Des cliniques de quartier pour désengorger les urgences

La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) veut innover en matière de soins de santé à travers la province. C’est pourquoi l’organisation souhaite mettre en place des cliniques de proximité ainsi que des petites maisons pour aînées.

La réflexion sur les lacunes du système de santé s’est amorcée en 2008. «Au terme de la réflexion, nous nous sommes dit que c’était à nous de prendre une initiative pour faire les choses autrement. On propose donc des solutions concrètes pour humaniser les soins», affirme la présidente de la FIQ, Régine Laurent.

Les deux projets annoncés ce matin s’inspirent de l’économie sociale et solidaire. Ces cliniques de quartier permettraient à la population souffrant de problèmes de santé mineurs ou ayant besoin d’un ajustement de médication, par exemple, de ne pas avoir à se présenter à l’urgence pour se faire soigner ou obtenir un ajustement de leur médication.

«L’idée, c’est de désengorger les urgences et de libérer du temps médical à l’hôpital pour que les médecins puissent se concentrer sur des cas plus complexes. J’ai eu des enfants. Grâce à ce modèle, quand les enfants commencent à faire de la fièvre à 21h le samedi, on n’aurait pas besoin d’aller à l’urgence. On pourrait soigner ces problèmes mineurs dans des cliniques de proximité grâce à une ordonnance collective. Dans le modèle des cliniques de proximité, les professionnels en soins de santé seront des personnes disponibles de première ligne dans la communauté», précise Mme Laurent.

Le hic…

Même si la présidente de la FIQ affirme que les cliniques pourraient être opérables dès demain matin, l’organisation se trouve confrontée à un problème de taille: obtenir une ordonnance collective.

L’ordonnance collective permet aux professionnels de procéder à une prise en charge en collectivité. Selon la loi, ces ordonnances doivent être livrées par le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de chaque territoire.

«Les CSSS devaient émettre des ordonnances collectives en ce sens, mais ça n’a pas été fait parce que c’est le Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens de chaque établissement qui doit le faire. Comme les CSSS n’ont pas fait cet exercice, on ne peut pas implanter les cliniques de proximité maintenant. Il faudrait qu’on n’ait plus à attendre la permission du CSSS pour faire le suivi de ces maladies chroniques ou des problèmes mineurs», explique Régine Laurent, qui demande au ministère de la Santé d’intervenir pour modifier la loi.

L’implantation de ces cliniques d’entraînerait pas de coûts supplémentaires au réseau de la santé, affirme la FIQ, car «ces personnes ont tout de même besoin d’être soignées». Par contre, un état de situation sera nécessaire dans chaque communauté ou quartier où seraient implantées ces cliniques de proximité.

«C’est un virage majeur! Si on ne fait rien, ça ne s’améliorera pas. Il faut oser, il faut agir et on est prêt à mettre l’épaule à la roue et faire ce qu’il faut pour que ça fonctionne. Il manque de médecins de famille, mais ce n’est pas tout le monde qui a besoin d’un suivi médical. Quelqu’un en santé qui a besoin d’un examen annuel n’a pas nécessairement à prendre le temps du médecin qui remplira la feuille pour qu’on puisse passer des examens de laboratoire», plaide Mme Laurent.

Pas tous besoin d’un CHSLD

Quant à elles, les petites maisons pour ainé(e)s auraient pour but à ne pas déraciner les personnes aînées de leur milieu.

«On m’a toujours dit qu’on ne déracine pas un arbre mature. Pour moi, on ne déplace pas non plus une personne âgée au gré des soins dont elle a besoin. C’est au système de s’adapter. C’est aux soins et aux services de suivre la personne et non l’inverse», soutient Régine Laurent.

«N’oublions pas que beaucoup de personnes âgées n’ont pas besoin d’aller en CHSLD, mais qui ont besoin d’un petit coup de pouce supplémentaire. On veut que les personnes puissent rester dans les petites maisons pour aîné(e)s jusqu’à la fin de leurs jours», ajoute-t-elle.

Mme Laurent cite en exemple le modèle mis en place par la maison Carpe Diem, à Trois-Rivières, pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. «Pourquoi ne pourrait-on pas faire la même chose, mais pour les gens dont la santé physique diminue? C’est ce qu’on veut instaurer. Et le fait de conserver un lien avec la communauté maintiendrait leurs fonctions cognitives», conclut-elle.

«C’est comme déraciner un arbre mature…»

«Arracher une personne âgée d’un milieu familier, c’est comme déraciner un arbre mature», entend-t-on dans la campagne de promotion mise sur pied par la FIQ afin d’informer la population de ses différents projets.

La campagne publicitaire prendra vie dans les médias émergents et traditionnels, ainsi que sur les réseaux sociaux Facebook, Twitter et Youtube.

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