Décès dans un CHSLD: le CIUSSS réagit

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Par Stéphanie Paradis
Décès dans un CHSLD: le CIUSSS réagit
Carol Fillion, président-directeur-général du CIUSSS-MCQ, et Sébastien Rouleau, directeur des services d'hébergement au CIUSSS-MCQ. (Photo : Stéphanie Paradis)

Ce lundi 2 décembre, le CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec tenait à faire le point à la suite du décès d’un résident du Centre d’hébergement Roland-Leclerc de Trois-Rivières. L’octogénaire atteint de la maladie d’Alzheimer a subi une chute vendredi dernier avant de décéder le dimanche suivant. Il avait une fracture du crâne et a souffert d’une hémorragie cérébrale, selon ses proches, à la suite d’une altercation avec un agent de sécurité.

«Je veux transmettre toutes mes pensées et mes sympathies à la famille de M. Guy Bastien. C’est un événement malheureux qui s’est produit et nous allons mettre tout en place pour que de tels événements ne se produisent pas et que l’on puisse connaitre réellement ce qui s’est passé dans notre CHSLD», a prononcé Carol Fillion, président-directeur-général du CIUSSS-MCQ.

Lorsque questionné à savoir pourquoi M. Bastien n’a pas été conduit au centre hospitalier lors de sa chute, M. Fillion s’est abstenu de répondre étant donné l’analyse du CIUSSS et l’enquête du coroner en cours, ainsi que par souci de confidentialité. L’analyse dont il est question permettra d’établir un plan d’action s’il y a lieu d’apporter des correctifs et de bien connaitre ce qui s’est passé.

Il mentionne cependant que généralement, les patients en fin de vie souhaitent demeurer dans le lieu où ils habitent, dans ce cas-ci le CHSLD où, comme le souligne M. Fillion, des soins peuvent tout de même être prodigués.

Sébastien Rouleau, directeur des services d’hébergement au CIUSSS-MCQ, a rapporté que 80% des résidents actuels présentent des troubles neurocognitifs. Selon ce dernier, ces résidents seront souvent appelés à vivre un SCPD, c’est-à-dire des symptômes comportementaux et psychologiques liés à la démence.

«Les SCPD se présentent sous forme de changements liés à l’humeur ou des changements au niveau de certains comportements», a précisé M. Rouleau. Ainsi, des patients généralement calmes peuvent connaitre des périodes d’agitation un peu plus grandes. Notre personnel a à vivre au quotidien avec ces changements-là. Ils doivent adapter leurs stratégies pour être capables d’intervenir adéquatement », a-t-il ajouté.

Rouleau a également tenu à préciser que des chutes comme celle rapportée vendredi dernier sont pratiquement chose du quotidien dans les CHSLD. D’ailleurs, dans chaque situation où il y a un décès à la suite d’une chute, un appel au bureau du coroner est fait pour qu’il y ait enquête.

Carol Fillion a tenu à rassurer l’ensemble des citoyens à savoir que les agents de sécurité sont outillés afin de travailler avec ce genre de patient. Cependant, bien qu’il y ait une formation de base offerte par l’agence d’où proviennent les agents de sécurité, il reste à voir si cette formation est suffisante, ce que l’analyse du CIUSSS tend à révéler. Des consignes spécifiques sont également remises à l’agent de sécurité sur le patient dont il a la charge à chaque début de quart de travail.

« Je suis convaincu que tout le monde devrait mourir en tenant la main de quelqu’un qui l’aime. C’est donc avec beaucoup de sérieux qu’on a commencé à analyser la situation actuelle. Chaque personne qui a été soit un acteur ou un témoin des événements sera rencontrée et nous allons colliger les actions qui ont été posées », a conclu Carol Fillion. Il assure l’entière collaboration de tous les intervenants lors de l’enquête.

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