Du théâtre qui fait jaser

Par marie_eve_alarie
Du théâtre qui fait jaser
Adamo Ionata, fondateur d'Edgar Delirium Théâtre et metteur en scène, l'artiste Laurence Beaulieu-Roy, et les membres de la distribution Marianne Jutras, Stéphanie Hamel et Frédérick Labonté Beaulac. (Photo : (Photo Marie-Eve Alarie))

Alice et Fiona s’aiment depuis sept ans. La veille du Nouvel An, Alice se décide à sortir du placard et à l’annoncer à ses parents. Cependant, avant qu’elle envoie son courriel, Fiona tient à lui annoncer quelque chose: elle est un homme. « Quand je parle, ce n’est pas ma voix. »

Voilà la prémisse de la pièce Rotterdam qui sera présentée au Repère des Mauvaises Langues en mai. Le public y suivra Alice dans sa confusion, son émotion et sa remise en question face à cette annonce qui la bouleverse. « Ça fait dix ans que je cherche à comprendre qui je suis, moi », lancera-t-elle, désemparée, à Fiona. 

Cette comédie dramatique aborde sans détour les tabous entourant encore l’homosexualité, mais aussi l’identité sexuelle et la transidentité. Notre identité profonde est-elle toujours en accord avec le sexe assigné à la naissance? Est-ce qu’on aime une personne ou son genre?

La pièce est mise en scène par Adamo Ionata, qui avait remporté le prix Louis-Philippe-Poisson des arts de la scène lors des Grands Prix culturels de Trois-Rivières en 2019 pour la mise en scène de la pièce Le Pillowman.

« Ça va venir jouer dans les tripes des spectateurs, affirme Adamo Ionata. Il y a de beaux moments légers et de l’humour qui s’installent à travers l’histoire, mais la trame de fond demeure quelque chose qui se passe dans un coupe et qui ébranle cette relation. C’est une grosse nouvelle. Leur relation est mise à rude épreuve. On va sentir que c’est déchirant par moments. »

Du théâtre à portée sociale

Rotterdam sera la première production d’Edgar Delirium Théâtre, fondé en 2020. Avec ce nouveau projet, Adamo Ionata souhaite faire vivre des émotions et brasser les spectateurs dans leurs perceptions le temps d’un spectacle. Bref, proposer du théâtre qui fait jaser, qui fait réagir.

« Je veux faire rayonner la communauté artistique d’ici et devenir un point de repère pour la production de théâtre à portée sociale. Par le théâtre, on souhaite aborder des sujets tabous, souvent ignorés ou dont on parle peu. Rotterdam s’inscrit dans cette lignée de théâtre », souligne-t-il.

« Bien que la pièce ait été écrite en 2015, elle est encore énormément d’actualité. Elle a été joué à travers le monde et a connu du succès partout. Ça touche de près les gens. Certains réagissent positivement, d’autres moins bien, mais ça va assurément faire jaser et susciter des émotions », ajoute-t-il.

Pour cette production, Edgar Delirium Théâtre s’est allié à GRIS Mauricie dont la mission est de favoriser une meilleure connaissance de la diversité sexuelle et de genre et de faciliter l’intégration des personnes LGBT+ dans la société. Ainsi, une personne trans sera présente à la fin de chaque représentation afin de faire un retour sur la pièce et d’échanger avec les gens du public. 

« Je trouve que la pièce représente bien la réalité des personnes trans qui peuvent vivre une situation semblable. Le fait que ce soit une personne trans qui viendra piloter la causerie sera plus facilitant pour répondre aux questions du public », note le fondateur d’Edgar Delirium Théâtre.

Les représentations de Rotterdam auront lieu du 5 au 15 mai, du mercredi au samedi à 20h et le dimanche à 14h au Repère des Mauvaises Langues (127, rue Radisson). Les billets sont en vente en ligne à lepointdevente.com/billets/rotterdam.

Les élèves de la concentration Théâtre de l’école Chavigny assisteront également à une représentation spéciale de Rotterdam en juin, tandis que la distribution se déplacera directement à l’auditorium de l’établissement scolaire pour l’occasion.

Une œuvre à l’encan

L’artiste trifluvienne Laurence Beaulieu-Roy offrira son œuvre Humanité à l’équipe d’Edgar Delirium Théâtre afin qu’elle soit mise à l’encan silencieux. La moitié des profits ira à l’équipe du théâtre en guise de rémunération à la distribution.

« C’est un diptyque qui se veut une ode aux personnes colorées et uniques et qui osent être qui elles sont réellement », précise l’artiste-peintre.

L’encan silencieux est en cours dès maintenant sur le site Web d’Edgar Delirium Théâtre au www.edt.quebec où se trouve un formulaire à cet effet. L’encan prendra fin le 15 mai à 20h.

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