Des fleurs locales et écoresponsables

Photo de Audrey Leblanc
Par Audrey Leblanc
Des fleurs locales et écoresponsables
Gabrielle Caron, Aurélie et Mathilde Cinq-Mars avec Émilien et Théodore. (Photo : Audrey Leblanc)

Depuis quelques semaines, un petit champ de fleurs borde la rue Alexandre dans le secteur Trois-Rivières Ouest. Sur cette parcelle de terre fleurit le tout nouveau projet de trois jeunes entrepreneures qui ont décidé de cultiver des fleurs locales sans pesticides.

Gabrielle Caron, Mathilde et Aurélie Cinq-Mars ont planté cette année une soixantaine de fleurs différentes, incluant des variétés sauvages. On retrouve, entre autres, des roses, des tulipes, des pavots, des zinnias et des cosmos. C’est sous le nom Estelle – ferme florale que le trio vend des bouquets fermiers.

«C’est notre première vraie saison, indique Gabrielle. On a quelques abonnements de bouquets fermiers. C’est le même principe que pour les paniers bios. Les gens s’abonnent et reçoivent des fleurs pendant la saison.»

«C’est une année de tests pour nous, ajoute-t-elle. Avec ce projet, on souhaite sensibiliser les gens à la fleur d’ici, de saison. De plus en plus, il y a des clients qui demandent à avoir des fleurs plus écoresponsables. La presque totalité des fleurs que l’on retrouve chez les fleuristes a fait beaucoup de chemin et a pris l’avion. Souvent, elles viennent de Hollande. C’est dommage de voir que les fleurs viennent de loin, surtout quand on peut les faire pousser au Québec.»

Éventuellement, les entrepreneures aimeraient pouvoir fournir des fleuristes du coin. Cette année, étant encore en démarrage, elles ignorent si la production sera suffisante pour le faire. Mais en attendant, il est possible d’acheter des bouquets au Dep Frida sur la rue Sainte-Cécile.

«Notre but ultime, c’est que des fleuristes d’ici vendent des fleurs locales et sans pesticides, mentionne Aurélie. C’est toute la question environnementale qui nous motive. Certains fleuristes nous ont déjà mentionné leur intérêt. C’est encourageant.»

«Il y a de plus en plus de petits producteurs de fleurs comme nous, surtout dans le coin de Montréal et ils écoulent déjà toute leur production là-bas, renchérit Mathilde. Ça ne se rend jamais jusqu’ici. À Trois-Rivières, on est les seules productrices de fleurs locales.»

Revaloriser la flore québécoise

La mission d’Estelle – ferme florale, c’est aussi de mettre en valeur la flore québécoise. «Il y a plein de belles fleurs qui poussent naturellement, notamment sur le bord des fossés. C’est comme si elles avaient été oubliées avec le temps. On veut faire connaître ces fleurs, leur nom, d’où elles viennent et leurs propriétés médicinales», explique Mathilde.

Ce projet, les jeunes femmes d’affaires le mijotaient depuis déjà un bon moment. Chacune de leur côté, elles songeaient à cultiver la terre. Et l’an dernier, le rêve s’est concrétisé. «Mathilde était venue cueillir des camerises avec moi et on s’est mise à parler de fermes florales. Puis, on a décidé de se lancer. Aurélie s’est jointe à nous par la suite», raconte Gabrielle.

Toutes mamans d’un enfant en bas âge, elles jonglent avec les horaires pour travailler à temps partiel sur leur petit lopin de terre. «On y va une année à la fois. Avec nos autres emplois et les enfants, on ne veut rien couler dans le béton. On se garde une marge de manœuvre. Mais chose certaine, il y a beaucoup d’avenues possibles pour la ferme florale. On va s’ajuster en fonction de la demande. Pour l’instant, la réponse des gens est très positive. C’est motivant», conclut Mathilde.

Clin d’œil à une pionnière trifluvienne

Le nom de l’entreprise fait référence à soeur Estelle Lacoursière, une ursuline de Trois-Rivières qui a été professeure de botanique pendant plusieurs décennies à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Elle a, entre autres, signé une série d’herbiers. Pour Gabrielle, Mathilde et Aurélie, donner son nom à leur entreprise est une façon de lui rendre hommage.

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S'inscrire  
Notifier de