Fondation de Trois-Rivières : sur les traces de Bochart

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Par Marie-Eve B. Alarie
Fondation de Trois-Rivières : sur les traces de Bochart
Pierre Saint-Yves, réalisateur, et Yannick Gendron, historien (Photo : Marie-Eve Alarie)

Le film documentaire Sur les traces de Bochart, réalisé par Pierre Saint-Yves, sera présenté en primeur ce jeudi 26 septembre à 19h30 à l’occasion d’une soirée de projection du Ciné-Campus de Trois-Rivières.

Le documentaire de 50 minutes présente les résultats des travaux de l’historien Yannick Gendron au cours des dix dernières années et que l’on retrouve dans le livre L’énigme de Trois-Rivières qui vient tout juste de paraître.

Le film fait suite aux conclusions de Sur les traces de Laviolette qui avait pour but de mettre un prénom sur le célèbre personnage. Cependant, le très peu d’informations sur le Sieur de Laviolette, limité à un seul document d’archives. Mais c’est plus précisément lorsque Yannick Gendron a tenté d’éclaircir le mystère de l’identité du responsable de la construction du fort de Trois-Rivières, appelé Laviolette dans le premier registre des baptêmes et sépultures de la paroisse immaculée-Conception, que ses recherches l’ont amené à identifier Théodore Bochart Du Plessis.

Ce dernier agissait comme général de la flotte de la Compagnie de la Nouvelle-France et aurait vraisemblablement été le bras droit de Samuel de Champlain dans ce dossier. Cette enquête historique visait à faire la lumière sur la vie et la carrière de Théodore Bochart Du Plessis, ainsi que sur son implication importante dans la fondation de Trois-Rivières en 1634.

Le réalisateur trifluvien Pierre Saint-Yves a suivi Yannick Gendron au fil de ses entrevues, du Québec à la France, pour en apprendre davantage sur Bochart. Le film retrace ces rencontres avec l’historien québécois Mathieu D’Avignon, le professeur Frank Lestringant de l’Université Paris-Sorbonne et l’historien Mickaël Augeron.

«Le documentaire représente deux ans de travail. Yannick m’a relancé en 2016 après avoir découvert des choses intéressantes sur Bochart. En 2017, on s’est rendu en France. On a terminé le tournage cet été avec des scènes extérieures et le montage s’est fait intensivement. Ma famille a collaboré durant le processus également. Sur le plan technique, c’était rempli de défis, car on n’a pas d’images de l’époque, voire même de Bochart dont on n’a trouvé aucune représentation. Il fallait aussi rythmer le tout», raconte Pierre Saint-Yves.

La caméra nous emmène jusqu’au Château de Cornou, dans une petite commune au sud de Paris, où ont vécu Bochart et son épouse à son retour de la Nouvelle-France. La propriétaire actuelle des lieux leur a fait visiter la propriété.

Et si de nombreux faits corroborant l’hypothèse que Bochart a posé des gestes fondateurs sont mis de l’avant dans le documentaire, le réalisateur fait également une belle place à l’homme, le rôle qu’il a joué à la fois en Nouvelle-France que dans d’autres conflits d’importance. C’est notamment Théodore Bochart qui a été responsable des négociations avec les autochtones, avance l’historien au terme de ses recherches.

«Je pense que le film va brasser tout ça et permettre aux gens d’ouvrir leurs horizons et, qui sait, peut-être de replonger dans des livres d’histoire. C’est peut-être audacieux comme recherche, mais il faut reconnaître les faits. Les documents disent que Laviolette a seulement transporté du matériel ici et qu’il a été parrain de deux petites Amérindiennes», fait remarquer Yannick Gendron.

«Bochart faisait de la traite, s’occupait des négociations avec les autochtones, faisait embarquer les Jésuites dans les canots hurons et saluait à coup de canon les gens qui quittaient. C’est une tâche réservée au patron ou au commandant de l’endroit», détaille-t-il.

Le film souligne également l’apport important de Capitanal et du jésuite Paul Le-Jeune dans la fondation de Trois-Rivières, dans une approche qui met en lumière des gestes fondateurs.

Pour l’instant, Pierre Saint-Yves espère arriver à diffuser davantage son film, en tout ou en partie. Il évalue aussi la possibilité d’en faire des épisodes. «Idéalement, ce serait de trouver un diffuseur à la télévision pour avoir la plus grande visibilité possible, mais je ne tourne pas le dos à toutes les autres plateformes», dit-il.

Quant à lui, Yannick Gendron voit son livre «L’énigme de Trois-Rivières» en lecture ou en compte-rendu dans certaines revues d’histoire.

«Je continue de faire vivre Théodore Bochart et je souhaite convaincre le milieu universitaire de son importance et de l’intérêt du personnage. Je pense qu’on a frappé fort avec le livre et le film. J’ai hâte de voir la réception que ça aura dans le milieu. Cependant, je crois que ça prendra du temps avant d’entendre parler de Bochart comme l’un des fondateurs de Trois-Rivières», conclut l’historien.

La projection de Sur les traces de Bochart est accessible gratuitement pour les membres. Les non-membres devront débourser 8$ pour visionner le documentaire.

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bruno-guy héroux
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bruno-guy héroux

Je publierai une critique au long bientôt de ce livre. Moi aussi j’aurai des révélations fracassantes à présenter, mais contraire à celles supposées de monsieur Gendron

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[…] (En réaction à l’article Fondation de Trois-Rivières: sur les traces de Bochart) […]