Ils créent une comédie musicale de A à Z
Nostalgiques de ne pas pouvoir répéter l’expérience des comédies musicales après le secondaire, d’anciens étudiants du Séminaire Saint-Joseph ont décidé de prendre les choses en main. Leur troupe constituée de comédiens et de musiciens présentera El Pez Espada à la salle Léo-Cloutier les 12 et 13 juin prochains, une comédie musicale francophone qu’ils ont conçue de A à Z.
Par ÉMILE HÉROUX / eheroux@icimedias.ca
À la barre du projet, Raphaël Jourdain, finissant de 2025, signe l’essentiel de la création d’El Pez Espada, une œuvre originale qu’il porte avec une trentaine d’anciens du Séminaire.
Si c’est de son imagination que l’histoire a pris forme, le travail autour du spectacle multidisciplinaire relève plutôt de la création collaborative.
Alors que Raphaël Jourdain signe l’écriture des chansons et des textes, Alexandrine Fournier et Rüly Préfontaine veillent aux décors et à l’identité visuelle du spectacle. Anne-Pier Ross assure les chorégraphies et Mathis Carrier-Lévesque dirige les musiciens, en plus d’être responsable des arrangements musicaux.
Bien que chacun ait eu son rôle à jouer, les tâches n’étaient pas cloisonnées et certains ont contribué à plusieurs sphères du spectacle.
« Quand on a commencé à pratiquer, la mise en scène n’était pas gelée dans le béton. Tout le monde a donné au moins une idée qui a été retenue pour la mise en scène », relate Raphaël Jourdain.
Pour la trentaine de camarades, l’expérience des comédies musicales parascolaires au Séminaire Saint-Joseph a forgé leur rapport à la scène et nourri leurs inspirations. Depuis l’automne dernier, les pratiques d’El Pez Espada sont autant une occasion de peaufiner le spectacle que de se retrouver entre amis.
L’équipage du El Pez Espada
D’une durée de plus d’une heure trente, El Pez Espada raconte l’histoire d’un équipage de pirates qui s’embarque vers les Bermudes, espérant y trouver un trésor. En cours de route, ils croiseront des ennemis comme des sirènes, mais aussi des personnages d’une époque beaucoup plus avancée que la leur.
« Ce sont des gens d’aujourd’hui. Il va y avoir un clash qui se fait entre le passé, les pirates de l’ancien temps, puis le présent et les technologies. Le thème qui est abordé à travers ça, c’est : est-ce que c’est bien de progresser ? À travers cette aventure-là, il y a des histoires d’amour, puis d’autres petites péripéties », explique Raphaël Jourdain.
La comédie musicale compte 21 chansons entrecoupées de scènes où l’histoire évolue sous forme de théâtre. Au niveau de la musique, Raphaël Jourdain fait part de la diversité des styles tout au long du spectacle.
« Ça commence dans le style comédie musicale, d’autres chansons sonnent plus anciennes, parce que c’est une histoire de pirate. Il y a du pop, il y a une balade, un tango, même une chanson qui est quasiment métal. »
« Il y a des styles assez mélangés parce qu’il n’y aura pas juste des pirates. Ils vont rencontrer des personnages farfelus à travers l’histoire qui ont des styles musicaux associés à eux », ajoute-t-il.
Les origines du projet
L’aventure commence au début de 2024, lorsque Raphaël Jourdain participe avec des amis au concours Secondaire en spectacle. Leur défaite en finale le pousse à prendre au sérieux l’écriture de sa comédie musicale, qu’il a entreprise environ au même moment.
« Au départ, je me disais “il faudrait bien que j’écrive une comédie musicale un jour” », raconte Raphaël Jourdain. « L’idée de le faire à Secondaire en spectacle est venue après. Ça mélange la danse, le chant, la musique. Avec ça, on pensait avoir des chances de se rendre loin. »
Un an plus tard, la troupe se réinscrit au concours de talents et interprète le numéro d’ouverture d’El Pez Espada, qui les amène à représenter la Mauricie au Rendez-vous panquébécois 2025 de Secondaire en spectacle, à Amqui.
Craignant de ne pas avoir l’occasion de revivre l’expérience des comédies musicales au collégial, certains d’entre eux se sont réunis pour chercher une solution. Une fois le secondaire terminé, des amis de Raphaël Jourdain l’ont approché afin de l’encourager à terminer l’écriture.
« Pour éviter d’acheter les droits d’une comédie musicale qui existe déjà ou pour éviter que ce soit compliqué avec les droits d’auteur, ils m’ont proposé de faire ma comédie. C’est à ce moment-là que j’ai fini d’écrire », explique le créateur du spectacle, qui étudie actuellement en musique au collégial.
La troupe a rapidement contacté le Séminaire Saint-Joseph, qui a soutenu les anciens élèves dans le projet, en leur proposant la salle ainsi qu’une assistance technique.
« L’idée de départ, c’était de fonder une troupe. On a été un peu incertain finalement par rapport à ça, parce que c’est quand même un gros contrat à signer. On s’est dit “on le fait une année. Après, si ça se passe bien, on va décider si on en refait une l’année prochaine.” »
« Mais il y a beaucoup de gens dans la troupe qui seraient partants pour que l’on continue ça plus qu’une année », conclut-il.
