La nostalgie de Noir Silence sur scène
Les cinq membres originaux de Noir Silence invitent le public à un voyage dans le temps. Trente ans après la sortie d’On jase de toi et de leur premier album, ils partagent sur scène leurs grands succès autant que leurs nombreux souvenirs, images à l’appui!
« Noir Silence, on a des tonnes et des tonnes d’archives des 35 dernières années, t’as même pas idée!, s’emballe le chanteur et guitariste Jean-François Dubé. Je me suis dit pourquoi on n’irait pas faire un spectacle où on voyage dans le temps. On part aujourd’hui et peu à peu, on recule dans les grands chapitres de Noir Silence avec des extraits de répétition, des choses qu’on a vécues en tournée, des entrevues de toute l’époque MusiquePlus. Au début de la tournée, je n’avais pas dit aux gars tous les montages qu’il y avait. Ils le découvraient sur scène! »
Encore présent dans les festivals, le groupe, dont une vingtaine de chansons ont tourné à la radio, n’avait pas effectué de tournée en salle depuis au moins dix ans. Avec le concept du spectacle Noir Silence: On jase…, le groupe nous fait aussi revivre des événements marquants.
« On voyage avec les gens en faisant des parallèles avec qu’est-ce qui se passait à ce moment-là. Dans les 30 dernières années, juste au Québec, il s’en est passé des choses. »
La mise en scène est réfléchie pour qu’on sente une proximité avec les musiciens, comme autour d’un feu de camp.
« Sur scène, on est en demi-cercle, c’est plus intime avec le public. C’est un spectacle vraiment complet où les gens redécouvrent leur passé et les dessous de ce métier-là. Je voulais que les gens aient l’impression d’assister à une discussion de Noir Silence qui fait aussi des chansons. Là on est à Trois-Rivières, qu’est-ce que c’est les souvenirs quand on est venus jouer à Trois-Rivières. »
On imagine que ce voyage à rebours se conclut avec les débuts du groupe, soit l’immense succès On jase de toi, qui a bien failli ne pas figurer sur le premier album.
« On avait fait un concours qui s’appelait Cégep Rock. On avait gagné un prix de la SOCAN pour une chanson presque a cappella avec une guitare sèche. Pour le premier album, on voulait la faire avec une orchestration symphonique, mais avec le budget qu’on avait pour faire l’album, elle a pris le bord et on avait besoin d’une chanson à la dernière minute. J’ai dit: »J’ai une petite toune country facile, ça va remplir un trou ». Finalement, ça a été la chanson locomotive du groupe, une chanson que j’ai écrite à peu près en 15 minutes. Je raconte les anecdotes de la création de cette chanson-là et c’est qui la p’tite Julie, (la dévergondée). »
Les musiciens de Noir Silence travaillent tous aujourd’hui dans des domaines connexes à la musique et à la production de spectacles.
« C’est très intéressant de retourner dans ces vieilles histoires-là parce qu’on ne se mentira pas, notre vie est ailleurs aujourd’hui et on fait de la musique pour le plaisir, comme un club de hockey de fin de semaine qui s’amuse à le faire. Quand on a des shows, on savoure chacun de nos spectacles, on en profite pendant qu’on a encore la chance et le privilège de monter sur scène. »
C’est encore plus vrai, maintenant que les jeunes à l’aube de la vingtaine qui créaient un groupe au milieu des années 90, affichent la cinquantaine.
« Je ne sais pas s’il y a un groupe au Québec qui après 30 ans a toujours les mêmes membres originaux. C’est une grosse réussite pour nous d’avoir passé par-dessus les conflits, les hauts, les bas, et d’être toujours la même gang que les petits casques de 19 ans qu’on était à l’époque. »
Loin d’être à court d’inspiration, le groupe vient de lancer une nouvelle chanson, Rock N Roll.
« Si on n’a rien à dire, on ne fait pas de chanson, mais quand on a quelque chose à dire, on continue d’écrire. Pour Rock N Roll, on se disait, ça brûle de partout, et souvent, la seule affaire qui fait du bien, c’est juste de mettre de la musique, de lever le volume, de danser et de chanter. Tu es dans un bureau, tu vas jouer du drum avec tes stylos et ça va faire passer le temps. Cette chanson-là qui se danse est très naïve et sans prétention. »
La représentation du 26 septembre au Théâtre du Cégep de Trois-Rivières marque la fin de la tournée amorcée au printemps, mais il ne s’agit pas d’une tournée d’adieu.
« On a encore d’autres projets qui s’en viennent, c’est sûr qu’il va y avoir d’autres spectacles. Ça a très bien répondu pour cette tournée qui souligne nos 30 ans. Je suis vraiment en amour avec ce show-là, je suis pas mal fier, on a travaillé fort. On est là pour faire vivre quelque chose de spécial aux gens. »
