Enfants victimes d’abus sexuels et physiques : une étude qui pourrait changer les choses

Enfants victimes d’abus sexuels et physiques : une étude qui pourrait changer les choses

Marc Alain, professeur au Département de psychoéducation à l'UQTR.

Crédit photo : Audrey Leblanc

ÉTUDE. Deux chercheurs de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) ont pour mandat de comprendre de quelle façon sont traités les dossiers d’enfants victimes d’abus physiques et sexuels.

Aidés par d’autres chercheurs, ils suivront à la trace le chemin parcouru par ces dossiers et émettront des recommandations qui pourraient être la base de changements concernant l’Entente multisectorielle. Celle-ci a pour but d’assurer une meilleure protection aux enfants et à leur apporter l‘aide dont ils ont besoin.

Cette entente prévoit la concertation du directeur de la protection de la jeunesse, du substitut du procureur général, des services policiers, des organisations scolaires, des centres de la petite enfance et des garderies, des organisations de santé et de services sociaux ainsi que des organismes de loisir et de sport.

«On veut savoir comment les choses se font réellement, en dépit de ce que ce doit être en théorie, indique Marc Alain, professeur à l’UQTR au Département de psychoéducation. On va suivre à la trace ce qui se passe dans les dossiers dans la police, au niveau des services jeunesse et à la justice. Ça va nous demander de croiser des données qui sont assez compliquées à obtenir.»

«En enquêtant partout au Québec, on va découvrir et documenter les pistes de solution qui ont été amenées jusqu’à présent par les intervenants dans chacune des régions pour toujours améliorer la formule», ajoute M. Alain.

Plusieurs lacunes

Il s’agit d’un projet de recherche de quelque 400 000 $ qui s’échelonnera sur trois ans. L’Entente multisectorielle a été mise en place en 2001 et une étude réalisée en 2007 soulevait plusieurs lacunes. «Ça démontrait que la collaboration se fait relativement bien entre les services de protection de l’enfance et les services de police dans les premiers moments qui suivent un dévoilement. Malheureusement, ça tend à s’étioler au fil du temps», mentionne M. Alain.

«L’autre problème, c’est que les autres organisations comme les centres de la petite enfance participent très peu à ce mécanisme-là, poursuit le chercheur. Même chose au niveau du ministère de l’Éducation. Aussi, on perd la trace des actions au fil du temps. Ça fait en sorte que les organismes de soutien ne sont pas assez impliqués pour les suivis aux victimes. À la lumière de ces constatations de 2007, on va voir si c’est mieux maintenant.»

Les intervenants qui œuvrent dans les organismes offrant de l’aide aux victimes participeront à l’étude. Des parents dont les enfants ont été victimes vont aussi collaboré au projet en faisant part de leur expérience à travers le processus de dénonciation.

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