Du théâtre dans le confort de son salon

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Par Marie-Eve B. Alarie
Du théâtre dans le confort de son salon

À l’heure où l’on demande au milieu culturel de se réinventer, le «mauvais garçon» du théâtre trifluvien, Stéphane Bélanger, lance un nouveau concept théâtre avec Le Théâtre du mauvais garçon qui passe par une plateforme virtuelle.

Il y a plusieurs années, il s’était mis à rêver à l’idée de diffuser des capsules vidéo théâtrales et à proposer des représentations sur le web.

«J’ai recommencé à vouloir ravoir ma compagnie de théâtre il y a trois ou quatre ans. J’avais fondé le Théâtre du mauvais garçon, mais j’ai eu des opportunités de contrat ailleurs et j’ai remis ça dans mes cartons. Ça a dormi jusqu’au début de la pandémie. Quand ça a commencé, j’étais dans le déni. J’étais très occupé et tout arrêtait d’un coup. Je n’avais aucune idée de ce que je ferais dans la prochaine année. Mais j’avais du temps», raconte-t-il.

«Dans ma préparation, je me suis aussi rendu compte que le mouvement du théâtre vers les gens ne se fait pas de façon très naturelle, ajoute-t-il. Souvent, les gens de théâtre se plaignent du peu de gens en salle et pour le public, ça peut avoir l’air ardu d’aller au théâtre. Je pense que si le public était un peu plus au courant du processus de monter une pièce, ça intéresserait plus les gens. C’est ce que je veux faire avec le site Internet.»

Sur le site Internet du Théâtre du mauvais garçon (www.theatredumauvaisgarcon.com), on retrouve des extraits joués par Stéphane Bélanger. Il raconte aussi, à sa façon, des pièces de théâtre à la manière de conteur.

«Si quelqu’un m’entend raconter l’histoire de Hamlet, par exemple, peut-être qu’il aura le goût d’aller en salle pour assister à la pièce parce qu’il aurait eu un premier contact avec l’œuvre»

-Stéphane Bélanger

Blogue, entrevues avec les différents créateurs du milieu théâtral, école pour ceux qui veulent vivre le théâtre de l’intérieur, atelier d’écriture dramatique et capsules vidéo présentant les étapes d’un projet de théâtre complètent l’expérience des visiteurs.

«Le web est une avenue intéressante pour ce que je veux faire. Mon côté mauvais garçon trouve que le milieu du théâtre peut être d’une prétention épouvantable qui peut rendre des gens mal à l’aise. Il y a un côté parfois chic, hautain et glamour à aller au théâtre. Ça peut être rébarbatif pour des gens qui n’ont jamais eu de contact avec cette forme d’art. Le web peut enlever ça. Je veux que ce soit un espace pour donner le goût aux gens du théâtre», poursuit celui qui souhaite aussi présenter des représentations en extérieur devant de petits publics.

Le défi pour l’homme de théâtre est aussi de trouver l’approche qui fonctionnera bien sur le web. «On a été inondé d’écrans Zoom ces dernières semaines. J’essaie de trouver une nouvelle approche, le bon ton pour que ça passe bien à travers l’écran. Avec tout ce qu’on a eu sur le web, je veux faire différemment qu’il y ait un côté recherché et je veux intégrer les gens là-dedans. Ce projet me donne une grande liberté artistique.»

Une partie du contenu est disponible au grand public. Il est également possible de s’abonner pour avoir accès à la section membre et à du contenu inédit.

 

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