Genyk: la PME shawiniganaise qui veut isoler le monde

Photo de Bernard Lepage
Par Bernard Lepage
Genyk: la PME shawiniganaise qui veut isoler le monde
Le Centre canadien des matériaux de construction impose à chaque manufacturier de mousse de polyuréthane giclée sa propre couleur afin de pouvoir facilement l'identifier au besoin. Celle de Genyk est vert lime. (Photo : courtoisie - Genyk)

Avec une croissance de ses revenus de 396% depuis trois ans, une performance qui lui vaut de figurer au 105e rang (16e au Québec) du prestigieux Canada’s Top Growing Companies 2019 du Globe and Mail, Genyk est probablement l’un des secrets les mieux gardés de Shawinigan.

«Nous sommes l’un des deux manufacturiers de mousse de polyuréthane giclée au Québec, mais le seul qui appartient à des intérêts québécois», mentionne avec fierté Yves Rondeau. L’homme d’affaires a bien des raisons de s’enorgueillir de la réussite de son entreprise basée sur la 3e avenue dans le secteur Grand-Mère.

Natif des Laurentides, il a travaillé durant plus de vingt ans pour Demilec, l’autre manufacturier situé à Boisbriand et qui est une filiale d’une société américaine. «Je suis venu m’établir à Shawinigan en 2012, car mon seul client, dans le temps, était Zedbed.» À ses débuts, Genyk fabrique exclusivement la mousse de polyuréthane pour les matelas et oreillers de l’entreprise shawiniganaise. Les frères Mario et Alain Gélinas font d’ailleurs partie à l’époque de l’actionnariat de Genyk.

Graduellement, Yves Rondeau diversifie sa clientèle en créant d’autres types de mousses pour isoler des portes de garage, remplir les corps de mannequins et même pour les taxidermistes qui l’utilisent pour naturaliser les animaux.

Après plus de 18 mois de démarches auprès du Centre canadien des matériaux de construction, Genyk obtient en 2015 sa certification lui permettant de fabriquer de la mousse de polyuréthane giclée dont on se sert principalement pour isoler les bâtiments. «À partir de là, tout a changé. Ce secteur représente aujourd’hui 85% de mon chiffre d’affaires», sourit Yves Rondeau, aujourd’hui à la tête d’une PME de 15 employés et de six représentants au pays (deux au Québec, deux en Ontario, un dans les Maritimes et un en Alberta). Il ne dévoile pas les revenus de son entreprise, mais dans le palmarès du Globe and Mail, il est mentionné qu’ils oscillent entre 10 et 25 millions $.

Un soupçon de lavande

Devant se démarquer face à des géants comme BASF, Genyk s’est fait un nom en intégrant dans sa formulation de mousse de polyuréthane giclée une essence de… lavande: BORÉAL Nature était née.

«Je voulais apporter une touche particulière, explique Yves Rondeau. Nous travaillons à la base avec des produits chimiques, mais je trouvais qu’en ajoutant de l’eau de lavande à la recette, ça donne une bonne odeur durant quelques heures après l’application et ça fait, au final, un produit un peu plus sexy.»

Avec la croissance qu’il connait depuis cinq ans, Genyk commence à être à l’étroit dans les 19 000 pieds carrés qu’il occupe dans ses locaux de la 3e avenue.

«Je suis présentement en pourparlers pour acheter le bâtiment et doubler ma superficie», relate Yves Rondeau.

Avec une production de près de 1200 barils de 45 gallons canadiens par mois, l’entreprise fait sa niche un peu partout au Canada, mais le temps n’est pas loin où elle regardera au sud de la frontière. «Je regarde ça tranquillement. Quand on va voir que la croissance va ralentir au Canada, on va être un peu plus pressé d’aller aux États-Unis», termine Yves Rondeau avec le sourire.

 

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S'inscrire  
Notifier de