L’entente : le dialogue comme création

À la salle Louis-Philippe-Poisson, le Théâtre des Nouveaux Compagnons présentera du 22 au 25 janvier L’entente, plus récente création de Reynald Robinson. Ce n’est toutefois pas sous la forme théâtrale classique que le public pourra assister à la pièce, mais bien à travers une lecture publique, offrant un aperçu d’un texte en constante évolution.

PAR ÉMILE HÉROUX / eheroux@icimedias.ca

Une cheffe d’entreprise, mère de famille, s’apprête à vendre la chaîne de magasins qu’elle possède à de nouveaux acquéreurs. Elle convoque ses enfants pour discuter de l’entente, mais tout ne se passe pas comme prévu. Tel est le synopsis de L’entente, dont le texte ne sera jamais tout à fait abouti, un choix conscient de l’auteur et metteur en scène.

Dès le début du processus d’écriture, Reynald Robinson voyait cette histoire sous forme de lecture publique, sans décor ni mouvements importants. Il souhaitait aussi en faire une expérience évolutive, qui prend forme au contact du public.

«La pièce que j’ai écrite, je vais pouvoir l’éprouver avec le public. Ça va me donner l’occasion de la retravailler, c’est un ”work in progress” comme on dit ».

Parce qu’après chaque représentation, les spectateurs pourront échanger avec lui, sous forme de discussion ouverte. Une occasion pour l’auteur de retravailler le texte. « J’espère qu’ils vont m’abîmer, j’espère qu’ils vont me brusquer. S’ils n’aiment pas ça, qu’ils le disent, il n’y a rien de négatif là-dedans!»

Mais avant le public, les sept comédiens qui participent à la production ont pu juger et commenter l’œuvre. Ils ont ainsi eu accès à la version définitive de la pièce seulement quelques jours avant les représentations. Alors que certains pourraient le voir comme un défi, le metteur en scène considère que c’est une occasion d’évoluer en tant que comédien.

«J’ai l’habitude de changer de plans souvent, même avant la générale, parce que je reste toujours sur le qui-vive. J’aime avoir un challenge, devoir me débrouiller. C’est un peu ce que je fais avec les comédiens.»

Un ancien du TNC

Diplômé en 1975 du Conservatoire de Québec en interprétation, Reynald Robinson a ensuite joué dans certains théâtres, avant d’être approché par des amis du Théâtre des Compagnons de Notre-Dame (ancien nom du Théâtre des Nouveaux Compagnons). 

« Vers le début des années 80, je sortais tout juste de l’école et on m’a approché. J’ai dit oui et j’ai fait ma première mise en scène ici. »

Sa vie professionnelle l’a ensuite dirigé vers d’autres branches du milieu, notamment le théâtre jeunesse. Il a été directeur artistique du Théâtre du Gros Mécano de 1987 à 1994 et a signé plus d’une quarantaine de mises en scène.

À l’origine de L’entente

Le récit de L’entente s’inspire d’une histoire réelle qui a marqué Reynald Robinson. Il y a quelques années, une entreprise québécoise spécialisée en matériaux de construction a été vendue pour plusieurs millions de dollars.

«J’ai eu des expériences d’argent dans ma famille qui ont tourné mal pour bien moins que ça», confie l’auteur. «Plus largement, c’est surtout une interrogation sur les valeurs qui me préoccupent le plus dans la vie. De quelles manières chacun peut-il réagir à un tel héritage, selon nos réalités différentes?»

Avec L’entente, Reynald Robinson revient aux sources de la création : celles du partage et du dialogue. À l’issue de chaque représentation, le Théâtre des Nouveaux Compagnons procédera au tirage au sort d’une inscription gratuite à l’un des ateliers de jeu ou d’écriture offert par le metteur en scène.

Les billets pour les représentations de L’entente sont en vente sur le site web de la troupe (tnc.quebec/l-entente) et sur le site web de Culture Trois-Rivières (culture3r.com).