Des systèmes performants et écologiques : le pari de Geneviève Aubry

Par Audrey Leblanc
Des systèmes performants et écologiques : le pari de Geneviève Aubry
La fondatrice de Proactivo, Geneviève Aubry. (Photo : Audrey Leblancaleblanc@icimedias.ca)

La Trifluvienne Geneviève Aubry a fondé l’entreprise Proactivo avec le désir d’aider les municipalités et les entreprises à traiter leurs eaux usées de manière plus écologique. Elle s’intéresse particulièrement aux fromageries et aux microbrasseries qui doivent gérer de fortes charges de matières organiques dans leurs eaux usées.

« Mon objectif, c’est de contribuer à améliorer la qualité de l’environnement en aidant les organisations à optimiser leurs systèmes de traitement, indique-t-elle. Je travaille à partir des installations existantes. Je m’intéresse surtout au traitement biologique, c’est-à-dire des systèmes qui utilisent des bactéries épuratrices. Et parfois, celles-ci sont un peu capricieuses. Il faut les nourrir adéquatement et bien comprendre leur dynamique pour que ce soit optimal. »

Souvent, les municipalités et les entreprises vont s’apercevoir que quelque chose cloche à la réception d’un avis d’infraction ou d’une amende. Contraintes d’agir rapidement pour corriger le tir, elles doivent parfois débourser des sommes importantes.

Avec Proactivo, ce que Mme Aubry vise, c’est de travailler en amont pour éviter ce genre de situation et améliorer, du coup, la qualité de l’eau.

« En traitement des eaux usées, ce qu’on veut enlever principalement, c’est la matière organique et les matières en suspension. Si le système ne fonctionne pas de manière optimale, il va rester plus de matière organique et de matières en suspension à la sortie. Il peut y avoir aussi de l’azote et du phosphore, des bactéries et des coliformes qui peuvent causer des maladies, énumère-t-elle. Ce sont tous ces éléments qu’on regarde et qu’on s’assure d’enlever adéquatement pour préserver la qualité de l’eau. »

Dans certains cas, il a également l’ajout de produits chimiques à surveiller pour s’assurer d’avoir les bons dosages et ainsi éviter d’en mettre trop inutilement.

« C’est un autre exemple de ce qu’on peut faire pour traitement les eaux usées de manière plus écologique, soutient Mme Aubry. Je vise un accompagnement préventif. Je veux travailler en amont avec les organisations pour avoir à la fois des systèmes performants et durables. »

Elle offre aussi de l’accompagnement aux gestionnaires et aux opérateurs. « Comme les normes sont toujours plus sévères, il y a des municipalités qui doivent ajouter une étape à leur système de traitement pour rencontrer les divers critères, comme la toxicité. Ça nécessite des technologies plus compliquées. On peut les soutenir à ce niveau parce que ce sont des technologies qu’on connait bien », précise-t-elle.

De professeure à entrepreneure

Après avoir enseigné pendant 12 ans au Cégep de Shawinigan en Techniques de gestion des eaux, elle a fait le saut en entrepreneuriat en février 2020.

« L’idée germait depuis quelque temps, raconte Mme Aubry. Dans mes dernières années au Cégep, j’ai travaillé sur un programme de qualification des opérateurs municipaux en eaux usées. À travers ce projet-là qui a duré environ trois ans pour moi, j’ai vu les besoins plus spécifiques au sein des municipalités. »

« Parallèlement à ça, ma sœur est ingénieure industrielle et elle travaille à son compte depuis une dizaine d’années, ajoute-t-elle. J’ai essayé de voir comment je pouvais transposer ça à mon domaine. Un moment donné, un plus un ont fait deux. J’ai décidé de complètement quitter mon emploi au Cégep pour démarrer Proactivo. »

Avant toute chose, elle s’est bâti une équipe. Elle a recruté de jeunes retraités encore passionnés avec qui elle a eu la chance de travailler dans sa carrière d’enseignante.

« C’est très multidisciplinaire comme domaine, alors je voulais m’assurer d’avoir des gens qualifiés autour de moi pour répondre le mieux possible aux questions des municipalités et des industries, spécifie-t-elle. Il y a dizaine de personnes qui travaillent avec moi. »

Par ailleurs, elle collabore avec des centres de recherche et des cégeps pour les aider à développer leur formation. Elle planche également sur la rédaction d’un guide, en collaboration avec Réseau Environnement, qui s’adressera à l’ensemble des municipalités du Québec.

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