Le Musée des Ursulines se décloître
Le Musée des Ursulines de Trois-Rivières proposait depuis 2009 la même exposition permanente, qui occupait seulement l’ancien réfectoire des élèves. Signé Ursulines, l’exposition qui la remplace désormais, amène les visiteurs au-delà de la porte du cloître et rend hommage à ces femmes dont la présence a profondément marqué la ville.
Par ÉMILE HÉROUX / eheroux@icimedias.ca
Le besoin de renouveau se faisait sentir entre les murs chargés d’histoire du Musée des Ursulines de Trois-Rivières. Caroline Champagne, directrice générale de l’établissement, et son équipe tenaient à prendre le temps de bien faire les choses.
« Ça faisait 17 ans et elle était très, très, très due. On était limité dans l’espace », fait-elle remarquer.

Caroline Champagne, directrice générale du Musée des Ursulines de Trois-Rivières. (Photo : Émile Héroux)
Restreinte à une seule pièce, l’exposition permanente occupe maintenant le rez-de-chaussée et invite les visiteurs dans des endroits qui ne leur étaient pas accessibles auparavant. Le parcours, qui contient plus de 200 artéfacts et archives, permet de découvrir l’important apport des Ursulines à la communauté trifluvienne sur plus de 300 ans.
Les thèmes abordés mettent en lumière la vie quotidienne des religieuses, outre le mythe de l’ursuline « emprisonnée » par son vœu d’être cloîtrée. L’administration du musée voulait montrer que les sœurs étaient aussi une communauté de vie collective, comme en témoigne la photo choisie à l’entrée de l’exposition qui montre les Ursulines en pleine corvée de fraises.
Au long du corridor où elles priaient ou à l’intérieur de la sacristie, les objets du quotidien des religieuses témoignent de leur implication dans les domaines de l’enseignement ou des soins, principalement. On y découvre même que les sœurs se rendaient parfois à leur maison d’été à Saint-Louis-de-France, où elles jouaient au volleyball.

Les Ursulines à leur maison d’été à Saint-Louis-de-France. (Photo : Émile Héroux)
Le montage d’une toute nouvelle exposition dans un bâtiment patrimonial ne s’est toutefois pas fait sans défis. Accompagnée par une firme, l’équipe du Musée des Ursulines a dû composer avec des défis liés à l’aspect patrimonial, afin de respecter l’intégrité du monastère.
« Il faut quasiment que je demande la permission au ministère pour planter un clou », illustre Caroline Champagne.
« Il y a beaucoup d’obstacles, il y a peu de murs, il y a peu d’électricité, il y avait beaucoup de défis. On a fait très peu d’interventions, puis tout peut être réversible, il n’y a rien de fixe. »
Que ce soient les vitrines pour exposer les objets ou l’écran qui diffuse des images d’époques, presque tout est installé de manière à ne pas dénaturer le lieu et peut être retiré facilement. Cette volonté de conserver l’âme de l’ancien monastère n’empêche pas l’exposition de proposer plusieurs médiums modernes, comme des projections ou des témoignages audios.
L’exposition se termine dans la chapelle, dont les fondations datent de 1700 et qui, par plusieurs modifications, a pris l’allure qu’on lui connaît aujourd’hui.

La fresque au plafond de la chapelle. (Photo : Émile Héroux)
Après 17 ans avec la même exposition permanente, Caroline Champagne et son équipe espèrent que Signé Ursulines donnera un second souffle au musée, qui attire environ 12 000 visiteurs par année.
Gratuit pour les 12 ans et moins, le coût de l’exposition en visite libre est de 12,50 $ pour les adultes et de 10,50 $ pour les étudiants et les 65 ans et plus. Pour une visite guidée d’environ une heure, les coûts s’élèvent à 14 $ pour les adultes et à 12 $ pour les deux autres groupes d’âge.
