Des mots à l’écoute: briser l’isolement des aînés avec la culture

Depuis une semaine, trois artistes trifluviens participent au projet pilote Des mots à l’écoute de Culture Trois-Rivières. L’objectif : briser l’isolement chez les aînés tout en leur partageant du contenu culturel.

Au total, 16 personnes aînées vivant de l’isolement ont été identifiées en collaboration avec l’organisme Les Petits Frères de Trois-Rivières. Une fois par semaine, celles-ci recevaient un appel d’une trentaine de minutes de l’acteur Rémi Francoeur, de l’écrivain Guy Marchand ou de la chanteuse Julie Hamelin.

Au préalable, les participants ont eu à remplir un bref questionnaire sur leurs intérêts, ce qu’ils aiment. Pendant l’activité, les artistes prenaient de leurs nouvelles et leur lisaient des textes au téléphone.

Julie Hamelin avait déjà participé à une initiative semblable du Théâtre Périscope, à Québec, durant la première vague de la pandémie. Quand Culture Trois-Rivières l’a contactée pour s’informer du concept et de son intérêt à participer de nouveau à un projet du genre, elle a rapidement accepté.

«C’est un contact très intime. On sent que les gens ont un grand besoin de se livrer parce qu’ils sont très isolés, confie-t-elle. On finit par être une ressource importante. Je pense que ça leur fait un bien immense d’avoir quelqu’un qui les appelle. Je commence toujours par leur demander comment ils vont. On parle souvent assez longtemps avant de commencer la lecture. Quand la lecture commence, on discute aussi à travers. La lecture devient un prétexte pour engagement la conversation, avoir des réflexions, se confier. Je sens que c’est plus de ça qu’ils ont besoin.»

Elle remarque aussi que les personnes qu’elle appelait se montraient reconnaissantes de l’appel reçu.

«C’est beau de sentir que la personne a confiance très rapidement. Mais émotivement, c’est un projet prenant. Ça me chamboule. On a accès à des vies et ce sont des personnes qui ont vécu beaucoup de choses, certaines pas faciles. Ça va loin parfois et on peut tomber rapidement dans des histoires plus personnelles. C’est déstabilisant à recevoir. Des discussions m’ont brassée, mais le fait d’être là à les écouter et être présente pour eux, c’est déjà beaucoup pour eux, je pense», raconte-t-elle.

«Je pense que si leur besoin de parler et de se confier était comblé, l’art viendrait enjoliver leur vie. Cependant, leur besoin d’échange est tellement primordial que c’est ce qu’il faut régler en premier. Après, ils sont très heureux de recevoir une histoire», conclut Julie Hamelin.

Pour l’instant, Des mots à l’écoute est un projet-pilote qui se déroulait sur une période de deux semaines. La réponse face au projet s’avère toutefois positive. Culture Trois-Rivières évalue s’il sera possible de poursuivre l’initiative en 2021 en fonction de certains critères budgétaires, notamment.