De l’aide sociale au marché du travail

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Par Jonathan Cossette
De l’aide sociale au marché du travail
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La vie n’est pas faite que de fleurs et d’arc-en-ciel. Elle est parfois dure, parfois parsemée d’embûches. On ne vient pas tous du même milieu et on ne reçoit pas tous la même éducation. Vous connaissez des gens qui sont tombés et se sont relevés? Car oui, c’est possible de le faire, comme ce fut le cas pour Pierre-Olivier (nom fictif).

Pierre-Olivier consommait énormément. Il a pendant longtemps emprunté le chemin des drogues dures jusqu’à ce que son corps atteigne la limite du possible.

«J’avais peur et j’ai atteint un point où je ne pouvais plus consommer. J’ai délaissé mon entourage négatif, mais ça, ce n’était pas un problème pour moi, car je suis quelqu’un de solitaire, tout en étant très social par contre», témoigne-t-il.

«J’avais des problèmes de consommation et c’est à 32 ans que je suis allé en thérapie. J’ai décidé de repartir à zéro et j’ai rencontré une personne du coin. Je suis emménagé avec elle à Trois-Rivières, mais ça n’a pas fonctionné entre nous deux. Par contre, elle avait fréquenté le Centre d’organisation mauricien de services et d’éducation populaire (COMSEP) et on en avait parlé, alors je suis venu voir ce qu’il en était.»

Fort conscient qu’il était de retour dans le droit chemin, Pierre-Olivier a ensuite plongé dans le processus qu’il s’était fixé.

«J’ai choisi de faire le programme de Formation adaptée préparatoire à l’emploi (F.A.P.E.) parce que je voulais retourner sur le marché du travail. C’est très intéressant, car on te présente plusieurs métiers et on essaye de t’orienter selon tes goûts. On t’aide aussi à préparer un curriculum vitae et à passer des entrevues. En même temps, ça m’a aidé pour sortir de l’isolement», se souvient-il.

«Je voulais prendre mon temps pour choisir un travail où je suis heureux d’aller en me levant le matin. Je voulais trouver un emploi dans lequel je serais bien et c’est ce que j’ai trouvé dans le domaine de la restauration. J’ai été chanceux qu’un emploi se libère et qu’un contact de la F.A.P.E. pense à moi. Je suis rentré là de façon subventionnée pendant un an et depuis peu, j’ai eu mon poste permanent. J’ai réussi et je suis content d’aller travailler le matin.»

Bien qu’il ne puisse renier son passé – et ce n’est pas dans ses intentions -, l’homme qu’il est devenu n’a rien avoir avec celui qui consommait.

«J’ai été touché le fond à travers les années, et plusieurs fois même. J’ai tout essayé et j’ai fait tellement de mixtures! C’était dur pour le mental, mais pour le physique aussi. Mon corps ne le prenait plus. Souvent, tu n’es pas le seul à souffrir, mais les gens autour de toi également. Je sais que j’ai joué avec la ligne, et j’aurais dû l’écouter, la ligne», confie-t-il.

«C’est possible de s’en sortir et je pense que les gens le savent. Il y a beaucoup de personnes qui vont en thérapie et qui ne s’en sortent pas, malheureusement. Les gens vont souvent se mentir à eux-mêmes et ils vont planifier leur rechute sans s’en rendre compte. Je ne sais pas ce que je leur dirais vraiment, mis à part qu’il faut s’écouter et avoir une bonne estime de soi. Il faut avoir une bonne santé mentale et garder le moral.»

Il y a fort à parier que le Pierre-Olivier au passé plus sombre n’aurait peut-être pas imaginé être si heureux un jour, surtout sans l’aide de la consommation.

«Les gens disent souvent qu’on ne peut pas aider quelqu’un tant qu’il n’est pas prêt à être aidé. J’étais prêt et je l’ai fait. Je m’étais dit qu’il n’y aurait pas de marche arrière. COMSEP m’a beaucoup facilité la tâche, car j’ai pu y aller tranquillement. Il y a souvent des éléments déclencheurs qui font que les gens peuvent rechuter facilement, mais ce ne fut pas mon cas. Par contre, je ne serais peut-être pas aussi heureux que je le suis présentement sans eux», ajoute-t-il.

«J’aime vraiment Trois-Rivières. C’est certain que plus tu intègres de choses que tu aimes dans ta vie, mieux que ta qualité de vie s’en porte. Une de mes meilleures décisions, c’est d’y être allé à mon rythme et de ne jamais m’avoir obligé à faire des choses.»

Et sa plus grande fierté à ce jour?

«C’est la qualité de vie que j’ai été me chercher et que je n’avais jamais eue. Je suis là aujourd’hui à cause de mon passé, mais j’ai réalisé des choses et dans ma vie maintenant, je pose les bons gestes et j’essaye toujours de voir les choses du bon côté. Je ne suis pas parfait et comme tout le monde, j’ai des trucs à travailler, mais en général, je suis heureux, je suis bien et je suis fier d’être rendu là.»

«Je ne me fixe pas vraiment de projet. Je ne mets pas de pression et j’y vais à coup de petits pas par petits pas. J’y vais petit projet par petit projet. Pour les plus gros projets, ça viendra avec le temps. C’est comme ça que je suis bien», conclut-il.

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