sérieux problème pour plusieurs entrepreneurs.

Au Parc de la rivière Batiscan, la mauvaise connexion Internet cause bien des maux de tête. «On n’a pas accès à la haute vitesse et Internet n’est pas fiable, indique Nicole Robert, directrice générale du Parc. On perd souvent la connexion et c’est impossible de télécharger des fichiers qui sont un peu lourds. C’est un réel problème avec des conséquences. On est une entreprise en développement et on a besoin d’une bonne connexion rapide et fiable.»

Les problèmes engendrés par Internet ne datent pas d’hier. Au fil du temps, l’équipe du Parc a exploré de multiples pistes de solution, sans succès. «On revient toujours au même point, c’est toujours un problème d’argent, mentionne Mme Robert. La haute vitesse ne se rend pas ici et ça coûterait très cher de payer pour faire installer la fibre optique. Notre entreprise, c’est le parc. On ne peut pas déménager. On est pris dans cette situation. On ne sait plus quoi faire ni à quelle porte aller frapper pour faire avancer les choses.»

Le Parc de la rivière Batiscan est ouvert au public pendant six mois, mais les opérations de gestion se font à l’année. En 2017, le Parc a accueilli quelque 26 000 campeurs. Environ 24 % de la clientèle sont des gens de la Mauricie. «Quand les gens arrivent au parc, ils ont la possibilité de payer par carte. Parfois, c’est tellement long qu’on perd Internet pendant l’opération, alors il faut recommencer plusieurs fois, explique Mme Robert. Plus ça va, plus on a de clients et ce n’est pas acceptable de les faire attendre parce que ça plante tout le temps.»

Plusieurs serveurs

L’absence de l’Internet haute vitesse empêche également le Parc de relier les ordis-caisses de ses trois secteurs sur un même serveur. «Le parc est divisé en trois secteurs. On a des ordis-caisses à chacun des trois secteurs. Ça prend des serveurs différents pour chaque secteur. Il y a des coûts reliés à ça et, en plus, ce n’est pas efficace comme gestion», fait remarquer la directrice générale.

Cette dernière ajoute que tout le personnel accorde une attention particulière au contenu de leurs ordinateurs pour les ralentir le moins possible. «On a développé des astuces au fil du temps pour faire nos affaires quand même, mais on sait qu’on perd un temps précieux, affirme Mme Robert. Quand on télécharge de gros fichiers ou des cartes, ça ne fonctionne pas parce que c’est trop lent. On le fait à partir de la maison et on met nos fichiers sur une clé USB ou un disque dur externe.»

«Parfois, on se rend aux bureaux de la MRC pour télécharger nos fichiers, poursuit-elle. On perd tellement de temps, mais on n’a pas d’autres solutions.» Travailler à distance depuis la maison n’est pas non plus la solution puisque les employés doivent accéder au serveur de l’entreprise, qui est grandement ralenti par la connexion Internet.

Au gré de la température

À Sainte-Geneviève-de-Batiscan, la mauvaise connexion Internet est une épine dans le pied des propriétaires de l’entreprise PranaSens, qui est située à l’extérieur du village.

«C’est un sérieux problème pour nous, soutient Johanne Barrette, copropriétaire. Parfois, je peux réessayer trois fois pour envoyer des documents par courriel. Dès que les fichiers sont un peu lourds, ça prend un temps fou.»

Chez eux, l’Internet est offert par satellite. «C’est tellement lent que ça nous empêche souvent de faire notre travail, mentionne Mme Barrette. On est au gré de la température. Lorsqu’il pleut, qu’il neige ou qu’il vente fort, on perd la connexion. Si je dois envoyer des documents rapidement, je dois me rendre au village. C’est plus rapide de prendre mon auto pour me rendre au village que d’attendre ici en espérant de ne pas perdre la connexion.»

À court terme, ce problème sera réglé puisque PranaSens a récemment fait l’acquisition de la caisse populaire de Sainte-Geneviève-de-Batsiscan, située sur la rue de l’Église. L’entreprise spécialisée en production d’huiles essentielles et eaux florales biologiques y aménagera des bureaux administratifs ainsi qu’un point de vente pour ses produits.

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