Une compétition artistique, mais surtout amicale

Une nouvelle initiative veut donner aux jeunes artistes du secondaire le goût de se dépasser comme des sportifs. La Ligue d’improvisation artistique (LIA), un projet de l’artiste Marie-Sol St-Onge et de son conjoint Alin Robert, débutera en février prochain dans plusieurs écoles de la région.

PAR ÉMILE HÉROUX / eheroux@icimedias.ca

Allier l’esprit de compétition du sport à la créativité artistique, voilà l’idée derrière la LIA, un projet inédit qui voit le jour cette année en Mauricie. Marie-Sol St-Onge, artiste peintre, et Alin Robert, auteur jeunesse, ont imaginé ensemble cette formule qui permet aux jeunes artistes visuels de faire valoir leur talent.

« Quand un sportif arrive à l’école secondaire, il a le choix entre plein, plein, plein de sports en parallèle, mais quand on touche aux arts, là, l’offre est beaucoup plus réduite », explique Marie-Sol, soulignant l’espace que la LIA veut combler.

Sept rencontres auront lieu certains samedis et dimanches entre le 22 février et le 25 avril, jour de la grande finale à laquelle parents et amis sont conviés. Lors de cette dernière confrontation, qui fera également office d’exposition pour les œuvres créées au fil des défis, des médailles et une bannière seront remises aux artistes.

Au début de chaque joute de 90 minutes, les participants se verront imposer un thème et un médium. « Est-ce que ça va être du fusain, du pastel, du crayon, du feutre; ils le découvriront le matin même », précise Marie-Sol.

« Oui, il y a la base qui est imposée à tous, mais on veut surtout que les jeunes développent leur créativité, qu’ils aillent plus loin. L’originalité va assurément être un point qui va être évalué par les trois juges à l’aveugle. »

Une formule inspirée du sport

« L’idée est venue du cerveau de mon amoureux, Alin, raconte Marie-Sol St-Onge. C’est un sportif depuis toujours, et ce projet-là, c’est un peu l’amalgame de nos deux parcours. »

L’artiste visuelle a rapidement embarqué dans le projet, se rappelant à quel point ce genre de défis a nourri sa confiance.

Plus jeune, elle participait régulièrement à des concours de dessin, dont ceux organisés par Desjardins. Elle se souvient s’être même déjà classée deuxième au niveau national en cinquième secondaire, une reconnaissance qui l’a encouragée à faire carrière dans l’art.

Pour elle, la LIA peut jouer ce rôle de tremplin pour une nouvelle génération de créateurs qui manquent souvent d’opportunité de se dépasser en dehors des cours. Les rencontres seront aussi l’occasion idéale d’explorer différents médiums et, peut-être, d’en découvrir un pour lequel naîtra une véritable passion.

Pas d’IA à la LIA

Marie-Sol voit dans la Ligue d’improvisation artistique un rempart contre l’uniformisation due à l’intelligence artificielle. « C’est un beau pied de nez à l’IA, lance-t-elle. Ce n’est pas parce qu’on a des outils pour le faire à notre place que ce n’est pas plus important de continuer à réfléchir, à avoir de l’imagination, à avoir de la créativité. »

Les règles sont claires pour contrer toute tentation  : pas de cellulaire durant les rencontres, et aucune inspiration tirée d’Internet. « On veut que les élèves participants aillent chercher leur imagination à eux, leur façon de dessiner aussi », insiste l’artiste, confiante en cette approche humaine.

Tous les artistes en arts visuels du secondaire en Mauricie sont invités, puisque les admissions ne se limitent pas aux élèves des sept écoles où les séances ont lieu. La date limite pour s’inscrire sur le site de la Ligue d’improvisation artistique (https://lesillusarts.com/inscription-lia) est le 13 février, et la première joute aura lieu le 22 février.