IDÉ Trois-Rivières: mission décarbonation en 2024

La décarbonation sera au cœur des actions d’Innovation et développement économique (IDÉ) Trois-Rivières pour la prochaine année. Pour accélérer les efforts en la matière, IDÉ entend créer un fonds destiné aux entreprises vertes et mettra en place un Centre d’affaires en innovation et commercialisation en économie verte.

L’équipe d’IDÉ Trois-Rivières travaille sur plusieurs projets qui permettront de consolider cet écosystème déjà implanté, dont la création d’un fonds destiné aux entreprises vertes, la mise en place d’un Centre d’affaires en innovation et commercialisation en économie verte.

« C’est une expertise que l’on veut développer. On espère qu’en concentrant cette expertise à Trois-Rivières, ça permette de créer une agrégation d’entreprises du secteur des technologies vertes. On sait que nous sommes tous obligés d’aller vers la décarbonation et de faire un effort, mais on avait à cœur d’être les premiers. C’est une orientation volontaire depuis plusieurs années et ça fait en sorte qu’on met le pied sur l’accélérateur dans ce dossier », explique Mario de Tilly, directeur général d’IDÉ Trois-Rivières.

Dans le cadre de la zone d’innovation de la Vallée de la transition énergétique, Trois-Rivières intensifiera aussi ses efforts dans le développement des technologies liées à la filière de l’hydrogène renouvelable ainsi que des solutions de décarbonation dans un contexte industriel et portuaire. D’ailleurs, l’objectif est que Trois-Rivières devienne un laboratoire d’essai pour les nouvelles technologies. 

« On regarde notamment la possibilité de travailler avec la Société de transport de Trois-Rivières (STTR) pour tester des véhicules à hydrogène. On pourrait devenir une belle plateforme d’essai pour ces technologies, note M. de Tilly. Essentiellement, ce qu’on souhaite, c’est travailler avec nos entreprises pour qu’on parvienne à diminuer les émissions de gaz à effet de serre (GES) dans un premier temps. Il y a une grande sensibilisation en ce sens. »

IDÉ espère sensibiliser les gens à faire le calcul de leurs émissions de GES et à les compenser. « On a une tendance à opter pour la pensée magique: le gouvernement va faire ça, la Ville va faire ça, les entreprises vont faire ça… Mais nous, comme individus, on a aussi un devoir de décarboner l’économie. Ça peut passer par le changement de nos habitudes en consommant moins, plus localement et se déplacer avec des moyens actifs. La décarbonation, ce n’est pas que l’affaire des gouvernements: c’est l’affaire de tous les citoyens », plaide le directeur général d’Innovation et développement économique Trois-Rivières.

Un calculateur d’émissions de GES sera bientôt offert. IDÉ Trois-Rivières propose déjà un programme pour évaluer le bilan carbone des entreprises d’ici. « Il n’est pas encore très connu. Environ trois ou quatre entreprises l’ont utilisé jusqu’à présent. On veut aller plus loin avec les entrepreneurs et les encourager à aller chercher le niveau 1 de la certification Écocert. Ça peut être des initiatives aussi simples que d’utiliser des tasses réutilisables plutôt que des verres en styromousse. C’est un petit geste qui contribue à diminuer l’empreinte carbone d’une entreprise », ajoute-t-il.

L’organisation s’est justement engagée dans plusieurs démarches visant à améliorer ses pratiques en développement durable, dont les certifications Écocert et ISO 14001 (PALME). Elle travaille également pour 2024 sur l’accueil de plusieurs événements internationaux regroupant des experts dans le domaine de l’hydrogène.  

Encourager l’entrepreneuriat chez les Premières Nations

IDÉ travaille également sur un projet de développement communautaire et entrepreneurial avec les Premières Nations dans le but de mettre en place d’un centre entrepreneurial qui leur sera dédié.

« On leur doit bien ça! La réconciliation avec les Premières Nations est une chose fondamentale. L’entrepreneuriat commence chez les membres des Premières Nations, mais ce n’est pas encore aussi répandu que dans la société caucasienne blanche traditionnelle, mais on est là pour les aider. Je pense qu’ils ont de très bonnes idées et on en voit dans le secteur touristique, les pourvoiries, etc. », mentionne M. de Tilly qui précise être en contact avec les communautés abénaquise et atikamekw du territoire.

S’attaquer à la crise du logement

Avec le taux d’inoccupation des logements sous la barre des 1% à Trois-Rivières, il importera de trouver des solutions dans un avenir très rapproché, rappelle également Mario de Tilly.

« Services Québec détermine que d’ici 2026, près de 15 000 postes seront à combler à Trois-Rivières, dont près de 10 000 dans la fonction publique. Ça va amener un certain nombre de nouveaux résidents à venir s’établir chez nous. C’est sans compter les nouveaux emplois qui seront générés par la Vallée de la transition énergétique », indique le directeur général d’Innovation et développement économique Trois-Rivières.

Entre 20 000 et 25 000 logements pourraient être nécessaires dans les prochaines années. IDÉ collabore avec les chambres de commerce, les entrepreneurs et la Ville de Trois-Rivières en vue d’organiser des assises sur le sujet. « Ça permettrait d’évaluer on en est où, qu’est-ce qu’on peut faire pour contrer cette problématique et mettre en place une stratégie », indique M. de Tilly.

Vers une nouvelle planification stratégique

Lancée à la fin 2019, la planification stratégique de l’organisation sera complètement revue en 2024, ce qui permettra de mettre à jour les grandes orientations qui guideront ses actions des prochaines années. Les consultations ont déjà débuté auprès de l’équipe et se poursuivront auprès des différents acteurs du milieu.