Des incohérences pour les couples avec enfant qui n’habitent pas à la même adresse, dénonce un Trifluvien

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Par Marie-Eve B. Alarie
Des incohérences pour les couples avec enfant qui n’habitent pas à la même adresse, dénonce un Trifluvien
Samuel Sénéchal, auteur (Photo : Marie-Eve Alarie)

Samuel Sénéchal est en couple avec sa conjointe depuis huit ans. Pour différentes raisons, ils ont choisi de ne pas habiter ensemble ces dernières années. Depuis le début de la pandémie de COVID-19 en mars dernier, il déplore certaines incohérences dans les mesures sanitaires en ce qui a trait aux conjoints ne vivant pas à la même adresse.

Ils allaient justement faire le saut en vue d’acheter une maison pour habiter ensemble avant que la pandémie ne frappe, ce qui a retardé les plans. Sa conjointe est la mère d’un garçon de 10 ans dont elle a la garde exclusive et que Samuel Sénéchal élève partiellement avec elle depuis le début de leur relation.

«Au printemps, on ne permettait pas aux gens seuls de se visiter. Un chum qui va voir sa blonde dans un autre appartement ou une autre maison était considéré comme un rassemblement. Pendant quelques mois, nous nous sommes vus illégalement en prenant toutes les précautions nécessaires, confie-t-il. Est arrivé l’été lors duquel nous pouvions nous voir et aller chez l’un et l’autre sans problème.»

«Puis, quand la région est tombée en zone rouge, une personne seule pouvait en visiter une autre. Par contre, ma blonde est mère monoparentale. Elle n’est jamais seule. Son garçon est toujours là et, en même temps, je veux le voir lui aussi! On a eu un petit assouplissement pendant les Fêtes, mais avec le nouveau confinement, c’est de nouveau interdit», déplore Samuel Sénéchal.

Lorsque le gouvernement est interpellé sur cette situation particulière, la réponse est la même, poursuit-il: «On fait confiance au bon jugement des Québécois et au bon jugement des policiers. Mon bon jugement me dit que ça fait huit ans qu’on est ensemble. Elle est mère monoparentale et nous travaillons tous les deux de la maison. Où est le facteur de risque? Ma logique me dit d’aller aider ma blonde le soir et donner un semblant de normalité à mon beau-fils. Mais si un policier vient cogner à la porte, aurait-il la même vision des choses?»

Il raconte aussi brièvement l’histoire d’amis qui ont tous deux des enfants issus d’une relation précédente et qui ont refait leur vie ensemble. Toutefois, ils n’habitaient pas sous le même toit quand la pandémie a frappé. Avec les mesures sanitaires, ils ne peuvent pas se voir avec les enfants.

«S’ils veulent se voir entre adultes, ils doivent faire garder les enfants. C’est illogique. Le facteur de contagion devient encore plus grand», fait-il remarquer.

Samuel Sénéchal a eu la surprise de voir une modification apparaître dans la section «Questions et réponses» en lien avec les mesures sanitaires et le confinement. Un nouveau détail est apparu dans une question concernant le couvre-feu.

Je ne vis pas avec mon conjoint ou ma conjointe. Puis-je me déplacer entre 20h et 5h pour lui rendre visite? La réponse est non, mais tout récemment, une précision a été apportée: «Une personne peut passer la nuit chez son conjoint ou sa conjointe, mais ne peut se déplacer entre 20h et 5h.»

«C’est une belle nouveauté, concède le Trifluvien. Il n’est pas précisé si le conjoint doit être seul. En même temps, j’aurais le droit d’aller dormir chez elle, mais pas d’aller patiner ou prendre une marche avec elle et son fils. On s’imaginerait mal demander aux grands-parents de le garder pour que l’on puisse se voir. Ça ne ferait pas de sens.»

«Je suis conscient que la situation est difficile pour tout le monde. Il y a plein de trous dans la gestion de la pandémie et c’est normal. Je ne veux pas encourager la désobéissance civile. Je constate toutefois des incohérences dans les mesures sanitaires pour les conjoints qui n’habitent pas à la même adresse. C’est le cas depuis le mois de mars. On aurait légalement pu se voir cinq mois dans les dix derniers mois», explique-t-il.

Il est chanceux dans la mesure où la situation n’a pas eu d’impact négatif sur sa relation avec sa blonde, mais les deux dernières semaines avec le couvre-feu ont été plus difficiles. «Là, je suis seul chez moi. Je trouve ça long, plate et dur à vivre. Ma blonde travaille 40 heures par semaine et elle doit aussi s’occuper seule de son enfant.»

Un courriel au ministre

Il y a quelques jours, Samuel Sénéchal a envoyé un courriel au ministre de la Famille pour l’interpeller sur les incohérences dans les mesures sanitaires pour les couples avec enfants qui n’habitent pas sous le même toit.

«C’est un enjeu familial, commence-t-il. Je regarde ma blonde. C’est difficile pour les mères monoparentales. On s’est fait une vie ensemble dans les huit dernières années. Nous sommes peut-être moins conformistes dans le style, mais nous sommes fidèles et stables dans notre relation. On s’apporte du soutien. Je donne un exemple à son enfant aussi. On est juste pénalisé parce qu’on n’habite pas à la même adresse et parce qu’il y a un enfant qui fait en sorte qu’on n’est pas deux personnes seules, mais il fait partie de la famille lui aussi. On n’est pas pour l’exclure. On a besoin de notre présence à l’un et l’autre.»

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