Rétrospective 2014 | Les conservatoires régionaux en péril… puis sauvés

RÉTROSPECTIVE. L’année du 50e anniversaire du Conservatoire de musique de Trois-Rivières a été mouvementée, principalement lors que le président du conseil d’administration du Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec a déposé son rapport en n’émettant qu’une seule recommandation: fermer les conservatoires régionaux pour éponger le déficit devant lequel l’organisme était confronté.

Cette annonce faisait suite au processus de consultation entamé dans l’intention de recentrer la mission des conservatoires de la province. La multiplication des organismes dédiés à la formation musicale, publics comme privés, ainsi que la diminution des demandes d’admission en musique à travers le réseau étaient la motivation de ce processus.

La réaction de la population et des artistes à travers le Québec a été vive: les étudiants de tous les conservatoires régionaux visés (Trois-Rivières, Rimouski, Gatineau, Saguenay et Val d’Or) ont manifesté dans leur ville respective et sur le terrain de l’Assemblée nationale et plusieurs artistes de tout horizon se sont exprimés sur la place publique.

«On s’est senti attaqué de l’intérieur. Ça faisait mal comme situation, une trahison d’une certaine façon», soulignait alors Francine Dufour, enseignante au Conservatoire de musique de Trois-Rivières et à l’école Jacques-Hétu, membre de l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières et membre de l’exécutif syndical au Conservatoire.

Plusieurs journées plus tard, la ministre de la Culture et des Communications, Hélène David, a renversé la recommandation du CA du Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec en annonçant qu’il n’était pas question de fermer les cinq conservatoires régionaux.

La directrice du Conservatoire de musique de Trois-Rivières, Johanne Pothier, était évidemment soulagée par cette annonce: «On savait ce matin que tout était entre les mains de la ministre. Elle a dit qu’elle était aux côtés des régions, que les conservatoires des régions sont là pour demeurer. Donc c’est certain qu’on a le cœur plus léger ce soir. Cependant, ça va prendre un plan pour revoir notre structure, chacun de notre côté. Nos exigences devront être d’autant plus grandes si on veut continuer de mériter notre chapeau d’élite musicale. Là, il faut trouver où l’on peut économiser».

À suivre en 2015: quelles seront les mesures imposées aux conservatoires de la province pour éponger le déficit? Des coupures sont-elles à prévoir? Les budgets seront-ils amputés?