Des résidus agricoles pour produire des oméga-3 végétaliens

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Par Audrey Leblanc
Des résidus agricoles pour produire des oméga-3 végétaliens
Éric Desnoes et Pierre-Olivier Lemire, fondateurs d’Algoméga. (Photo : courtoisie)

Doctorants finissants en génie des matériaux et en chimie organique à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), Pierre-Olivier Lemire et Éric Desnoes se lancent dans la production d’omégas-3 végétaliens. Ils utiliseront pour matière première les résidus du maïs-grain, une biomasse agricole abondante au Québec.  

Fondée en 2017, leur entreprise, Algoméga, connaîtra sa première année de production en 2021. Les jeunes entrepreneurs puiseront la matière première chez un producteur agricole de la région de Lanaudière.

«On va mettre les résidus de maïs dans une machine pour en extraire les sucres. On prend ensuite ces sucres pour faire des microalgues riches en huile oméga-3. On peut alors devenir fournisseur d’omégas-3 végétaliens pour des producteurs de suppléments alimentaires comme Jamieson et Nestlé», explique M. Lemire.

Actuellement, la ressource primaire utilisée sur le marché pour produire des omégas-3 est le poisson. Or, cette pratique entraîne plusieurs problèmes, dont la surpêche. «On craint déjà l’extinction de nombreuses espèces en raison de la surpêche», soutient M. Lemire.

Ce que propose Algoméga, c’est plutôt un processus durable pour la production d’huile issue de microalgues marines, le tout en utilisant des déchets agricoles locaux comme matière première renouvelable. «C’est le principe de l’économie circulaire», résume M. Lemire.

Il y a même des coproduits de la transformation qui pourraient être vendus comme aliments pour animaux. «Par exemple, les débris cellulaires de microalgues provenant du prétraitement et de l’extraction des huiles sont riches en protéines et contiennent des nutriments et minéraux intéressants, mentionne M. Lemire. Les éleveurs pourraient les incorporer dans l’alimentation des animaux d’élevage. Ça ferait en sorte qu’il n’y aurait pas de perte de matière ni de déchet de transformation. Tout est récupéré et mis en valeur.»

Autre avenue intéressante, les producteurs agricoles pourraient vendre leurs résidus de maïs. Présentement, ceux-ci n’ont pas de valeur, car ils sont inutilisés et laissés au sol.

Substitut au pétrole

Par ailleurs, au cours des prochains mois, Algoméga explorera également la possibilité de transformer les sucres de maïs en bioénergie. «En utilisant sensiblement le même procédé, on pourrait produire un substitut au pétrole, indique M. Desnoes. On pourrait vendre la matière première à une entreprise de production d’éthanol-carburant.»

Depuis le début 2021, le projet de Pierre-Olivier Lemire et d’Éric Desnoes est soutenu par des bourses et de nombreuses organisations, dont l’UQTR et le Cégep de Trois-Rivières. Le projet profite d’une triple incubation : au Carrefour d’entrepreneuriat et d’innovation Desjardins de l’UQTR, à la Zone Agtech dans Lanaudière, qui est un incubateur spécialisé dans le secteur agroalimentaire, et au Centre d’innovation et d’entrepreneuriat District 3 de l’Université Concordia.

De plus, depuis 2015, ce projet d’affaires a gagné plusieurs distinctions, dont une Start-up Weekend, le concours Québec Mines + Énergie du MRN, le concours annuel de l’AQPER et deux concours internationaux en Belgique et aux États-Unis. La valeur des différents prix et distinctions totalise 35 000 $.

Une première place

L’entreprise Algoméga a remporté dernièrement une bourse de 6 500 $ remise par le Carrefour d’entrepreneuriat et d’innovation de l’UQTR, Innovation et Développement économique Trois-Rivières et la Fondation de l’UQTR. Le duo d’entrepreneurs a remporté la première place parmi les étudiants qui se sont démarqués lors de leur présentation auprès du comité de sélection.

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