Cinq jours de tension dans les rues de la ville

LIVRE. L’auteur trifluvien Guillaume Morrissette vient tout juste de faire paraître son deuxième roman, un polar intitulé «L’affaire Mélodie Cormier» dont l’histoire est entièrement ancrée à Trois-Rivières.

La petite Mélodie Cormier, 10 ans, a disparu. Elle s’est volatilisée, un jeudi matin ordinaire. Ses parents l’ont vue monter dans l’autobus scolaire, mais elle ne s’est jamais rendue jusqu’à la cour d’école. Le mystère est total.

Le dossier est confié à l’enquêteur Jean-Sébastien Héroux, de la Sécurité publique de Trois-Rivières. Au même moment, ailleurs dans la ville, Marco Genest reçoit des messages étranges d’une personne qui affirme détenir des renseignements sur la mort accidentelle de ses parents, survenue quelques mois auparavant.

Leurs enquêtes respectives mèneront Marco Genest et l’enquêteur Héroux aux quatre coins de Trois-Rivières. Une véritable course contre la montre s’installe alors.

Il faut le dire, c’est tout de même spécial de lire une enquête dont de nombreux référents interpelleront les Trifluviens, la fiction s’entremêlant au réel.

«Ça me fait penser aux aventures de Wallander, d’Henning Mankell. Plusieurs de ses enquêtes se déroulent dans la petite ville d’Ystad, en Suède. C’est un tout petit patelin et c’est presque impossible que de grosses histoires comme celles de Mankell s’y produisent toutes, mais c’est intéressant de voir les lieux quand tu es sur place. C’est pareil. Moi, je vis à Trois-Rivières. J’ai grandi ici et je connais la ville comme ma poche. C’est le fun d’écrire une histoire où tu peux voir des images des lieux dans ta tête. Tu pourrais avoir une carte de la ville et suivre le déroulement de l’histoire», souligne Guillaume Morrissette.

Car tous les lieux du roman sont bien réels, de la maison de la rue Lausanne, à l’appartement sur la rue Sainte-Cécile, jusqu’à la description du quartier général de la Sécurité publique de Trois-Rivières qui y est faite.

«J’ai grandi à cette maison de la rue Lausanne. L’appartement sur la rue Sainte-Cécile où habite Marco Genest est en fait l’appartement d’une fille que j’ai fréquenté dans le passé et l’école Marguerite-Bourgeois, où a lieu l’enlèvement dans le livre, était mon école primaire», confie l’auteur.

Dans la tête du psychopathe

C’est une scène que Guillaume Morrissette avait dans la tête qui est à la base de ce deuxième roman, plus précisément du personnage de psychopathe.

«Je me disais: j’aimerais avoir un personnage qui parle pour deux personnes dans un argumentaire unilatéral dans lequel il donne les réponses de l’autre, de façon très sarcastique, très ironique. Par exemple, il te bâillonne et t’empêche de parler, puis il pose des questions et il répond pour toi, comme lorsque tu veux convaincre quelqu’un. Ça a été le début du personnage, carrément marginal. Dans sa tête, quand on lui demande pour quelle raison il fait passer le chapeau d’un geste à d’autres personnes, ça va de soi. Par exemple, tel gars est un con, je le sais, alors prouvons-le au reste du monde», explique-t-il.

C’est à travers l’enquête menée par Marco Genest que l’on découvrira principalement les motifs qui animent ce personnage devenu maître dans l’art de faire passer le chapeau.

L’auteur s’amuse également avec l’enquêteur Héroux et Marco Genest (et le lecteur!) par le biais d’énigmes parsemées çà et là à travers la ville. Le défi est lancé aux lecteurs de les résoudre!

«J’adore les énigmes! Je suis particulièrement fier de la dernière. Elle m’a demandé beaucoup de travail.»

Les restrictions du polar

Il s’agissait d’un premier polar pour Morrissette, son premier roman, «La maison des vérités», s’ancrant complètement dans un univers fictif.

S’il a aimé son expérience d’écrire un polar –une deuxième enquête de l’enquêteur Héroux étant déjà en cours d’écriture–, Guillaume Morrissette a également découvert les nombreux défis que comporte l’écriture d’un polar.

«Le plus compliqué, ça a été de travailler la cohérence. J’ai la chance d’avoir une éditrice littéraire très cartésienne. Elle a analysé toute l’histoire en fonction du temps, autant entre les différents éléments de l’histoire que le temps que prend un trajet entre tel lieu et un autre. C’était un travail très minutieux, mais il fallait un chronométrage parfait pour que tout fonctionne et qu’il n’y ait pas de contradiction puisque chaque détail amène un autre détail», indique-t-il.

«C’est sûr que tu as également moins de latitude quand tu travailles sur un thriller psychologique. J’aime pouvoir sortir du cadre et prendre certaines libertés quand j’écris de la fiction, mais c’est quelque chose de plus limité avec le polar, car si tu veux justifier un événement, ça doit être plausible», ajoute-t-il.

Au Salon du livre

Guillaume Morrissette fera le lancement de «L’affaire Mélodie Cormier» le jeudi 26 mars à 18h30 à l’Espace Radio-Canada du Salon du livre de Trois-Rivières, à l’hôtel Delta. Toute la population est invitée à assister à l’activité.

L’auteur fera aussi plusieurs séances de dédicace au stand des éditions Guy Saint-Jean du Salon du livre selon l’horaire suivant:

27 mars: 19h à 20h

28 mars: 15h à 16h | 18h30 à 20h

29 mars: 13h30 à 15h

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Suivez Marie-Eve Alarie sur Twitter: @meve_alarie