Des recherches pour faciliter les enquêtes policières

Des recherches pour faciliter les enquêtes policières

Le professeur Cyril Muehlethaler entouré des étudiantes Vanessa Moran et Mylène Falardeau.

Crédit photo : Audrey Leblanc

SCIENCE. Le professeur Cyril Muehlethaler du Département de chimie, biochimie et physique de l’UQTR a entrepris de mettre sur pied une base de données répertoriant une foule de microtraces susceptibles de se retrouver sur les scènes de crime. Lorsqu’identifiés, ces petits indices peuvent s’avérer utiles à l’avancement d’enquêtes policières.

Une microtrace, c’est un tout petit échantillon d’une matière comme de la peinture, un sachet plastique ou du ruban adhésif. En laboratoire, les chercheurs analysent et décortiquent les microtraces afin de connaître leur composition chimique. Un travail qui requiert beaucoup de temps et de minutie, mais qui permet d’obtenir des informations de toutes sortes telles que la marque et le modèle de l’objet à l’origine de la trace.

«Généralement, dans un cas criminel, on nous fournit une trace et un objet et on nous demande s’il existe un lien entre les deux, indique M. Muehlethaler. Par exemple, on pourrait avoir une trace de peinture d’un côté et une canne de peinture de l’autre. On aurait à dire si la composition chimique des deux est identique. Par contre, avec une base de données, on pourrait obtenir des réponses en ayant seulement une trace.»

Les microtraces sont relativement peu exploitées sur les scènes de crime comparativement aux traces comme l’ADN, remarque le professeur. Mais pourtant, elles ont beaucoup de potentiel à ses yeux.

«Si on a une trace et qu’on essaie d’en tirer de l’information, on est au bas de la pyramide d’investigation. Si on a une trace et qu’on peut tout de suite l’associer à quelque chose à l’aide d’une base de données, on fait avancer l’enquête beaucoup plus rapidement», illustre-t-il.

Peintures et sachets plastiques

À terme, M. Muehlethaler aimerait que la base de données inclue des informations sur divers types de peinture, de fibres, d’encres, de plastique, etc. Pour chaque type de traces, plusieurs analyses doivent être faites. C’est pourquoi le professeur et deux étudiantes, Vanessa Moran et Mylène Falardeau, se concentrent, pour le moment, sur les peintures et les sachets plastiques.

«On débute à petite échelle sur un petit territoire, précise Cyril Muehlethaler. L’une travaille sur les sachets plastiques et l’autre sur les peintures. Dans le premier cas, on va dans les magasins pour acheter tous les sacs qu’on y trouve. On veut savoir combien ont des compositions chimiques différentes pour qu’on puisse les distinguer les uns des autres.»

Pour ce qui est des peintures, les chercheurs se sont rendus dans un écocentre pour récupérer les restants qui s’y trouvaient. «On a passé deux jours à échantillonner toutes les peintures qu’il y avait, soit plusieurs centaines. On en a analysé environ 180. Ça nous donne une idée des couleurs les plus communes et des types de résines les plus communes, notamment», explique M. Muehlethaler.

À la fin des recherches, ce dernier aimerait mettre en commun les résultats obtenus avec ceux d’autres laboratoires qui s’intéressent également aux microtraces dans le but d’avoir une base de données la plus complète possible. «Plus on va avoir de données, meilleures seront nos chances de faire avancer les futures enquêtes policières», conclut-il.

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