Mariage improbable entre les univers d’Yvan Genest et Marie-Josée Roy
La Galerie d’art Berthelet marie les univers d’Yvan Genest et de Marie-Josée Roy dans l’exposition Hautes fréquences, présentée jusqu’au 16 novembre au centre-ville de Trois-Rivières.
Leurs univers se montrent pourtant très différents au premier abord. Yvan Genest est inspirée par la culture mexicaine, le néo-expressionnisme et la figuration libre, tandis que Marie-Josée Roy, qui conjugue peinture et sculpture depuis plus de 30 ans, s’exprime par le métal. Pourtant, le mariage fonctionne.
“Je trouvais qu’ils partagent la même énergie, la même synergie au niveau spirituel, mais aussi cette façon de raconter des histoires avec des personnages qui sont à la fois fragiles et fort. Quand je monte mes salles d’exposition, j’aime toujours mixer les sculptures et les peintures. Je trouvais que leurs univers se joignaient parfaitement”, raconte Caroline St-Pierre, copropriétaire et directrice artistique de la Galerie d’art Berthlet.
“Je trouvais que c’était intéressant aussi de pouvoir voir comment l’un percevait l’univers de l’autre, ajoute-t-elle. Je crois que peu importent les couleurs, les techniques et les matières, les deux artistes ont pu faire naître quelque chose d’unique pour cette exposition.”
Le titre Hautes fréquences évoque les ondes de communication à longue distance, une métaphore des liens invisibles qui unissent les univers de Genest et Roy et qui travaillaient à distance l’un de l’autre dans le cadre de cette exposition. D’ailleurs, les deux artistes se sont rencontrés pour la première fois durant la préparation de l’exposition.
“J’aime beaucoup les sculptures de Marie-Josée. Ça m’a interpellé. On a des lignes semblables et ça m’a beaucoup inspiré pour faire cette exposition de concert. Nous aimons tous les deux explorer, aller à la limite. elle s’est branchée sur mon travail et vice versa, sans copier”, souligne le peintre montréalais Yvan Genest.
“J’étais vraiment contente quand on m’a proposé cette exposition parce que j’aime beaucoup le travail d’Yvan, lance Marie-Josée Roy. Il y a beaucoup de symbolisme dans son travail. J’ai revisité un peu tout ça de mon côté. Lui est très coloré dans son art. Moi, je travaille le métal. C’est plus monochrome. Je trouvais que c’était complémentaire à ma démarche et à la matière que je travaille.”

(Photo Marie-Eve Alarie)
“On partait avec une idée de départ et on échafaudait là-dessus, explique la Trifluvienne d’origine. Dans le processus, j’ai découvert un artiste engagé, fou et joyeux! On a établi quelques pistes de direction. Pour ma part, j’ai scruté à la loupe toutes les petites grafignes qui sont intégrées dans les peintures d’Yvan et tout les symboliques dans ses œuvres. J’ai ensuite travaillé mes sculptures et explorer des choses que je ne faisais pas d’habitude.”
“Souvent, on a une intention quand on commence une œuvre, puis ça devient autre chose. Cette collaboration a été stimulante et a amené de l’inspiration. C’était en quelque sorte une saine compétition. Il fallait que j’aille plonger plus loin dans ma peinture”, confie M. Genest.
“Ça m’a vraiment fait sortir des sentiers battus de ce que je fais normalement. J’ai hâte de voir, par la suite, ce qui restera de cette collaboration dans les prochaines œuvres que je ferai”, conclut Marie-Josée Roy.
