Des drains agricoles en plastique recyclé

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Par Marie-Ève Veillette
Des drains agricoles en plastique recyclé
Steeve Dionne, technicien en laboratoire, et Georges Renaud, directeur de l'usine de Maxi-Drain. (Photo : Marie-Eve Veillette)

Saviez-vous qu’une entreprise de Sainte-Françoise, dans la MRC de Bécancour, détourne du dépotoir plus de 3000 tonnes de plastique par année? En effet, pour fabriquer ses drains destinés au marché agricole québécois et ontarien, Maxi-Drain utilise comme matière première des granules de plastique recyclé provenant de sources post-consommateur et post-industriel.

Chaque semaine, entre 60 et 75 tonnes de ces résidus sont fondues et moulées dans l’usine située à l’intersection de la route 265 et du 10e-et-11e Rang Est. Au préalable, le plastique est testé. On examine notamment sa viscosité, sa densité et sa charge minérale, qui donne un indice des additifs qu’il contient.

«On essaie d’aller chercher le plus d’information possible sur le plastique qui nous est acheminé pour être capable, ensuite, de faire les recettes et combinaisons qui conviennent à nos besoins. Par exemple, si on veut produire un drain avec une fluidité moyenne, on va mélanger une boîte de plastique plus fluide avec une autre boîte qui l’est un peu moins», explique Georges Renaud, directeur de l’usine.

Le plastique acheminé à l’usine provient des quatre coins du Québec, de l’Ontario et même des États-Unis, fait savoir de son côté Steeve Dionne, technicien en laboratoire.

«Ce sont des brokers (courtiers) qui nous acheminent le plastique. On ne sait jamais précisément de quelle ville il provient, mais on sait de quel type il s’agit (post-industriel ou post-consommateur). Rien de ce qu’on reçoit n’est uniforme, d’où l’importance de faire les tests.»

À partir des résultats obtenus, l’équipe élabore ses recettes, puis moule son produit final, qui est lui aussi soigneusement testé.

«On évalue la rigidité, l’étirement, etc. Ça nous permet de faire des corrélations entre les différents genres de plastiques utilisés et leurs composantes», poursuit M. Renaud.

L’entreprise produit des drains perforés (munis d’une gaine filtrante ou non, selon les besoins) et des drains non perforés de 4 et 6 pouces de diamètre. Leur durée de vie estimée est de plus de 50 ans.

«On n’est pas nombreux, dans le domaine, à travailler avec du plastique recyclé uniquement. La plupart de nos concurrents qui le font ne produisent que des drains de quatre pouces de diamètre avec cette matière, car plus on monte dans les grandeurs, plus c’est difficile d’arriver à un résultat intéressant. Ça nécessite davantage de tests et de travail en laboratoire.»

Mentionnons en terminant que Maxi-Drain a vu le jour en 2016 à Drummondville. L’entreprise a déménagé toutes ses activités à Sainte-Françoise en 2018. Elle est gérée par La Coop Novago, Vivaco Groupe Coopératif, Excavation Alain Lemay et Jonathan Trépanier.

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