Les « casse-têtes à l’infini » de Marilie

La première fois que Marilie Laferté a vu l’une de ses œuvres exposée dans une salle d’exposition il y a quelques semaines, elle a eu un mouvement de recul. La surprise. L’émotion. Un sentiment indescriptible.

Il faut dire que ce n’est pas quelque chose qu’elle avait prévu dans son parcours de vie. Elle a toujours aimé les arts visuels, certes, visitant fréquemment musées et galeries d’art, mais pas de là à se commettre et à créer.

Marilie Laferté a toujours été gestionnaire dans différentes organisations. Elle s’est toujours voué à son travail, mais il y a environ six ans, elle s’est mise en quête d’un loisir créatif pour se changer les idées, mais aussi pour travailler de ses mains. La sœur d’une amie était mosaïste. Elle a alors commencé à s’intéresser à cet art.

« J’ai commencé en cassant des assiettes avec un marteau. Puis, j’ai pris des cours, appris par moi-même et j’ai visionné plein de vidéos, raconte-t-elle. J’ai remarqué que faire de la mosaïque nous amène ailleurs dans notre tête. C’est même très méditatif, car il faut placer de petits morceaux, les tailler soi-même… C’est comme faire un casse-tête à l’infini. »

Mais c’est réellement lorsqu’elle est allée visiter une exposition à Acton Vale que la flamme s’est éveillée en elle. « À la même exposition, il y avait une excellente mosaïste et une peintre qui fait des collages. Quand j’ai vu les œuvres de l’une et que je regardais ce que l’autre faisait, il y a eu un mélange qui s’est fait dans ma tête. C’est ça que je voulais faire, un mélange de ces deux formes », explique Marilie Laferté.

Elle a alors commencé à travailler les visages rapprochés et les détails de l’œil à l’aide de morceaux d’assiette. En explorant toujours davantage et en peaufinant son art, Marilie Laferté voyait de plus en plus son art prendre forme dans sa tête. Et avec ses éclats d’assiette taillés et retaillés, elle parvient à donner vie aux visages qu’elle crée et à donner cette étincelle particulière dans le regard de ces personnages.

« Quand j’ai commencé le picassiette, je faisais des arbres, des poules, de grosses fleurs et des formes plus grosses comme on le voit normalement dans ce style, note la mosaïste. Puis, je me suis concentrée sur les visages. Je ne pourrais pas dire comment je parviens à recréer ces expressions. Ça arrive comme ça. C’est au fur et à mesure que je le fais. Ça se crée sous les doigts, mais ça prend un éventail assez large de matériaux. »

« Ça demande assurément de la précision, poursuit-elle. Le visage, c’est le respect des formes, mais également de la lumière. Je pense que c’est ce qui vient caractériser l’émotion. Il faut jouer avec le poids des couleurs. Ça crée de la profondeur dans le visage. J’y arrive avec les différentes couleurs de vaisselle. C’est à ce niveau que j’ai plus poussé les choses. Ce qui se fait normalement avec la pierre ou la céramique romaine, moi, je le fais avec de la vaisselle. C’est ma petite twist personnelle, ma signature. »

Dernièrement, la Trifluvienne présentait également des œuvres à La Petite place des arts, à Saint-Mathieu-du-Parc, aux côtés d’autres mosaïstes de la région. « Ce fut une expérience extraordinaire d’échanger avec d’autres personnes qui pratiquent cette forme d’art, mais avec des rendus différents. Ça donne plein d’idées! J’ai le vent dans les voiles! J’aurai aussi plus de temps pour créer dans les prochains mois, puisque je cesse de travailler à temps plein. Ça me laissera le temps de pousser davantage les idées que je n’ai pas le temps de faire présentement », indique-t-elle.

Marilie Laferté présente actuellement sa première exposition solo, Mosaïque picassiette, à l’Espace Galerie-EMA. Dans cette exposition, elle se concentre essentiellement sur le regard des femmes. La mosaïste y présente une vingtaine d’œuvres créées autour de ce thème dans les trois dernières années.

Les éclats d’assiette y côtoient parfois d’autres matériaux, tels que des coquillages, des perles et des boutons. Cet amalgame de petits morceaux parvient à recréer des regards puissants, des expressions paisibles, tout comme de la joie pure.

L’exposition Mosaïque picassiette est présentée à l’Espace-Galerie EMA (802, rue des Ursulines) jusqu’au 28 mai.