Fonds d’IDÉ: des rendements financiers…et humains

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Par Marie-Eve B. Alarie
Fonds d’IDÉ: des rendements financiers…et humains
Alain Levasseur et Larry St-Pierre. (Photo : Marie-Eve Alarie)

Le Fonds local de solidarité (FLS) et le Fonds local d’investissement (FLI) d’Innovation et développement économique (IDÉ) Trois-Rivières accordent de l’aide financière aux entreprises en démarrage ou pour le développement de projet, ainsi que pour soutenir des transferts d’entreprise. Les projets d’affaires retenus peuvent recevoir jusqu’à 250 000$ en prêts, selon certaines conditions. Derrière les projets financés se trouvent, dans l’ombre, neuf entrepreneurs réunis sur un comité d’investissement. Ce sont eux qui décident, ultimement, des projets qui seront financés.

Alain Levasseur et Larry St-Pierre font partie des entrepreneurs bénévoles qui siègent au comité d’investissement.

«On analyse les dossiers qui ont été montés par les entrepreneurs, accompagnés par les commissaires industriels d’IDÉ et on émet des commentaires pour les aider à améliorer le dossier s’il y a lieu. Souvent, on leur donne des recommandations pour que le projet soit amélioré et il nous revient par après», explique Larry St-Pierre, qui fait partie du comité depuis près de cinq ans.

Pour sa part, Alain Levasseur est arrivé sur le comité un peu par accident, en ce sens que le fondateur du Service d’intégration au travail (SIT) Mauricie ne savait pas trop ce qu’il pouvait y apporter.

«On n’a pas le même cheminement autour de la table. J’étais sur le conseil d’administration d’IDÉ et on m’a demandé si je voulais y siéger. Au début, je ne me trouvais pas assez équipé pour rendre service, explique-t-il. Mon but dans la vie, c’est de rendre service. Des formations nous ont été proposées. J’ai tout lu! J’ai fait mienne la dynamique. Aujourd’hui, c’est devenu une passion. Tout le monde partage sa vision autour de la table. On accepte de prendre un risque calculé quand on décide de financer un projet.»

Une vingtaine de projets sont analysés chaque année par le comité. Ces dernières années, des entreprises comme SNÖ Vegan, DGX Concept, Hérôle, L&P Vêtements, Novo électronique, la Distillerie Wabasso, Usinage Tremblay et Planet Air Maintenance ont reçu du financement de l’un ou l’autre de ces fonds, ou même des deux.

«Souvent, on se questionne sur l’optimisme du promoteur et on vérifie si les projections financières sont réalistes ou non. On essaie également de comprendre le marché. On soupèse le tout et on se relance la balle autour de la table», précise M. St-Pierre.

D’après les données d’IDÉ, on estime que chaque dollar prêté par le biais de ces fonds génère 59$ d’investissement. En 2018, les fonds ont connu un rendement de 8,6% pour 1 337 000$ en financement autorisé.

«Cette année, on bat la Caisse de dépôt en matière de rendements et on le fait avec des start-ups et des PME. On aide entre huit et dix entreprises par année. Je viens de Shawinigan et j’y ai vécu la fin de la grande entreprise. Ça a été une catastrophe. Je sortais du cégep et il n’y avait rien, raconte M. St-Pierre. Si on veut un avenir, ça prend des PME qui génèrent des écosystèmes autour d’elles. Je veux favoriser ça par mon implication. On a une pépinière de PME. Il faut diversifier l’économie pour l’avenir. C’est le fun de voir les projets diversifiés qui sont présentés.»

À l’inverse d’une institution financière, le comité bénéficie d’une certaine flexibilité lorsque la décision de soutenir un projet est prise.

«Normalement, il y a une certaine rectitude dans les institutions financières. Quand les projets nous sont présentés, on ne les juge pas. On les apprécie. Les commissaires industriels d’IDÉ sont passionnés par ce qu’ils nous présentent et ils veulent que ça fonctionne. C’est à nous de discerner les choses à améliorer, mais on n’a pas à se limiter à des cases à cocher. On a une marge de manœuvre pour que le projet soit amélioré, par exemple», précise M. Levasseur.

Il faut dire que les deux fonds agissent surtout comme complément au financement d’un projet. Parfois, c’est le petit 10% de financement qui manque au projet pour qu’il puisse voir le jour. D’ailleurs, Alain Levasseur aimerait voir plus d’entreprises d’économie sociale présenter un projet à ces fonds.

«C’est difficile pour les entreprises d’économie sociale de trouver de l’argent, de se faire reconnaître et se faire financer. Si on voit que c’est un projet porteur d’avenir et que les gens sont crédibles, on va s’y intéresser avec la même ardeur que les autres projets», soutient-il.

«En ce qui me concerne, ça m’aurait aidé, à l’époque, d’avoir accès à ce type de fonds. Quand j’étais allé voir le banquier, j’étais sûr que j’arriverais à rembourser le prêt en un an, mais le banquier ne m’a pas écouté longtemps. J’ai pu lancer le SIT parce que je n’ai pas pris de salaire pendant six mois. Je pense que la différence la plus importante, c’est que le comité d’investissement ne m’aurait pas jugé», poursuit M. Levasseur.

Au-delà des rendements financiers, ces prêts permettent aussi de créer et de consolider des emplois. En 2018, les 680 000$ accordés en prêts ont permis de créer ou de consolider 106 emplois. Jusqu’à présent en 2019, 47 emplois ont été créés ou conservés pour des investissements de 544 000$.

68

Nombre d’entreprises actuellement dans le porte-feuille

2 000 000

Les deux fonds totalisent 2 millions $

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