Les 200 ans de la Vieille prison fêtés en grand

Marie-Eve B. Alarie

Les 200 ans de la Vieille prison fêtés en grand
Stéphane Bélanger, animateur senior, Valérie Therrien, directrice générale du Musée POP, Dominic Ouellet, responsable des expositions, Olivier Auger, animateur senior, et Marc-André Houle, président du conseil d'administration du Musée POP. (Photo : (Photo Marie-Eve Alarie))

En 1822, la Vieille prison de Trois-Rivières accueillait son premier prisonnier. Pour souligner le 200e anniversaire de ce lieu historique, le Musée POP a prévu une programmation culturelle diversifiée qui permettra aux citoyens de s’approprier davantage la Vieille prison.

« Nous ne pouvions passer sous silence le 200e anniversaire de la Vieille prison de Trois-Rivières. C’est un bâtiment historique classé qui fait partie du complexe muséal du Musée POP et un joueur important de l’offre touristique de la Mauricie depuis plusieurs années. On veut en mettre plein les yeux pour l’occasion et toute l’équipe du Musée s’est investie dans cette programmation », souligne Valérie Therrien, directrice générale du Musée POP.

Cette programmation spéciale passe de l’incontournable exposition jusqu’au cinéma et au théâtre.

Trois soirées cinéma à thématique carcérale seront proposées dans la cour de la prison. On pourra y voir À l’ombre de Shawshank (28 juillet), 15 février 1839 (4 août) et L’Évadé d’Alcatraz (11 août) dès 20h30. L’admission sera gratuite, mais les cinéphiles devront apporter leur chaise et réserver leur place.

Par ailleurs, la pièce Le dernier jour d’un condamné, tirée du roman de Victor Hugo, sera offerte dans la cour de la prison les 18, 19, 20, 25, 26 et 27 août à 20h30. Pour assister à ce plaidoyer politique pour l’abolition de la peine de mort qui sera interprété par le comédien Stéphane Bélanger, le public devra débourser 5$. Les recettes seront divisées entre le chapitre trifluvien d’Amnistie internationale et la Fondation du Musée POP.  En cas de pluie, les représentations auront lieu à l’intérieur du Musée.

Deux conférences et cinq épisodes d’un radio-roman à venir à l’automne figurent aussi à la programmation. Par ailleurs, cette année, le jeu d’évasion proposé près de l’Halloween s’adressera à un public adolescent.

Un héritage aux générations futures

Il est important pour l’équipe du Musée POP que les célébrations entourant le 200e de la Vieille prison perdurent au-delà de 2022. C’est ce qui a motivé l’équipe à se lancer ans un projet qui leur trottait en tête depuis plusieurs années: illuminer le bâtiment de la Vieille prison durant la nuit.

« On avait deux grandes visions: implique les employés afin qu’ils soient partie prenante dans la mise en valeur du lieu et laisser un legs aux générations futures, précise Valérie Therrien. Un lieu comme ça qui a 200 ans, c’est exceptionnel. Tout ce qu’on va faire pourra perdurer dans le temps, dont l’illumination de la prison. »

Grâce à une aide financière de 50 000$ provenant du ministère de la Culture et des Communications, le Musée POP a pu amener ce projet à un second niveau en y incorporant des projections animées, en plus d’un éclairage plus statique.

Ainsi, l’illumination de la façade de la Vieille prison sera plus stable, tandis qu’à l’arrière, un cycle de projection dynamique d’une quinzaine de minutes sera présenté à compter de la semaine du 11 juillet, une fois la nuit tombée.

« La Vieille prison est l’un de nos plus beaux bâtiments au centre-ville, mais il n’y avait pas d’éclairage spécifique pour que l’on puisse le voir le soir. Ces projections dynamiques nous permettront aussi de poursuivre la mise en valeur de la prison le soir et d’amener une présence de l’institution dans l’univers du centre-ville au-delà des heures d’ouverture du musée, indique la directrice générale. C’est le premier bâtiment où il y aura des projections au centre-ville. On veut en faire une attraction touristique et culturelle nocturne. »

Autre legs du Musée POP dans le cadre du 200e de la Vieille prison: la numérisation 3D de la nouvelle exposition L’art du crime – Drames et méfaits en Mauricie de 1822 à 1986. Accessible gratuitement du 1er juillet au 5 septembre au Musée POP, cette exposition retrace le passé criminel de notre région avec images et documents d’archives, tels que des verdicts, des dépositions, des requêtes de coroner, etc.

« Dans cette exposition, on va chercher le côté humain, mais aussi ludique à travers plusieurs faits divers. C’est intéressant de voir que tous ces crimes et méfaits se sont produits près de chez nous. C’est un beau complément à la visite de la prison et ça permet aux visiteurs de faire des liens avec les gens qui ont été incarcérés ici », explique Valérie Therrien.

On y découvre le dossier de plusieurs prisonniers et leur sentence, ainsi que quelques faits divers qui attisent la curiosité. On peut penser à Bazil Kartchuck qui a été reconnu coupable d’une série de vols dans des églises, ayant été surpris à voler une hostie dans l’une d’elles, ou encore à cet autre homme reconnu coupable d’avoir lancé une Bible dans un feu en 1821.

Différents artefacts provenant de l’équipement des policiers de Trois-Rivières au fil des décennies complètent également l’exposition.

La captation numérique de l’exposition L’art du crime – Drames et méfaits en Mauricie de 1822 à 1986 permettra de conserver l’exposition pour une présentation virtuelle sur le site web du musée.

Journée portes ouvertes

Le 9 août prochain, c’est aussi le 20e anniversaire de la première journée d’ouverture de la visite guidée de la Vieille prison, qui a eu lieu en 2002. À cette occasion, le Musée POP offrira une journée entière de visites gratuites. Les inscriptions sont possibles en ligne. Notons que la visite de la Vieille prison est recommandée aux 8 ans et plus.

La mise en valeur de la Vieille prison avec ses visites a acquis une réputation enviable au Québec, mais aussi à l’international.

« Depuis quelques années, on réalise que lorsqu’il y a des projets de mise en valeur d’une prison, on nous appelle, constate Valérie Therrien. Ce fut le cas avec Sherbrooke. Des gens viennent aussi faire la visite pour voir comment on met en valeur l’histoire du lieu. On est aussi en contact avec une prison de Belgique pour un projet de mise en valeur. On regarde actuellement avec eux comment on pourrait développer ce partenariat. »

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