Des médicaments et des vaccins développés à Trois-Rivières

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Par Marie-Eve B. Alarie
Des médicaments et des vaccins développés à Trois-Rivières
Dr Gary Kobinger, fondateur de GuardRX, Jean Lamarche, maire de Trois-Rivières, et Mario de Tilly, directeur général d’Innovation et Développement économique (IDÉ) Trois-Rivières. (Photo : Marie-Eve Alarie)

Des médicaments et des vaccins seront maintenant développés à Trois-Rivières, tandis qu’un laboratoire sans but lucratif de GuardRX s’installe au Technocentre.

La mission de GuardRX est de participer au développement préclinique et clinique de médicaments et de vaccins contre des maladies négligées et qui n’ont pas d’avenue traditionnelle de commercialisation.

«On se penche sur des traitements qui ne seraient pas développés puisqu’ils ne suscitent pas de motivation financière, mais qui ont un impact certain sur la santé publique. On peut penser aux maladies orphelines, par exemple. En adoptant le modèle d’un organisme sans but lucratif, on parvient à créer des traitements en sauvant de 80 à 90% des coûts», explique le Dr Gary Kobinger, fondateur de GuardRX.

Dr Kobinger est un microbiologiste de renommée mondiale en matière de recherche sur les vaccins. Il a notamment contribué à l’élaboration du vaccin contre le virus Ebola qui entraîne une maladie grave et souvent mortelle.

«Le modèle sans but lucratif nous permettrait, par exemple, de travailler sur le traitement d’une maladie génétique d’une enzyme qui touche 100 patients au Canada, dont 70 au Québec. Pour 100 personnes, ça représente beaucoup d’argent à investir. Essayer d’aller faire du profit sur ce volume, c’est pratiquement impossible. En ce qui nous concerne, on est capable de faire baisser les coûts de développement et des produits auprès des fournisseurs pour offrir le traitement moins cher», explique-t-il.

Au cours des prochains mois, l’équipe du Dr Kobinger qui occupera le laboratoire du Technocentre travaillera à traiter les maladies comme la fièvre de Lassa, la fièvre hémorragique de Crimée-Congo et certains virus respiratoires. Notons qu’aucun pathogène ne sera manipulé au Technocentre.

«On souhaite développer des vaccins et des traitements et, éventuellement, des équipements médicaux dans une structure à but non lucratif qui crée de bons emplois et qui permet de régler des problèmes de santé publique réels. Le virus Lassa, entre autres, compte environ 3000 infections par année en Afrique, essentiellement, et a un taux de mortalité de 35%», précise le chercheur.

Pour l’instant, le laboratoire trifluvien emploie cinq personnes, mais selon l’ampleur des traitements développés, il pourrait prendre de l’expansion. Le laboratoire disposera aussi d’un site clinique afin de réaliser des études cliniques.

«Le système de santé québécois coûte très cher. En ce moment, on utilise des outils et des équipements provenant de source qui veulent faire des profits. C’est correct, mais c’est aussi correct d’arriver avec d’autres médicaments et vaccins à des coûts plus faibles. On veut également aider le secteur privé à développer des traitements pour lesquels les compagnies ne verraient pas de motivation économique», indique Dr Kobinger.

«On croit en ce modèle qui crée des emplois et qui rend service à la population sans être obligé de faire des profits de millions de dollars. Le modèle qu’on adopte fait en sorte qu’on économise des frais en administration et qu’on n’a pas à transférer des profits à des actionnaires, car on n’a pas d’actionnaires. On peut aller chercher des subventions et des dons, mais on évite les investissements de bailleurs de fonds qui veulent récupérer leur investissement», détaille-t-il.

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