Mémoires de draveurs

MUSÉE. À l’occasion de son cinquième anniversaire d’existence, le Centre d’histoire de l’industrie papetière Boréalis donne la parole à des draveurs qui ont œuvrés sur la rivière Saint-Maurice à travers le court-métrage «Mémoires de draveurs».

Le court-métrage est diffusé au cœur de l’exposition permanente à l’Espace mémoire. Il est prévu qu’un nouveau court-métrage avec une thématique différente chaque année y soit diffusé.

«Cette année, ça fait 20 ans que la drave a cessé sur la rivière Saint-Maurice. Je trouvais que c’était important de se remémorer la drave. On avait le goût d’amener les visiteurs dans un voyage différent, de les amener dans quelque chose de plus profond», explique Valérie Bourgeois, directrice de Boréalis.

Dernière rivière ayant connue la drave au Québec, la rivière Saint-Maurice a vu cesser de flotter les billots de bois en 1995. Cet arrêt a grandement touché la région. D’une durée de cinq minutes, Mémoires de draveurs raconte les répercussions qu’a eues cet arrêts sur ceux qui l’ont vécu de près par le biais de témoignages authentiques issus de la collection de Boréalis.

Gilles Corbin est l’un des draveurs qui a été rencontré dans l’élaboration de ce court-métrage. Chez les Corbin, la drave était une histoire de famille.

«J’ai tellement été touché en voyant le film. J’avais le cœur gros pas mal. C’est l’histoire de ma vie, mais aussi celle de mon grand-père, de mon père et de mes cousins, confie-t-il. J’avais vraiment pensé qu’on tombait dans l’oubli. Quand cette équipe est arrivée, on était heureux, les draveurs qui restent. Il en reste peu. On revient à la surface. Nos enfants et nos petits-enfants vont connaître ce que leur grand-père a fait.»

«Il s’est tellement passé de choses. J’ai connu une centaine d’hommes. Il est arrivé des malchances. Je n’ai pas vu de noyades, mais il y avait des accidents. C’était un métier dangereux. Souvent, quand on finit, on a mal partout parce que le corps mange un coup, mais on aimait ça», ajoute-t-il.

Il sera d’ailleurs possible de rencontrer des draveurs lors de deux Journées mémoires qui se tiendront à Boréalis au cours de la prochaine année.

Les visiteurs pourront s’entretenir avec eux à l’occasion d’une visite spéciale du musée en leur compagnie.

La première Journée mémoire  aura lieu au mois d’avril et se fera en compagnie d’anciens bûcherons et draveurs. L’autre journée, en été, mettra en vedette d’anciens papetiers.

Mémoires écrites

Toujours pour souligner les cinq ans du musée, un livre sur l’histoire des pâtes et papiers à Trois-Rivières sera lancé par Boréalis à l’hiver 2016. Dans cette publication, on retrouvera de nombreuses photos inédites de la collection du musée ainsi que des témoignages.

Les lecteurs pourront découvrir le quotidien des bûcherons, draveurs et papetiers, mais aussi les dessous de l’usine et ses secrets.

Pour conclure les festivités, Boréalis proposera aussi une exposition de photographies inédites issues de sa collection où la mémoire des anciens de la C.I.P. sera mise à contribution.