We Told You So : faire sa part pour aider la scène locale

CULTURE. Influencés par le skate punk des années 90 qu’ils écoutaient dans leur jeunesse, les quatre membres du groupe trifluvien We Told You So proposent des paroles engagées ou introspectives sur des riffs de guitare efficaces. Ils sont également derrière la compagnie de production Rebel Sound Collective, qui œuvre à mettre en lumière les artistes et les lieux de diffusion de Trois-Rivières.

Par Émile Héroux / eheroux@icimedias.ca

Jim Giguère, compositeur, chanteur et guitariste, a fondé le groupe en 2015 avec Mathieu Massicotte, à la guitare et aux chœurs. Ambrosio O’Higgins à la basse électrique et Dany Clément à la batterie complètent We Told You So.

Dans le cadre du FestiVoix, les quatre membres du groupe ont eu la chance de jouer la même journée que plusieurs artistes qui les ont inspirés.

« C’est vraiment un honneur », lance Jim Giguère, qui confie avoir vu une douzaine de fois en spectacle le groupe Lagwagon, tête d’affiche du FestiVoix du 2 juillet dernier.

« C’est pas mal notre adolescence. On est tous dans la quarantaine, mais quand on avait 15 ans, c’étaient les grosses années des bands comme Lagwagon, NoFX, Ten Foot Pole, Bad Religion, The Vandals. On a vraiment grandi dans le skate punk. »

We Told You So a vu le jour aux alentours de 2014, né de quelques sessions de jam entre Mathieu Massicotte et Jim Giguère. Le nom du groupe – « On vous l’avait dit » en français – fait référence à une scène du film des Simpsons, mais se veut surtout une prise de position pour rappeler que ce sont « souvent les mêmes erreurs qui sont commises. »

« On a commencé ça vraiment pour le fun. Puis, on a joué pendant un bon cinq ou sept ans quand même steady. Il y a eu peut-être un deux ans où on n’avait pas de batteur, mais là ça va faire 3 ans qu’on est quand même très actifs. On a tourné un petit peu partout au Québec. On a fait quelques dates en Ontario », explique le chanteur du groupe.

En 2018, ils font paraître Fairy Tales For Grown Ups, un album de 11 chansons aux paroles engagées et aux rythmes saccadés. Après huit ans et la sortie de quelques chansons, We Told You So récidive avec A New Frame Of Mind, un projet plus personnel abordant notamment la sobriété du compositeur Jim Giguère.

« Au début, dans les premières chansons que j’écrivais, j’écrivais beaucoup politiquement. Si on parle d’un nouvel album, par contre, c’est un peu plus personnel », raconte-t-il.

« J’ai arrêté de consommer. C’est une nouvelle approche envers la vie. Quand je prends ma guitare, c’est rendu très personnel ce que j’écris. »

Il mentionne notamment une chanson sur sa mère, Anchor in the storm, qui se veut universelle pour que tous puissent s’y reconnaître. La liberté, le changement, la résilience et la santé mentale sont certains des thèmes abordés dans cet opus plus introspectif.

« On est pas mal dans le même genre, punk rock assez classique, à part la dernière chanson qui est vraiment relax et pas du tout dans notre style. On l’a faite avec deux de nos amis, Claudine Roy, qui est pianiste, et Christelle Chartray, qui joue du violoncelle. Les deux font partie du groupe Bears of Legend », détaille le chanteur à propos de My last verse, dont le vidéoclip a été mis en ligne récemment.

Rebel Sound Collective

En parallèle de We Told You So, Jim Giguère est également le président de Rebel Sound Collective, un organisme à but non lucratif qui a pour objectif de promouvoir la scène musicale underground de Trois-Rivières. Jouant à la fois les rôles d’agence de promotion et de compagnie de production, le collectif aide les artistes ou les scènes locales à conquérir de nouveaux publics.

« Ça fait des années que j’organise des spectacles, mais je n’avais pas de nom de production. Donc, on s’est inscrit aux entreprises, puis en un an, on a organisé quelque chose comme une vingtaine de spectacles. »

« Pour nous autres, c’est d’aider les bands d’émergents. On a beaucoup d’amis partout au Québec qui veulent venir jouer à Trois-Rivières. Donc, on facilite la chose. Souvent, des groupes de musique envoient des courriels aux bars ou aux salles de spectacle. C’est très dur de communiquer avec les salles de spectacle et les bars, je pense qu’ils sont un peu débordés », ajoute-t-il.

Rebel Sound Collective offre notamment la coordination entre l’artiste et la salle de spectacle, gère l’équipe technique, s’occupe de la promotion, de la billetterie et des affiches de spectacle, en plus d’assurer une présence à la porte pendant le spectacle.

« C’est tout de même nécessaire », renchérit le bassiste Ambrosio O’Higgins. « Parce que quand on a recommencé à jouer, on avait de la misère à se faire booker un peu à gauche puis à droite. La scène punk au Québec, c’est une petite gang. C’est normal, pareil, c’est le même circuit, c’est le même monde. Au lieu d’attendre quelqu’un pour se faire booker, on a commencé à se booker nous-mêmes. »

Les membres de We Told You So témoignent également de la difficulté pour les groupes de se faire connaître à l’extérieur de Trois-Rivières. Mais, ils ont tout de même l’impression qu’ils commencent à prendre leur place dans cet univers entre les deux grandes villes.

En présentant des artistes de partout dans le monde, Rebel Sound Collective fait bénéficier à la fois les bars, dont l’affluence grimpe les soirs de spectacles, les artistes et les amateurs de musique de Trois-Rivières.

L’organisme propose également les Rebel Sound Live Sessions, pour mettre en valeur les artistes locaux. Il s’agit de performances enregistrées sur le vif dans leur DIY Studio, captées par cinq caméras et une console de son pour une qualité d’image et de son supérieure.

« C’est encore une fois avec le même concept de donner plus de visibilité aux artistes. Les bands sont vraiment contents. C’est quelque chose qui ne se faisait pas ici au Québec. Même au Canada, c’est très rare. On voit ce concept-là en Angleterre, aux États-Unis, mais pas ici », explique Mathieu Massicotte, guitariste du groupe.

Le Rebel Sound Collective s’attèle présentement à l’organisation d’un festival indépendant dédié à la musique punk, hardcore, post-punk, alternative et acoustique.

« Ça va être en 2027. On n’a pas de date encore, mais on travaille vraiment en amont sur ce projet-là. Ça va se passer », conclut Jim Giguère.