Gab Fréchette : le cowboy solitaire bien entouré
Après un premier opus simplement accompagné par sa guitare, l’auteur-compositeur-interprète Gab Fréchette s’est entouré de musiciens pour Au club, son deuxième album. Celui qui se décrit comme un acid cowboy solitaire présente son habituel folk d’inspiration jazz, maintenant en formule full band.
Par ÉMILE HÉROUX / eheroux@icimedias.ca
C’est la démarche qui distingue le deuxième projet du premier, Mutations d’avant-jour, puisque la composition des chansons s’est chevauchée. « C’est drôle, parce que c’est un album que j’ai commencé avant », remarque-t-il. « Ça représente peut-être cinq ans d’écriture, mais éparpillé. » Au club s’éloigne aussi du dépouillement du premier disque, uniquement guitare-voix.
« C’était très folk, très épuré, très guitaristique, étant donné que c’était le seul instrument qui était récurrent. Au club, comme c’est un premier album avec un band, on fait plus d’expérimentations. Mais niveau composition, je pense que les gens qui ont entendu le premier album vont reconnaître l’écriture. Le chemin pour s’y rendre est détourné différemment que quand c’est juste avec la guitare », explique Gab Fréchette.
Guitares, basses, batterie, claviers et même des cuivres viendront enrichir les compositions du musicien, bien entouré pour l’occasion. Adrien Lauture l’accompagne à la batterie, Eliane Monteiro à la voix, Alex Germain à la basse, Gabriel Rioux à la trompette et Antoine Monteiro aux claviers et aux percussions, également producteur de l’album.
« Au moment où on se parle, la base est enregistrée. Les voix, les guitares sont faites. Il va rester le petit crémage, reste à savoir quelle saveur que je veux dans le crémage. »
L’univers de Gab Fréchette est marqué par une écriture vive et colorée, souvent inspirée d’images auxquelles il apporte un éclairage différent grâce à un « réalisme fantastique ».
« C’est souvent des comptines qui partent en couille, qui deviennent un peu inquiétantes par moments, mais qui se ramènent. J’aime bien faire des portraits à partir d’images. Des fois, ça peut être linéaire, des fois, ce n’est pas linéaire », résume-t-il.
Le musicien assume d’ailleurs pleinement sa posture d’« acid cowboy solitaire », une expression qui lui colle à la peau. Le terme renvoie à ses inspirations et à ses influences folk et country, mais aussi à un certain goût pour les détours, les ambiances et les décalages.
Live au chalet
Son premier album paru en 2022, Mutations d’avant-jour, était un recueil de chansons captées « live au chalet », dans une atmosphère intime et naturelle. D’abord destinés à être enregistrés avec des musiciens, les 11 titres ont finalement pris leur forme actuelle après que l’auteur-compositeur-interprète ait voulu concrétiser le projet plus vite.
« Tout a été rapide, composé et enregistré dans un court délai, puis tout est campé dans un moment et dans un endroit. Ce qui fait que ce ne sont pas des chansons qui ont été travaillées, touchées, qui ont été peaufinées. C’est pas mal toutes des chansons qui sonnent comme le démo, finalement », explique le musicien qui se dit notamment influencé par la musique de Jimmy Hunt, Philémon Cimon ou Philippe B.
« C’est sûr que le folk des années 60 reste présent, avec de la guitare un peu jazzy. Sinon au Québec, quelqu’un comme Robert Charlebois, même si on est dans des thèmes quand même différents, c’est une influence. »
Gab Fréchette fait également partie du groupe Les Frères Fellini, qui s’est produit en compagnie des Frères Lemay sur la scène du Quai du FestiVoix, le 1er juillet dernier. Pour lui, c’est « une belle occasion d’aller ratisser plus large, de présenter ce que tu fais aux gens qui ne viendraient pas nécessairement te voir dans un bar. »
Dans les dernières années, les artistes de la région ont de plus en plus d’opportunités de prestation sur les scènes locales, que ce soit par l’entremise du FestiVoix ou de nouveaux événements comme La Quarence. Bien qu’il ne soit pas du genre à « cogner aux portes », Gab Fréchette constate ce changement.
« Je suis un peu plus ermite à ce niveau-là, mais avec le FestiVoix, entre autres, je me sens quand même soutenu. On a une super belle communauté qui n’est pas grande, mais qui a une belle entraide et un respect, mais aussi une envie de faire découvrir ces projets-là à l’extérieur de la région. »
Le musicien souhaite que la sortie de son album Au club, prévue à l’automne, soit accompagnée de spectacles de lancement à Trois-Rivières comme dans de plus grosses villes. Le premier extrait, Fume, est disponible sur les plateformes d’écoute en ligne.
En parallèle de son emploi en comptabilité, Gab Fréchette a toujours composé et joué de la guitare de façon autoproduite et indépendante. « Tant que je ne serai pas limité, c’est sûr que j’ai envie de m’épanouir dans la musique », conclut-il.
