LOONIES : aller à l’essentiel

Pour les trois membres des LOONIES, l’essentiel est d’avoir du plaisir sur scène. Le reste, la musique brute ou l’attitude irrévérencieuse, vient naturellement. Cet été, le groupe de grunge trifluvien se concentre à l’écriture de nouveau matériel, mais sera tout de même en spectacle le 14 août au Café-Bar Zénob.

Par ÉMILE HÉROUX / eheroux@icimedias.ca

Le trio est formé de Renaud Desgagné, guitariste et chanteur, de Damien Rawlings, batteur, et de Jay Lewis, bassiste et chanteur. L’univers des LOONIES se veut cru et sans artifices, digne de leur religion qu’est le grunge.

« L’attitude est agressive, mais le message est « borderline hippie » », résume Damien Rawlings. Car, si certaines chansons traitent de sujets plus mordants qui collent bien à la musique brute, d’autres partagent un message plus sensible.

« Les tounes que j’apporte sont souvent très orientées sur l’amour. Je trouve que c’est le fun de pouvoir associer de la musique hyper puissante, très rough, mais avec un message plus doux », explique Renaud Desgagné.

Les trois musiciens étant pour la plupart autodidactes, leurs premières répétitions marquent aussi leur première expérience à jouer avec d’autres, il y a quelques années. Après le départ d’un membre, la formation adopte définitivement la formule trio.

« C’est rare un peu les trios dans notre style de musique, mais ça ramène le côté vraiment cru. C’est clair et net ce qui se passe sur scène. »

« Les LOONIES, c’est très simple, ça rentre au poste. C’est très pur, on n’a pas besoin de mille trucs, on garde l’essentiel. On n’a pas beaucoup de pédales de guitare, on a de la distorsion, c’est tout. Si je pouvais, je me brancherais direct dans l’ampli », détaille Renaud Desgagné.

En musique comme sur la scène, avoir du plaisir demeure l’objectif des trois musiciens.

« En show, c’est vraiment notre force, c’est vraiment très énergétique. On crie dans le micro. La guitare est forte, la basse est forte. Damien drumme comme jamais, il tapoche comme un fou. Ça fait juste un mur de son qui te rentre dedans », témoigne le guitariste et chanteur.

« Je ne pense pas que j’ai fini un show à date où mes morceaux de drum étaient intacts. Il y a des affaires qui revolent de tout bord tout côté, il y a toujours quelque chose qui se brise. Plus ils sont fous dans le public, plus on va l’être », ajoute le batteur.

Cette ambiance, selon les LOONIES, permet aux spectateurs de se défouler, de se relâcher et d’apprécier le moment à fond.

« Je pense que n’importe qui qui vient va réaliser qu’on n’est peut-être pas le meilleur groupe en termes de musique, à leur oreille, mais ils ont eu du fun. Ils vont s’en rappeler de ce spectacle-là pendant un bon bout, parce qu’il y a tout le temps quelque chose qui vient chercher le monde. »

L’univers du trio n’est pas sans rappeler celui du mythique groupe Nirvana, un parallèle que Renaud Desgagné ne souhaite pas revendiquer malgré son fort attachement au groupe.

« La comparaison avec Nirvana, c’est juste qu’on est un trio et qu’on casse un peu tout quand on est sur la scène. J’avais les cheveux plus longs avant, je portais des chemises carreautées et on gueulait dans le micro. Tout le monde était comme « on dirait Kurt Cobain ! » et ça me faisait tellement chier. Mais c’était quand même une gigantesque inspiration quand j’étais jeune », relate-t-il.

« Sans trop vouloir se comparer à Nirvana, mais qu’on le veuille ou non, c’est quand même des affaires que le monde remarque. Veut, veut pas, c’est probablement l’inspiration principale du groupe », nuance son collègue Damien Rawlings.

Ce dernier est plutôt issu de la culture métal, affirmant être entré dans l’univers des deux autres par le son cru de Nirvana. Renaud Desgagné cite comme inspiration des artistes de la contre-culture, comme Bob Dylan et les Beach Boys, alors que Jay Lewis, influencé par le punk de la fin des années 90, représente quant à lui le juste milieu entre les deux autres.

LOONIES sur scène. (Photo : Willo Olsen)

« C’est sûr que Trois-Rivières, c’est quand même sandwiché entre deux plus grosses villes. Même les gens d’ici qui commencent un groupe vont souvent finir par vouloir aller à Montréal ou à Québec, parce qu’ils auront plus d’opportunités, plus de chances », remarque Damien Rawlings.

Malgré certains défis liés à cette situation, les membres du groupe soulignent certaines initiatives locales qui contribuent à dynamiser la scène musicale trifluvienne. Des événements comme La Quarence ou le FestiVoix offrent une vitrine intéressante pour les artistes locaux.

« Ça donne des chances à plein de bands d’avoir une voix et de pouvoir jouer. Je trouve que c’est en voie de se faire un nom pour que ça soit reconnu quasiment à travers le Québec », souligne Renaud Desgagné.

Actuellement en processus de création de nouveaux morceaux, les LOONIES se produiront au Café-Bar Zénob le 14 août, à l’occasion d’un plateau triple avec les Trifluviens Méchante Haria et Mr Spirale et Les Anges, de Montréal.

« Il y a beaucoup de band qui vont dire qu’ils le font pour le plaisir, mais à la fin de la journée, ils veulent le glitz, le glamour, l’argent, le ci et le ça. Si on oublie de demander de se faire payer à la fin d’un show, quelque chose qui est arrivé des millions de fois, on n’en reparlera pas après. On s’en fout, on est là pour avoir du fun », conclut Damien Rawlings.