“Emmerdes” de Samuel Sénéchal: plus sage… toujours aussi cynique!

Cinq ans après la parution de Ruptures, l’auteur trifluvien Samuel Sénéchal nous revient avec Emmerdes, le troisième volet de sa série de cinq livres d’autofiction qu’il souhaite publier aux cinq ans. 

Alors que le narrateur vivait beaucoup d’insatisfaction professionnelle et artistique dans son précédent roman d’autofiction, cette fois-ci, on le retrouve plus sage, quoiqu’il n’ait pas perdu son côté cynique.

“Ce sont mes réflexions personnelles, mon engagement, mes questionnements par rapport à la politique, la société, la culture québécoise, la langue française que j’aime et que je défends. Ce genre de questionnement, déjà présent dans les deux premiers, revient. En l’écrivant de façon spontanée, j’ai remarqué que j’étais très nostalgique dans celui-ci. Je suis dans la quarantaine, comme pas mal de mes amis. La famille, les enfants: tout le monde est dans sa routine et il y a moins d’occasion qu’avant d’aller faire le party ou de se lâcher lousse. C’est une décennie de stabilité aussi.”

Mais certains constats frappent davantage. Avant, j’avais des rêves. Maintenant, j’ai un horaire.

“Je pense que ça vient avec la vie d’adulte, mais je l’accepte. Je suis en paix avec ça. Pour moi, la trentaine, ça a été la décennie la plus plate de ma vie, en ce sens que c’était une décennie de responsabilisation plus qu’autre chose. Je finissais mes études, je commençais à travailler comme enseignant. C’était difficile au début. J’avais trois ou quatre emplois en même temps, raconte-t-il. Là, dès le début d’Emmerdes, je suis en train de me sortir de ça, de me dire que je suis capable de passer à autre chose, ajoute l’auteur. J’en arrive à un constat où j’ai réussi ce que je voulais faire dans ma trentaine, ça va bien financièrement et je suis dans une relation stable.”

Il se rappelle que Ruptures avait été ardu à écrire. Cette fois-ci, pour Emmerdes, les mots sont venus d’eux-mêmes facilement. 

“Ça n’a pas été persécutant à écrire. J’espère qu’il sera aussi le fun à lire que les autres. J’aime être dans la tête du narrateur, le côté direct que ça apporte. C’est ce que me permet l’autofiction. C’est la zone grise entre le roman et l’autobiographie. Il y a des parties qui sont inventées, mais aussi d’autres sections très autobiographiques. En les publiant aux cinq ans, je veux me laisser le temps de vivre un peu, d’avoir des choses à raconter.”

Avec Emmerdes, l’auteur signe son 10e roman en 13 ans. Toutefois, il prévoit prendre une petite pause dès qu’il aura mis le point final à sa trilogie Les Catastrophes dont le dernier tome est prévu l’année prochaine. 

“Il y en aura d’autres. Il y aura assurément un autre livre d’autofiction de la collection Zones grises en 2030 et probablement un autre avant aussi. Cependant, j’ai peur de tomber en continuant la cadence de produire un roman par année. J’en ai déjà écrit dix. Je ne veux pas finir par en écrire un insignifiant. Je veux faire autre chose. Éventuellement, j’aimerais écrire une pièce de théâtre. Un court-métrage aussi. Ça fait des années que j’en parle mais que je retarde le projet. Peut-être revenir un peu vers la musique aussi.”

Le roman Emmerdes est disponible à la librairie Poirier, la librairie L’Exèdre et en ligne sur librairie-en-ligne.com.