Il ouvre un restaurant en pleine pandémie

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Par Audrey Leblanc
Il ouvre un restaurant en pleine pandémie
Fabien Mercure, propriétaire du restaurant Le Petit Beurré. (Photo : Audrey Leblanc)

Il y a six mois, en pleine pandémie, Fabien Mercure a décidé de démarrer son entreprise… en restauration! Alors que tous les autres étaient contraints de fermer leurs salles à manger, le jeune entrepreneur de 28 ans a choisi de relever le défi en tirant profit de la situation.

«C’est mon premier commerce et c’est aussi un rêve d’enfance, confie-t-il. J’ai commencé à travailler en cuisine à l’âge de 14 ans et ça fait plusieurs années que ce projet me trotte en tête. Ça fait longtemps que je réfléchis à un concept de restaurant axé sur les produits locaux et qui est impliqué dans sa communauté.»

Il y a six mois, quand il a visité le local de l’ancien Coco Tango au coin Royale et Saint-Roch, il a eu le coup de foudre pour l’endroit. Il n’en fallait pas plus pour mettre en marche son projet et transformer l’endroit en buvette gastronomique.

«J’ai accueilli le défi à bras ouverts, dit-il. J’ai vu ça comme une opportunité de me faire connaître tranquillement avec les plats pour emporter, la boutique en ligne, puis Uber Eats. Ça me donne aussi le temps de bien former mon personnel et de rencontrer les producteurs avec qui je fais affaire.»

Son restaurant, Le Petit Beurré, mettra de l’avant les produits locaux. «C’est un menu 100 % à l’ardoise composé presque exclusivement de produits locaux. On essaie de s’approvisionner dans un rayon de 150 km. Tous nos vins et alcools ainsi que 90 % de nos produits sont québécois», mentionne le propriétaire.

«On ne s’empêche pas d’acheter du chocolat et du citron, mais c’est primordial pour moi de laisser la place aux produits d’ici, renchérit-il. Je trouve que c’est un peu une aberration que les produits locaux soient rendus des produits de luxe quand ils sont juste au coin de la rue.»

L’entrepreneur s’approvisionne notamment chez Multi-Ferme pour volaille, chez Saveur Primitive pour l’oie, à la Fromagerie des Grondines, à la microbrasserie À la Fût et à la ferme de micropousses trifluvienne Les Mains Pleines de Pousses.

«Ce qui me plaît le plus, c’est de pouvoir travailler les produits que je veux et de les offrir à un prix que je considère raisonnable, mentionne M. Mercure. À plusieurs endroits où j’ai travaillé, je trouvais qu’on surchargeait les clients. Je trouve ça dommage et je considère que ce n’est pas une avenue gagnante.»

L’achat en ligne pour soutenir un organisme

On retrouve dans l’établissement une soixantaine de places assises. Même chose pour ce qui est de la terrasse extérieure. De plus, il est possible de commander sur la boutique en ligne du restaurant. Ce faisant, les clients encouragent non seulement le restaurant, mais soutiennent également l’organisme Point de Rue qui œuvre auprès des personnes en situation d’exclusion sociale et d’itinérance.

«C’est 20 % de tout ce qui est vendu en ligne qui est remis à l’organisme, précise M. Mercure. J’ai choisi de m’associer à cet organisme tout naturellement. J’ai commencé à m’impliquer auprès d’eux il y a quelques années en faisant des desserts et en préparant des repas pour des événements ponctuels. C’est une cause qui me rejoint parce que je considère que personne n’est à l’abri de la précarité. C’est vrai en restauration comme dans bien d’autres milieux.»

Mené par son désir de s’impliquer dans sa communauté, l’entrepreneur a établi récemment un partenariat avec le Cégep de Trois-Rivières dans le cadre d’un événement à venir. Il souhaite également exposer les œuvres d’artistes locaux sur les murs de son restaurant et organiser des vernissages.

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