Le comfort food musical d’Alexandre Da Costa

Par marie_eve_alarie
Le<i> comfort food </i>musical d’Alexandre Da Costa
Alexandre Da Costa (Photo : (Photo Patrick Boucher / www.atonimagepho))

Le violoniste Alexandre Da Costa a récemment lancé son nouvel album intitulé Je me souviens. On y redécouvre des pièces parmi les plus grands succès de la chanson francophone dans des arrangements instrumentaux: J’t’aime comme un fou, Une chance qu’on s’a, La valse à mille temps, Le blues du businessman, Emmenez-moi, La Bohème, Si Dieu existe, Quand les hommes vivront d’amour, Amène-toi chez nous, Hallelujah et bien d’autres. 

« On a lancé un appel à tous sur les réseaux sociaux pour savoir ce que les gens voulaient entendre pendant la pandémie et on l’a traduit dans le langage de la musique classique, raconte Alexandre Da Costa. Avec les musiciens de l’Orchestre symphonique de Longueuil qui ont participé à l’album, on avait le désir de partager quelque chose de lumineux. De faire quelque chose d’utile pendant la pandémie et l’isolement que ça a entraîné. On voulait que ce soit du comfort food musical. C’est un disque qu’on met pour se sentir bien. »

L’album Je me souviens est tiré des Balcons symphoniques, un projet de l’Orchestre symphonique de Longueuil pendant la pandémie. Des musiciens allaient interpréter des airs connus et réconfortants aux résidents des CHSLD et résidences pour aînés. 

« Du haut de ma quarantaine d’années, j’ai enfin réalisé que la musique ne m’appartient pas, et que je ne dois me considérer que comme un intermédiaire entre l’âme et le physique. J’ai vu des corps meurtris et constamment animés de chocs électriques et de tensions, se calmer à un point tel que les anges gardiens de ces gens criaient quasiment au miracle. La puissance de la musique est donc très réelle, et directement en connexion avec notre bien-être », écrit Alexandre Da Costa dans le livret qui accompagne l’album. 

On sent que cette expérience l’a profondément marqué, au moins de marquer un tournant dans sa carrière. 

« J’ai l’impression que tout ce qu’on a appris sur la musique classique, et je m’inclus, est une perception erronée. On pense que c’est intellectuel, élitiste et difficile d’accès. C’est faux, mais on l’a tant répété qu’on le croit. Ce serait intéressant de comprendre que la musique classique est pour tout le monde. On peut y trouver ce qu’on veut. Je ne veux pas que mes concerts soient dans un environnement cadré et rigide. Il y a des institutions qui l’imposent à leur public et c’est correct, car il y a un public pour ça aussi. J’ai fait 20 ans de concert pour ça », lance-t-il.

« Aujourd’hui, du haut de mes 42 ans, ma mission n’est peut-être pas de continuer cette tradition pendant 20 autres années, poursuit-il. Je voudrais que les gens se sentent plus libres de venir voir un concert, venir passer un moment magique. La musique classique est là pour mettre un baume sur nos âmes, vivre une autre expérience. »

Au FestiVoix

Alexandre Da Costa sera de passage au FestiVoix de Trois-Rivières le 3 juillet. Il offrira un concert intime à la scène de la Maison de la culture. Simplement accompagné de son pianiste, il fera vibrer son Stradivarius 1701 sur des pièces des répertoires classique, rock, blues, jazz et pop, de Bach à Leonard Cohen.

« On m’a donné carte blanche. Ce sera donc une belle occasion de faire des clins d’œil à mes différents projets au fil des années, que ce soit mon projet baroque qui a beaucoup de succès, tout comme des musiques de film que je joue souvent et qui se prête bien à des représentations comme ça », précise le violoniste de renommée internationale.

« J’aime parler au public, avoir une réaction. Je sens l’énergie dans la salle. Même si on parle de musique classique, je veux rendre le concert plus vivant et moins rigide. Je dirais plus humain. C’est quelque chose de nécessaire après ce qu’on vient de vivre. Je le prônais déjà, mais avec les deux dernières années, ça m’a montré qu’on ne peut pas conserver la même rigidité qu’il y avait. J’ai eu peur que les gens veuillent encore voir des spectacles dans leur ordinateur ou leur téléphone. Je veux voir les gens. Les sentir », complète-t-il.

Les billets journaliers pour le FestiVoix sont en vente au www.festivoix.com 

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