Deuil d’un enfant: Amis compatissants à l’écoute

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Par Marie-Eve B. Alarie
Deuil d’un enfant:  Amis compatissants à l’écoute

Les parents vivant le deuil d’un enfant disposent maintenant d’un lieu pour se confier, libérer leur peine et leur douleur avec d’autres parents qui vivent la même situation.

Les Amis compatissants, c’est un organisme international dont le but est de venir en aide aux parents vivant le deuil de leur enfant, qu’il soit périnatal ou postnatal. L’organisme se propose comme un lieu sans jugement où les parents endeuillés ont la possibilité d’exprimer les émotions et la douleur qui les habitent depuis la mort de leur enfant, peu importe l’âge auquel il est décédé.

Nouvellement retraité, Normand a décidé de relancer un groupe dans la région. Il faut dire qu’il a lui-même bénéficié du soutien des Amis compatissants à la suite du décès de sa fille en 2003.

«Je n’avais pas envie d’aller m’asseoir avec un psychologue, raconte-t-il. Ma femme travaillait dans le milieu hospitalier. Elle pouvait parler à des compagnes de travail. De mon côté, mes proches se sont éloignés. Quelques mois après le décès de ma fille, je suis allé à une rencontre d’Amis compatissants. C’est une travailleuse sociale qui l’animait. J’y suis retourné pendant quelques années.»

«Ça m’a beaucoup aidé de parler avec d’autres parents qui vivaient la même chose que moi. Tout le monde était dans le même état. On est dans la peine, dans la douleur, on se raconte. Tu peux aussi voir le cheminement des gens», ajoute-t-il.

Surtout que le deuil d’un parent et celui d’un enfant sont deux choses complètement différentes, insiste Normand.

«La mort d’un parent, ça fait en quelque sorte partie de la vie. On sait que ça arrivera. Lorsque c’est un enfant, les parents vivent une forte détresse. Tu cherches à garder un lien. Lorsqu’un enfant meurt, c’est une partie de ses parents qu’il emporte avec lui. C’est ta chair que tu perds. Et du jour au lendemain, il n’est plus là. Un auteur a écrit: «La mort des parents, c’est la mort du passé. La mort d’un enfant, c’est la mort de l’avenir».

«Ce n’est pas tout le monde qui peut comprendre cette douleur particulière. Dans la vie de tous les jours, ce n’est pas écrit dans ton visage que tu souffres. Quand c’est le cœur qui est dans le plâtre, ça ne se voit pas. C’est pour cette raison que ça fait du bien de se retrouver entre personnes qui vivent la même chose», ajoute-t-il.

Les rencontres d’Amis compatissants s’ouvrent sur la lecture des grands principes fondamentaux. Suit un tour de table où tous les participants peuvent prendre la parole pour exprimer leurs émotions.

D’après Normand, il faut entrer dans la douleur ressentie pour que le processus de guérison s’enclenche. «C’est sain de l’exprimer.»

Après le décès de sa fille, il se réveillait la nuit en pleurant, avec une douleur à la poitrine. Seize ans plus tard, cette douleur vive n’est plus là. Elle s’est estompée, mais le deuil n’est jamais final.

Il reste des larmes, mais pas les mêmes qu’à l’époque. Normand se permet de les montrer.

La vie est différente, mais la vie continue.

«C’est d’apprendre à vivre avec les souvenirs plutôt que la présence», conclut-il.

***

Prochaine rencontre

Vous vivez un deuil d’enfant et vous aimeriez échanger avec d’autres parents qui connaissent votre douleur? Rendez-vous au Stratos (1310, rue Sainte-Marguerite) le deuxième lundi de chaque mois à 19h. Prochaine rencontre: 11 mars

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