Pleins feux sur de jeunes talents!

Laurence Beaulieu-Roy enseigne les arts et l’infographie à l’école Chavigny. Elle souhaite faire découvrir le talent des élèves du secondaire, des jeunes artistes qu’elle croise au quotidien. Et pour ce faire, elle a mis sur pied une galerie d’art virtuelle.

Laurence Beaulieu-Roy a eu cette idée il y a deux ans alors qu’elle était à une autre école. Les enseignants prenaient le temps d’accrocher des œuvres des élèves sur les murs de l’école, mais elle voyait les élèves avec les yeux rivés sur leur cellulaire. «Ils ne regardaient même pas les œuvres dans le corridor. J’ai 28 ans, je suis quand même branchée sur les réseaux sociaux. J’ai pensé à un truc pour que les élèves aient du contenu artistique pour les influencer de la bonne façon sur les médias sociaux», raconte-t-elle.

Laurence a jeté son dévolu sur Instagram, l’un des réseaux sociaux chouchous de ses élèves, pour créer cette galerie d’art virtuelle qui compte maintenant un peu plus de 2000 abonnés.

C’est aussi une façon de donner une petite tape dans le dos aux jeunes qui créent. Laurence Beaulieu-Roy souhaitait qu’ils ressentent de la fierté quand ils exposent une œuvre et qu’ils soient appréciés par d’autres jeunes de leur entourage.

Coup d’oeil sur la galerie virtuelle.

Des concours inspirés de différentes thématiques sont proposés aux jeunes artistes de façon fréquente.

Elle sent d’ailleurs que ça les motive.

«Quand j’ai créé le compte Instagram, les élèves riaient un peu de moi avec les 11 abonnés au compte. J’étais bien convaincue et motivée et j’ai vu que ça encourageait aussi les élèves. Ils savaient que leurs œuvres avaient une chance d’être vues. Je les sentais plus engagés dans leur réussite à l’idée que leur œuvre serait peut-être choisie pour être divulguée sur la plateforme», explique Laurence Beaulieu-Roy.

Elle parle notamment d’une de ses classes qui comptait une trentaine de joueurs de football.  «Ils se motivaient entre eux.»

«Je pense que le fondement de la mission des Jeunes artistes, c’est vraiment de promouvoir le talent des jeunes. Il y en a au Québec. On découvre de petits bijoux!» confie l’enseignante.

Pas du «bricolage»

Sur la galerie d’art virtuelle que l’on retrouve sur Instagram à @lesjeunesartistes, on peut découvrir des murales collectives, du pixel art à l’aide de petites perles, des œuvres de typographie, du dessin, du moulage, des collages, des œuvres inspirées du style de grands artistes et bien plus.

«J’aimerais qu’on puisse promouvoir davantage les arts chez les jeunes, promouvoir l’art au secondaire. Beaucoup de personnes pensent qu’on fait du bricolage. Au football, les joueurs reçoivent des médailles, ils se font remarquer. Dans une école, il y a des artistes et peu de gens le savent. Ça se cache dans les cahiers», remarque-t-elle.

Laurence Beaulieu-Roy est à même de constater que les jeunes sont assez allumés en ce qui a trait aux arts. «Ils développent beaucoup de curiosité grâce à des tutoriels sur Youtube. Ils sont très à l’avant-garde dans certaines techniques.»

Un petit comité d’élèves a été formé à l’école Chavigny. Leur mission : installer des œuvres dans l’école et aider à la sélection des œuvres affichées. Le comité est composé de Lucas Poudrier et Justin Vallerand (1re secondaire), ainsi que de Laurianne Pellerin et de Florence Béchard (5e secondaire). De son côté, Sandra Pellerin s’occupe de la gestion de la page Facebook Les jeunes artistes.

Ce sont aussi ces élèves qui écrivent les publications sur les médias sociaux de la galerie d’art virtuelle et qui annoncent les thèmes des concours.

«La galerie d’art virtuelle est un projet qui a besoin d’amour et de gens autour», ajoute Laurence Beaulieu-Roy qui effectue les tâches reliées à la galerie d’art virtuelle de façon bénévole. Elle conçoit d’ailleurs des bijoux dont les profits reliés à leur vente servent à remettre des prix aux gagnants des concours.

Ultimement, l’enseignante rêve que ce projet puisse devenir un organisme sans but lucratif. Que les œuvres des élèves puissent rayonner encore davantage. Car elle sent un intérêt provenant de l’extérieur de la ville. Elle voit des écoles de plusieurs autres villes du Québec et même des gens de la France qui s’abonnent à la page Instagram @lesjeunesartistes pour suivre les projets des jeunes.

Elle aimerait aussi voir d’autres personnes se joindre au projet. «Il manque de personnes autour de moi pour faire émerger ce beau projet. Ça a de l’importance pour les élèves», conclut-elle.