L’art du tournage sur bois démystifié

EXPOSITION. Peu de choses destinaient Dave Pott à tourner le bois.

M. Pott est l’un des artistes de l’Association des tourneurs sur bois du Québec invités à exposer ses œuvres dans l’espace Galerie EMA (Expérience métiers d’art).

Cet ancien directeur d’usine de cercueils en bois a profité de sa retraite pour apprendre à tourner le bois. C’est entre autres durant les quelques années passées à l’usine de Sainte-Gertrude qu’il a pu apprendre, par des experts, le travail de tous les aspects du bois, découvrant, du coup, une passion pour la confection de produits en bois.

Au début, il réalisait des toupies, ce qu’il considère comme l’un des meilleurs exercices pour apprendre à tourner le bois et bien maîtriser l’outil. «Si je n’en ai pas fait 200, je n’en ai pas fait une!» s’exclame-t-il en riant.

«Le tournage sur bois art qui est constamment en évolution. Mon tournage a énormément changé quand j’ai joint la gang de l’Association des tourneurs sur bois du Québec. J’ai découvert des techniques dont j’ignorais l’existence», raconte-t-il ensuite.

On pourrait penser, au premier abord, que les tourneurs de bois se limitent à créer des bols et des vases, mais on est surpris de l’inventivité et de la diversité des œuvres qui figurent dans l’exposition.

Car chaque œuvre est aussi unique que la souche ou la branche qui a servi à la créer.

Dave Pott se plaît à exploiter les défauts des branches et souches mortes qu’il récupère pour réaliser ses créations. Il n’est pas le seul. L’un des artistes a créé un véritable lustre de fleurons, tous différents. Leur particularité: tous les fleurons ont un «défaut» provenant de l’arbre.

«C’est en la tournant qu’on découvre l’intérieur de la pièce, souligne M. Pott. Les défauts deviennent intéressants. On peut deviner la vie de l’arbre sur les œuvres. Par exemple, les mouvements des branches laissent des marques. Souvent, on peut décoder l’histoire de l’arbre grâce à ces marques. Le client aime savoir d’où vient l’arbre, son histoire. Ça donne une valeur ajoutée à la pièce.»

Certains artistes y vont de mélanges d’essence d’arbres alors que d’autres rivalisent d’ingéniosité et de calculs mathématiques pour créer des pièces hors de l’ordinaire.

Une relève féminine

L’exposition Tourne-bois ne présente pas de pièces réalisées par des femmes de l’Association, mais ce n’est pas parce qu’elles ne sont pas douées, assure le tourneur sur bois trifluvien.

«L’Association est majoritairement composée d’hommes, mais les femmes se démarquent beaucoup par leur côté artistique. Elles ont plus de dextérité et sont plus patientes dans le tournage. Malheureusement, nos membres féminines étaient occupées par autre chose et ne pouvaient pas prendre part à l’exposition», explique-t-il en précisant que l’on retrouve maintenant de plus en plus de femmes dans les écoles d’ébénisterie.

Tourne-bois

Jusqu’au 31 juillet, l’espace Galerie EMA, situé sur la rue des Ursulines, accueille les œuvres de dix artistes tourneurs de bois parmi les meilleurs au Québec.

L’exposition «Tourne-bois» présente dix façons de manier les essences, nœuds et écorces des arbres du Québec et d’ailleurs, et autant de façons d’étonner les visiteurs par les illusions d’optique, les tours et les enchevêtrements où chaque morceau a sa place.

Les exposants seront invités à venir tourner le bois en direct de la cour de l’espace Galerie EMA. Vous pourriez les croiser lors de votre prochaine escapade sur la rue des Ursulines.

150

L’Association des tourneurs sur bois du Québec compte près de 150 membres provenant du Québec, de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick.