Gabriel.le : une œuvre du 19e siècle qui résonne encore
CULTURE. Le Théâtre des Gens de la Place présentera à la salle Anaïs-Allard-Rousseau du 24 au 27 septembre la pièce Gabriel.le, roman dialogué de l’écrivaine George Sand, adapté au théâtre et mis en scène par Étienne Bergeron.
Par Émile Héroux / eheroux@icimedias.ca
« Pour un texte du 19e siècle, je trouvais que c’était super actuel. Évidemment, George Sand ne parlait pas d’identité de genre, parce qu’on n’utilisait pas ces termes-là à l’époque, mais je trouve que toutes les réflexions résonnent encore aujourd’hui », lance le metteur en scène Étienne Bergeron.
L’histoire est celle de Gabriel, jeune femme élevée comme un garçon pour pouvoir hériter du patrimoine familial puisque les lois de l’époque réservaient cette possibilité aux hommes seulement. À 17 ans, elle apprend la vérité sur son identité et se retrouve confrontée à devoir choisir.
Cherchant des réponses, Gabriel part à la rencontre de son cousin Astolphe, qu’elle n’a jamais connu. Leur relation, d’abord fondée sur l’amitié, évolue peu à peu vers une histoire d’amour qui les forces à remettre en question leurs conceptions de la vie et de l’amour.
« Est-ce qu’elle veut continuer de faire semblant d’être un garçon pour avoir les privilèges qui viennent avec? Est-ce qu’elle assume qu’elle est une femme avec ce que ça donne de négatif? En même temps, si elle veut vivre son histoire d’amour avec Astolphe, elle n’a pas le choix d’être une femme », résume Étienne Bergeron.
À travers ses personnages, la pièce aborde également la place des femmes dans la société et les rôles imposés par les conventions sociales.
Un défi d’adaptation
La pièce présentée par la troupe des Gens de la Place est à l’origine un roman dialogué, une œuvre écrite sous la forme d’une pièce de théâtre, mais dont la longueur correspond davatange à celle d’un roman. Présenté intégralement, Gabriel.le aurait duré près de cinq heures.
« J’ai modifié quelques petits trucs, mais essentiellement, ça a été de couper ce qui n’était pas nécessaire dans l’histoire pour avoir un spectacle qui est digeste. Finalement, le spectacle dure quand même presque deux heures et demie, c’est pas mal le maximum que je pouvais couper. »
Lionel Berthoux, Esteban Bouchard, Yves Brodeur, Ysée Camirand-Long, Guillaume Clément, Charlie Gélinas, Rémi Gervais, Marie-Andrée Leduc et Flavie Pelletier sont de la distribution.
Le décor se veut volontairement minimaliste, tandis que les costumes permettent de rendre visible l’évolution du personnage principal. Son apparence est d’abord associée à des codes masculins, puis devient progressivement féminine à mesure qu’elle assume son identité.
Il s’agit de la quatrième mise en scène d’Étienne Bergeron au Théâtre des Gens de la Place.
« À propos des questions sur l’identité, la pièce ne donne pas vraiment de réponses là-dessus, mais elle amène à réfléchir. Pour moi, si les gens y réfléchissent et font preuve de plus d’empathie avec des gens autour d’eux qui peuvent être confrontés à ces questions-là, le pari va être gagné », conclut le metteur en scène.
