Quand le Glitch mène la danse!

C’est un voyage dans l’imaginaire auquel auront droit les jeunes spectateurs qui iront voir Glitch, un spectacle de danse spécialement conçu pour les enfants de 6 ans et plus, le 16 avril à la Maison de la culture.

Fantastique et surréaliste, Glitch plongera les jeunes spectateurs dans le mystérieux sous-sol d’un théâtre abandonné. C’est du moins ce que pensent les quatre intrépides qui entreront dans cet univers qui s’apprête à les transformer. Et il y a le Glitch, un laser particulier qui agit comme cinquième personnage sur scène. 

« Il y a des coffres de costumes qui traînent. Ils se déguisent, fouillent dans les coffres. Le costume dirige la sorte de chorégraphie que danseront les personnages, tandis que le laser vient diriger le jeu. Il change parfois de forme. Il bouge. Il peut venir ralentir la vitesse d’un personnage, les faire disparaître, explique Hélène Langevin, idéatrice, chorégraphe et metteuse en scène du spectacle.

Pour cette production, elle a eu envie de jouer avec l’étrange. « C’est vraiment le sous-texte qu’on gardait en tête en créant Glitch. Même si des mouvements étaient très beaux, on pouvait les laisser tomber, car on perdait le côté étrange. On s’est beaucoup amusé à concevoir des chorégraphies étranges, mais sans sombrer dans la peur », précise la Trifluvienne d’origine.

Même si le spectacle a initialement été conçu pour un public d’environ 10 ans, il reçoit également un bel accueil auprès des plus jeunes.

« Ça m’a surprise, confie Hélène Langevin. Je me souviens que dans les débuts, on a présenté Glitch pour un rodage. On s’attendait à un public plus vieux, mais ils avaient amené des enfants de maternelle et de prématernelle. Au final, ils ont adoré! Ils tapaient des mains. On voit que le laser amène beaucoup de réactions chez le public. Il change de forme, de couleur. C’est intéressant, car il n’est pas utilisé comme lumière de scène. »

Dans ce terrain de jeu sans limites où les éléments et les protagonistes sont intimement liés, Glitch convoque les imaginaires et amène le spectateur à se questionner et à appréhender l’imprévisible. 

« La création pour les jeunes publics est importante. Ça ouvre la créativité et l’imagination, plaide Mme Langevin. Ça vient aussi montrer à l’enfant que c’est possible d’être comédien, être danseur et performer sur une scène. Ça ouvre des possibilités. C’est aussi d’aller au théâtre voir de l’art vivant et vivre cette expérience avec un groupe, d’autres gens qui réagissent en même temps. Tu n’es pas seul devant un écran. Il y a une valeur ajoutée à aller voir des spectacles vivants. Certains préféreront plus la danse, d’autres le théâtre, le cirque ou la marionnette, mais ça viendra assurément toucher ton imaginaire et éveiller une corde sensible. »

La représentation débutera à 15h à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture. Quelques billets sont encore en vente au www.cultur3r.com ou à la billetterie de la salle J.-Antonio-Thompson (819 380-9797).

(Crédit photo: Suzanne O’Neill)

L’art de créer pour les enfants

Originaire de Trois-Rivières, Hélène Langevin n’en est pas à ses premières armes dans la création jeunesse. Bien au contraire! Après la dissolution du collectif Brouhaha Danse qu’elle avait cofondé en 1987 avec trois autres chorégraphes, elle a mis sur pied Bouge de là en 2000. La compagnie se spécialise dans la création de spectacles s’adressant aux enfants âgés de 3 à 10 ans. 

Ce projet allait un peu de soi pour elle. Dès l’âge de 20 ans, elle enseignait la danse créative aux enfants. « J’ai ce don de faire bouger les enfants, les faire improviser, découvrir ce que peut faire leur corps, les formes, les rythmes. Être en contact avec les enfants par l’art, c’est mon petit bonheur. Je suis une personne ludique et joyeuse. J’aime être dans l’amusement et l’émerveillement. En faisant des spectacles pour un jeune public, ça me permettait aussi de pouvoir aller dans les écoles pour donner des ateliers de danse. Ça venait rejoindre mes deux passions: enseigner et faire des spectacles pour les enfants », raconte-t-elle.

Elle aime aussi particulièrement la spontanéité des jeunes lorsqu’ils assistent à un spectacle. « Pendant le spectacle, tu sais quand un jeune public aime ce que tu fais. Ils sont très spontanés. Il arrive souvent qu’ils imitent des mouvements de bras, note-t-elle. L’avantage de la danse, c’est qu’il n’y a pas de texte. C’est le corps des danseurs qui parle au corps des enfants et ça peut entraîner un mimétisme. Les enfants ont besoin de bouger aussi et, souvent, après le spectacle, ils vont danser chez eux. Cette expérience va les nourrir. »

Mais pour que ça fonctionne, le rythme du spectacle doit être très précis, puisque la concentration des enfants est de courte durée. « Je change souvent le dynamisme du spectacle. Mon décor est important, les costumes aussi. Il doit y avoir des changements de texture dans le rythme du spectacle également, explique-t-elle. Je travaille beaucoup dans le visuel, d’où la présence du laser dans Glitch. Aussi, il ne faut pas infantiliser les enfants. Au contraire: on les pousse pour aller dans l’imaginaire. La danse, c’est de la poésie et on ne vit pas tous la même chose lors d’un spectacle. »

« Il faut aussi que l’enfant puisse s’attacher à la danse, ajoute-t-elle, qu’il comprenne pourquoi les danseurs bougent comme ça. Par exemple, une danse peut soutenir une situation d’énervement et on comprend l’émotion, bien que la danse soit toujours abstraite. »

Depuis ses débuts, la compagnie Bouge de là a donné tout près de 1400 représentations en théâtre, réalisé plus d’une centaine de performances et mené près de 4300 ateliers de médiation culturelle.