La vitesse limitée dès cet été sur la rivière Saint-Maurice

Transports Canada a entériné la demande de la Ville de Trois-Rivières de fixer la vitesse maximale à 5 ou 10 km/h sur une portion de la rivière Saint-Maurice.

La vitesse maximale sera notamment de 5 km/h à la hauteur du Maïkan Aventure et du Club de canot-kayak Radisson, ainsi que du pont Duplessis jusqu’à l’embouchure du fleuve Saint-Laurent. Les bras de la rivière sont également limités à 5 km/h. « Ce sont des secteurs où se fait surtout de la navigation douce. Pour les zones à 5 km/h, on a aussi voulu cibler les zones où les gens font de l’initiation de sports de pagaie », précise Philippe Champagne, coordonnateur Activités sportives à la Ville de Trois-Rivières.

Au terme de six mois de travail, l’équipe des Loisirs de la Ville a déposé son rapport de 200 pages pour demander à Transports Canada de réglementer la limite de vitesse sur la rivière Saint-Maurice. 

« C’est une nouvelle rassembleuse et le résultat d’une longue démarche, rappelle le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche. On a pris le temps de bien faire les choses. Des responsables d’organismes, des riverains, des adeptes de sports de pagaie, des propriétaires d’embarcations à moteur: nous avons réuni tout le monde et avons mis en place des solutions pour améliorer la sécurité. Ça contribuera à une meilleure conciliation de tous les types de sports nautiques sur la rivière. »

Plus de présence policière

Plusieurs initiatives avaient été mises en place par la Ville dans les dernières années afin d’améliorer la sécurité sur la rivière Saint-Maurice, dont l’ajout de bouées pour navigation douce, un affichage aux rampes de mise à l’eau et une campagne de sensibilisation.

La police de Trois-Rivières a également accru sa présence sur la rivière depuis trois ans. « On a multiplié les interventions sur cette portion de la rivière et on a pu constater que la cohabitation entre les embarcations à moteur et les autres utilisateurs de la rivière est meilleure et ça vient aussi améliorer la quiétude des riverains. En ce sens, les appels ont diminué de moitié à l’été 2023 comparativement à 2022 », précise Steve Dionne, capitaine à la Direction de la police de Trois-Rivières.

C’est l’unité de soutien opérationnel de la Direction de la police qui sera responsable d’appliquer la nouvelle réglementation, ses membres étant formés pour intervenir en matière de sécurité nautique. D’ailleurs, un radar spécialement destiné aux opérations marine sera acquis en prévision de l’été 2024.

« On va encore accentuer notre présence en 2024. Ce règlement est un outil supplémentaire pour nos opérations sporadiques afin de contrôler la vitesse des embarcations sur la rivière. On commencera par sensibiliser les utilisateurs de la rivière dès le début de la saison. Puis, on tiendra des contrôles de vitesse aléatoires. On souhaite effectuer entre 40 et 50 sorties nautiques durant la saison estivale », détaille M. Dionne.

À l’été 2023, les policiers de Trois-Rivières ont émis 17 constats, en plus des nombreuses interceptions pour vérifications d’usage.

Une mobilisation qui porte fruit

Cela fait plusieurs années que des militants pour une meilleure cohabitation sur la rivière Saint-Maurice attendaient qu’une telle réglementation soit mise en place. Pour le vice-président du Club de canot-kayak Radisson, cela permettra de rendre la rivière encore plus attirante pour les loisirs à rame.

« On a un lieu de loisir naturel extraordinaire qui demande une cohabitation avec les bateaux à moteur. C’est correct, mais à un moment donné, il faut régir les comportements de tous et chacun. Des utilisateurs d’embarcation à moteur me disaient qu’en Ontario et en Floride, par exemple, c’était très réglementé et qu’ils n’ont pas le droit de dépasser une certaine vitesse et que les gens respectent ça. Il nous manquait cette réglementation. Maintenant, on a un plan d’eau organisé et partagé », commente André Carle.

Le conseiller municipal du district Marie-de-l’Incarnation, Richard W. Dober, milite depuis de nombreuses années pour une meilleure sécurité sur la rivière Saint-Maurice. L’officialisation de ces nouvelles limites de vitesse est une joie pour lui. « On va aller de l’avant avec ça. Il y avait un problème. Ce n’est pas normal quand c’est rendu e ton fils et des petits-enfants disent qu’ils ne veulent pas aller sur la rivière les fins de semaine parce que ce n’est plus possible ou que des gens se limitent à y aller tôt le matin ou le soir. C’est tout à fait normal qu’on arrête de vivre dans le Far West », affirme M. Dober.

Ce dernier espère qu’une prochaine étape puisse permettre d’appliquer une réglementation semblable jusqu’aux Vieilles-Forges.

Chaque année, environ 24 500 embarcations fréquentent la portion de la rivière entre la plage aux chiens et l’embouchure du fleuve Saint-Laurent.