Voix de Pasaj veut devenir une passerelle entre la culture artistique d’ici et d’ailleurs

Par marie_eve_alarie
Voix de Pasaj veut devenir une passerelle entre la culture artistique d’ici et d’ailleurs
Sarah Cuillerier-Serre, Christian Coocoo, Doré Sowlo, Sandra Baron, Iara Falcao, Jean-Philippe Marcotte, Pierre-Luc Larouche, Loik Blais et Marie-Eve Boucher au lancement de Voix de Pasaj. (Photo : (Photo courtoisie))

Un nouvel organisme culturel voit le jour dans la région. Plus qu’une nouvelle voie de diffusion, Voix de Pasaj souhaite devenir un lieu de rencontre entre différents types d’art et différentes cultures.

« Depuis 25 ans, je vis entre le Canada et la Martinique. J’ai rencontré Doré Sowlo il y a 23 ans. Depuis ce temps, on monte de petits concerts ensemble et on essaie de réaliser de petits échanges culturels entre nos territoires. En mai dernier, je suis allée en Martinique avec ma famille et j’ai amené un album de Laura Niquay. La réception de l’album en Martinique m’a surprise: personne ne m’a demandé dans quelle langue elle chante et quelles sont ses origines », raconte Sandra Baron, présidente et fondatrice de Voix de Pasaj.

« Le fait qu’ils ne lui cherchent pas une étiquette précise m’a marquée. Ici, ce qu’elle fait est identifié comme de la musique autochtone, c’est tout.  Beaucoup d’artistes antillais vient la même chose face à la France. Par exemple, une musique n’est pas qualifiée de jazz, seulement de musique antillaise », précise-t-elle.

C’est de là que l’idée d’une passerelle a émergé. L’objectif: permettre la rencontre créatrice et productive des arts d’ici et d’ailleurs. L’organisme veut établir des liens de co-création entre les artistes bien ancrés dans leur communauté locale, qu’elle soit québécoise, antillaise, autochtone ou composée de nouveaux arrivants.

« On veut que des artistes très talentueux qui refusent le compromis artistique de la radio commerciale ou de cases particulières puissent arriver à faire des co-créations un peu improbables, explique Mme Baron. Avoir Voix de Pasaj, on souhaite faire des croisements territoriaux, mais aussi entre différents secteurs de l’art. »

Lors du lancement en novembre, les textes d’une poétesse d’ici ont été mis en image par une peintre brésilienne, tandis que l’artiste atikamekw Jacques Newashish a collaboré avec Doré Sowlo, un auteur-compositeur-interprète de la Martinique. Ce dernier a également pris part à une tournée organisée par Culture Mauricie dans les communautés Atikamekw de Wemotaci, Obedjwan et Manawan par l’entremise de la coopérative Voix de Pasaj.

« J’ai déjà pu faire la tournée dans les communautés autochtones et rencontré plusieurs artistes qui m’ont touché dans leur créativité, dans leur façon d’être. Ce type de rencontre nous nourrit comme artiste. Être dans cette immersion dans les communautés autochtones nous rapproche d’eux. Ça nourrit et ça donne envie d’écrire des choses. Ça m’a redonné espoir en plein de choses aussi », souligne Doré Sowlo.

L’auteur-compositeur-interprète antillais occupe la vice-présidence du conseil d’administration de Voix de Pasaj. « Ma part à moi, c’est le côté français. C’est de pouvoir permettre que cet aspect de passerelle puisse exister véritablement. Il fallait une prise de contact directe. On a des artistes qui pourraient cohabiter ensemble sur des créations », poursuit-il.

La vie de l’œuvre après sa création

Les services offerts par l’organisation culturelle vont de l’élaboration et l’encadrement de productions à l’organisation de productions scéniques et d’expositions d’arts visuels, en passant par la diffusion, l’édition et la distribution. Voix de Pasaj s’intéresse aussi à la vie de l’œuvre après sa création.

« Souvent, les programmes de subvention vont soutenir la création, mais après, ça s’arrête là. On aimerait se spécialiser en récupération des droits intellectuels et dans la rétribution d’utilisation des œuvres, explique Sandra Baron. On pourrait, par exemple, encourager des élus à tenir leurs conférences de presse devant des œuvres de nos artistes. Ainsi, les artistes recevraient une rétribution en raison de la diffusion de leur création. »

Voix de Pasaj entend également travailler à faire promener les œuvres en arts visuels, en arts littéraires et en arts de la scène dans différents territoires.

Des projets plein la tête

Voix de Pasaj élabore un projet de médiation culturelle avec une école secondaire de la région afin de travailler avec les néo-Trifluviens – qu’ils arrivent d’une autre région du Québec ou d’un autre pays – sur la production d’une chanson qu’ils réaliseront sous le mentorat des membres de Voix de Pasaj. 

« C’est aussi dans notre mission de démocratiser le processus, de permettre cette passerelle entre le citoyen et l’artiste et entre les jeunes du milieu scolaire dans un contexte moins formaté. Voix de Pasaj donne aussi une vitrine à des artistes qui ne seraient pas nécessairement présentés ailleurs », mentionne Sandra Baron.

Le service de développement artistique interculturel explore également un projet avec les Sages Fous.

Pour les prochains mois, l’organisme mettra des efforts pour faire augmenter son bassin de membres. « On a déjà 19 membres dispersés en France, dans les Antilles, au Québec et sur le territoire Atikamekw, autant des artistes en édition, en poésie, en théâtre et dans les arts de la scène que des organismes culturels. C’est un bassin déjà super intéressant pour débuter. J’aimerais que Voix de Pasaj devienne une passerelle incontournable pour amener des créations à grandir par le métissage et par la diffusion hors des réseaux traditionnels », conclut-elle.

 Pour suivre les activités de Voix de Pasaj: https://www.facebook.com/Voixdepasaj

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